Conservation work performed with funds from the 1993/94 NEW YORK STATE CONSERVATION/PRESERVATION DISCRETIONARY GRANT PROGRAM FLORE PITTORESQUE ET MEDICALE DES ANTILLES. IMPRIMERIE DE J. TASTIJ RUE DE VAUGIRARD, N. 36. ET MEDICALE DES ANTILLES, OU TRAIT DES PLANTES USUELLES DES COLONIES FRANAISES, ANGLAISES, ESPAGNOLES ET PORTUGAISES. DDIE ET PRSENTE AU ROI ar f^. 0. ^ej courais, DOCTtUP. EN MDECINE Dt L\ FACULTtDE PARIS, ANCIEN MLDECIN I> C GOt V E RliEMtNT 4 SAlNT-DOSlINr.UE, iT KO>DATEUR DU LYChE COLONIAL, MKDECIN DE LHOSUCE CIVIL DE BEALHONT, ET MEMBRE DE LA SOCItTE LlNNtEN.NE DE PABIS ET Dfc PLUSIELRi Al 1RES SOClLTtS SAVANTES. I,e jus exprim de la canne a sucre , celui du citron cl l'eau iimjti'le des ruisseaux qui serpentent dans tous les jnrdins , fournissent a l"instant une boisson salutaire , fju'uiie feuille frache et roule <\\i. bananier, ou qu'un ptale dtach de la popote, peuvent retenir... Partout, dans ces climats fortuns , le ('amibe trouvait sous si s pas les plantes que rclamait la maladie d'un pre , d'un parent ou d'un ami !.. Ces insulaires avaient-ils d'autres moyens curatifs .' ... (^DISCOURS PB LUMINAIRE.) 1 nxperiU^sim ^enips , Iterbaf m atiri'iuirn'idnei mn iiwiboi unique iioveruiii. C. Cels. , ad t r;es. TOME SIXIEME. PARIS. /^CROSINIEK , receveur de renies , rue du Mail , n. 1 1 iCHAPPHON, rue de la Grciude-Truanderie, u. 5o. PIGHARD , libraire, rue Feydeau , n. ii. Veuve RENARD, libraire, rue Caumartin , n. li; LEVRAUI^T, libraire , rue de la Harpe , n. 8i ; MALEPEYRE, libraire, rue Git-le-Cur, n. 4; \ Et chez les principaux Libraires. 1828. v:^^ - r \ '- IFILOM IPIf f llS(^l]rE ET MEDICALE DES ANTILLES. ONZIEME CLASSE. DES PLANTES PROPRES A C03BATTRE LES AFFECTIONS DES YEUX, DITES ANTI-OPHTALMIQUES. * SOMMAIRE, On appelle plantes anti-ophtahnqucs celles que Ton a cru devoir consacrer aux maladies des yeux. Quoique ces affections ne soient point essentiellement diffrentes de celles qui arrivent aux autres parties du corps , cepen- dant, cause de la dlicatesse de ces organes, on a fait choix de certains remdes dont l'effet est plus modr. L'ophtalmie est aigu ou chronique. Les moyens employer dans l'un et l'autre cas sont destins : i dissiper l'inflammation de la partie affecte , provoque par la distension de tout le systme vasculaire de ces organes ^ ce qui fait accorder la prfrence aux anti- ophtalmiques mollientes j 2 dtourner une irritation trop prolonge , en associant les drivatifs ou rvulsifs aux plantes anti-ophtahniques rsolutiv^es j 3 desscher des ulcres des paupires, ou fortifier l'organe fatigu Tome Vl. 96^ Livraison, 1 par une longue ophtalmie, passe quelquefois l'tat chronique. Dans ce cas, on a recours aux espces anti- ophtalmiques dtersives ou astringentes ^ car le clbre Scarpa a souvent observ qu'en abusant des topiques molliens et des adoucissans, au lieu de faire usage de Ioniques astringens, on perptuait l'engorgement plutt que de le gurir. Les remdes qu'on prpare avec les plantes anti-oph- talmiques s'appliquent extrieurement, soit en infu- sion , soit aprs une distillation ^ ou les appelle colly- res. Il ne faut pas croire que parce que ces remdes sont appliqus extrieurement, on puisse impunment les administrer sans des connaissances dans l'art de gurir. Il est une longue liste de ces eaux pour les yeux , dont les commres et les charlatans font un trs-grand secret , qui pourraient produire de bons effets prescrits temps par un mdecin , et qui peuvent , entre les mains de ces coureurs sans aveu et sans connaissances, aggraver les maladies ou en produire de plus redoutables que celles qui existaient , parce qu'on les aura employes intem- pestivement. Tous les jours , il nous arrive d'tre con- sult par des gens de la campagne qu'on aurait pu gurir en quelques jours d'ophtalmies aigus peu intenses , mais qui , par ignorance autant que par superstition , font usage d'amulettes ou se 'font prononcer gravement quelques paroles mystiques -, ils laissent couler un temps prcieux et arrivent une poque de la maladie o les anti-phlogistiques et mme les rsolutifs deviennent inutiles et impuissaus. Alors un paississement des hu- meurs de l'il se dclare, et donne lieu des taies de la corne, des hyppopions , ou abcs des chambres de l'oeil, des ulcres, des carcinomes, etc. (3) Il ne faut pas , dans toutes les affections des yeux , s'en tenir des moyens purement extrieurs. On doit leur associer un traitement interne *, employer les rafrachis- sans dans les ophtalmies aigus , puis les purgalifs , s'il y a complication d'embarras des premires voies ; re- courir aux anti-scrophuleux , aux anti-scorbutiques , aux anti-syphilitiques, s'il y a quelques symptmes de la prsence de ces virus et de leur rpercussion. C/esl bien le cas de dire : Sublatd causa toilitur effectus. Il est quelquefois ncessaire d'ajouter aux collyres des dtersifs ou astringens, des dessiccatifs, des camans, des molliens, des relchans et des adoucissans, suivant l'tat prsent de la maladie. i' (4) W% VX* \\ VVVtVVVVVvVVVVVVVVVVViVVV\'VVVVV\'VVV/VV/VVVVVi'VV'VVVVVVVVVVVVVVVVVt/VVVVVVVVVVVVV% KETMIE A TROIS LOBES. (^ydnti-oplitahnique molliente. ) Synonymie. Ketmie trilobe. -r Hibiscus trilobus; caule ar- boreo; foliis trilobis serralis ; floribus solitariis, pedun- culis inermibus. Cavan. Diss. 3 , n 209, t. 53 , f. 2. Lin. Monadelphie polyandrie. Tourneforl, classe des Campa- niformes. Jussieu , famille des Malvaces. Kelmia acnleata , flore amplissimo coccineo, Plum. Cat. 2, Mss. 4> t. 23. Tournefort. loi. Hibiscus foliis trilobis, Burm. Amer. , t. 169, f. 1. Caractres gnriques desRetmies. Genre de plantes fleurs polyptales, de la famille des ^Malvaces, ayant des rapports avec la Mauvisque, les Pavons, et com- prenant des lierbes ou arbrisseaux exotiques feuilles alternes , entires ou dcoupes ^ fleurs soit terminales , soit axillaires , en gnral grandes , d'un aspect agrable , et remarquables par leur calice extrieur polyphille. Les fleurs ont un calice double-, l'extrieur polypbille de cinq vingt folioles ^ un style quinqufide son sommet ; une capsule cinq loges le plus souvent polyspermes. Caractres particuliers. Tige pineuse^ fleurs rou- ges , grandes et magnifiques. Beaucoup de graines. Histoire naturelle. Cette belle Malvace croit ^^S ^ /yfV J^i.jdi ICETMIE TBTiOBRK /i'r<-{' -Jr^/Zt) . (5 ) Saint-Domingue aux lieux marcageux ou aquatiques et autour des tangs. Le P. Plumier la trouvait souvent Hati sur les bords du lac de Miragoane , toii^jours diaprs de fleurs nuances fugitives. Les bluets enlaant leurs gerbes de saphir A rincarnat de la rose vermeille. P. Venance. La varit surprenante de ces fleurs, dit le docteur Amouroux, dont les unes sont modestes, quoique belles, et les autres pleines d'clat, prsente un ensemble qui frappe Pimagination autant (|u'il rcre les sens. Parmi ces fleurs , le peintre peut choisir des modles, le pote des applications heureuses , le dcorateur des devises et des emblmes. Le botaniste en scrute les caractres essen- tiels , diflerentiels ou communs ; il spare leurs espces , et les runit en groupes. Le fleuriste recherche les nuances, les accidens bizarres et jusqu'aux monstruosits qu'il s'applique perptuer par une culture assidue. Caractres physiques. La Ketmie trilobe s'lve douze et quinze pieds de hauteur sur une tige arbores- cente , rameuse, hrisse de piquans rouges, forts et crochus. Les feuilles sont alternes, partages en trois lobes ovales-pointus, dents, et dont celui du milieu est le plus grand -, elles sont un peu charnues et soutenues par des ptioles chargs de piquans. Les fleurs sont grandes , d'un rouge clatant, axillaires, solitaires , por- tes sur des pdoncules droits, inermes, plus courts que les feuilles. Le calice extrieur est compos d'environ douze folioles troites , aigus , plus courtes que le calice intrieur. La corolle est campanule. La capsule est. (6) ovale, liispide, rougclre, de la grosseur d'un uf de pigeon et environne par le ealiee; elle est divise int- rieure'ment en cinq loges polyspernus , renfermant une grande quantit de semences rniformes, de couleur brune. Analyse chimique. Cette plante contient beaucoup de mucilage , plus une partie colorante ferrugineuse et un peu de tannin. Proprits mdicinales. Toutes les parties de cette belle plante sont utiles en mdecine, mais on recliercbe particulirement les fleurs et les racines pour combattre les ophtalmies aigus. Ces mmes prparations entrent dans les tisanes pectorales et adoucissantes. Il faut ne les , laisser qu'un instant en t'buliition, afin de ne point trop condenser leurs principes mucilagiiieux. Une once des racines suffit pour deux livres d'eau. On ajoute cette plante des diurtiques si l'on doit traiter des aii'eclipns de la vessie et de l'abdomen ^ on peut mme aiguiser , s'il en est besoin , chaque pinte de la dcoction avec un scrupule de nitrate de potasse. On emploie les feuilles de cette Ketmiedansleslavemensadoucissans, dans les cataplasmes et les fomentations. On applique aussi des topiques faits avecla dcoctiondeleurs feuilles sur les tumeursinflamma- toires , quelle qu'en puisse tre la cause. On attribue les mmes proprits la Ketmie taclie , Ketmia arbores-^ censspiosissimaacetossapore^Vlum. Mss. 4? t. XXII, la Ketmie feuilles de bouclier , curieuse par ses d- tails botaniques. C'est la Ketmia ainplissno folio angw lato fruclu hispido cfypeato , Plum. , t. IV, p. 21. (7) EXPLICATION DE LA PLANCHE TROIS CENT QUATRE-VINGT-UN^ Le dessin est rduit au quart de sa grandeur. 1. Fruit au quart de grandeur. 2. Graine de grandeur naturelle. ( ) VVVVVVVVV\VVVVVV>/V\l/VVVVVVVVk/V\VVVVV\vVV%\fVVVVWV.>\VVV/V\ ,'VVvV*VVWA VV>VW ' KETMIE UNILATERALE. (^Anti-ophtalmique molliente, ) Synonymie. Hibiscus unilateralis. Lin. Monadelphie po- lyandrie. Tournefort, Classe des Campaniformes. Jussieu, famille des Malvaces. Hibiscus caule frutcoso , foliis ovato-acutis niollibus , tubo staminifero ; altra parte longfitudinaliter nudo. Cavan. Diss. 3 , n" 227, t. Gj, litt. f. e, Ketmia frutescens, mori folio, flore purpureo. Plum. Cat. 3 , Tourn. 101. Burm. Ainr. , t. 160, f. 1. CARACTJiRES GKRiQUES DES Ketmies. Calice double , l'extrieur dcoup en un grand nombre de folioles linaires, l'intrieur cinq divisions -, capsules cinq valves, cinq loges ordinairement polysper mes. (Mrat.) Caractues particuliers. Etamines indfinies places d'un seul ct sur le tube qui les porte. Histoire naturelle. Cette Ketmie, quoique beaucoup moins clatante que celle qui prcde, offre nanmoins un aspect original par la position de ses etamines places du mme ct. Elle a les mmes proprits que ses con- gnres. Classer les plantes par les fleurs, c'est--dire par les parties de leur fcondation , c'est classer les ani- maux par celles de la gnration. La mthode naturelle de Jussieu nous a fourni cet gard d'utiles instruc- t/(> Au JV.:^<9:^ ^/,v^/^.> Or. ,:>....: : /i-.::,- . /W;v .l'.'u/. kl^yi\>ilK IWi^Vi^KUALK (9) lions, et il est rare de trouver des exceptions sa rgle fondamentale. Les anciens , qni ignoraient l'avantage de cette mthode prcieuse , agissaient comme par inspira- tion. Cependant la manire qu'emploient Dampier et Dutertre pour dcrire la nature par des images et des sensations communes , dit Bernardin de Saint-Pierre , est mprise de nos savans ^ mais je la regarde comme la seule qui puisse faire des tableaux ressemblans , et comme le vrai caractre du gnie. Quand on Ta , on peut peindre tous les objets naturels et se passer de m- thodes , et quand on ne l'a pas , on ne fait que des phrases , jiascuntur poet. Caractties physiques. La disposition des tamines sur le tube qui les porte est ce qu'il y a de plus remar- quable dans cette espce. Elle parat d'ailleurs ressem- bler un peu par so7i port et son feuillage VHlhiscus spinifex de Linn. La tige de cette plante est ligneuse ou frutescente, rameuse , mdiocrement leve. Ses feuilles sont en cur, ovales, pointues, dentes en scie, molles et d'un vert blanchtre ^ elles ont un pouce et demi de longueur, et leurs ptioles sont beaucoup plus courts. Les pdon- cules sont axillaires et terminaux. Les fleurs sont pur- purines ou d'un rouge carlate et ont environ un pouce de diamtre. Le calice extrieur est compos de neuf folioles linaires , pointues , troites , presque aussi lon- gues que le calice interne. Les tamines sont unilatrales, c'est--dire que le tube qui les porte en est garni d'un ct, et est nu longitudinalement de l'autre. Le fruit est une capsule arrondie , membraneuse , de la grosseur ( ") d'une noisette, niaqiie do cinq stries, cinq vnlv<;s, t cinq loges polyspermcs. Analyse chimique. La Ketmie unilatrale oflre l'ana- lyse les mmes rsultats que les plantes de la mme famille. Proprits mdicinales. Les fleurs de toutes les Ketmies, en raison de leurs principes mucilagineux , ont la proprit de celles des guimauves d'Europe , et les racines s'emploient aussi dans les fomentations mollienles. explication de la piL anche trois cent quatre-vingt-deux. Le dessin est rduit moiti. 1. Fruit entier entour de feuilles calicinales. 2. Le mme coup transversalement. 3. Graine. l/(> . /. (if . /y. :iiS\'i. ( Tt ) \V>.VVX W'^'VV'VV<(VV^ VV\ WA WX VV>'W\V\A'W<.W\'W\W>.\ V\VV/VV V\'<'W'/VV> WX'VXA VV\'W\'WiV\A'V MAUVISQUE CARLATE. (^^nli-ophtamqiie molliente.) SynonyiMie. Malvaviscus arboreus. Cavan. Diss. 3, n. 187, tab. 48 , fig"- 1. Lin. Monadelphie polyandrie. Jussieu , famille des Malvaces. Alcea indica arborea folio molli , flore amplo, eleganter coccineo. Pluck, Almag. , p. 14. Malvaviscus aiborescens flore miniato cl.iuso. Dill. Malva folio hederaceo , flore coccineo. Plum. Catal. , pi. 2. Burm. Amer. , Icon. 169, fig. 2. Malva ameri- cana , etc. Tournef. 96. Hibiscus frutescens , foliis angu- latis cordatis acuminatis , petalis ab uno latere auritis ; Brown. Jam., p. 284 Acbania malvaviscus. Swartz. Prodr. , p. 102. Acbania mollis, foliis tomentosis,fololis calicis exterioris patulis. Ait. Hort. Kew. , vol. 2, p. 4^- Caractp^es gnriques des Mauvisques. Arbrisseau fleurs polyptales , de la famille des Malvaces , qui a de grands rapports avec les Ketmies et qui constitue un genre particulier, dont le caractre essentiel est d'avoir un calice double, l'extrieur polyphille, les ptales rouls ensemble^ les tamiues monadelpliiques 5 une baie cinq semences. (Encycl. ) Caractres particuliers. Feuilles molles et cotou- ieuses. Histoire naturelle. Les forets des Aatilles semblent ( >-- ) s'enorgueillir de la IhIIc lleiir de l;i Mauvis(|ue qui se dtache d'une manire adnn'rable sur la vei'duie diver- sement nuance qui renviionne et produit un ellet com- parable cidui de la reine des fleurs au milieu de son beau feuillaiie. 'O' CvRAcTiiRES PHYSIQUES. Cet arbrisscau s'lve la bau- teur de dix douze pieds, sur une lige grle, peu rameuse. Les rameaux sont lgrement velus et garnis de feuilles alternes, ptioles , cordifurmes, termines par une pointe mousse. Ces feuilles sont ingalement crneles, renverses ou pendantes, insres angle droit ou aigu sur les ptioles qui les soutiennent, lomen- teuses , vertes, molles, et prsentent souvent dans les deux tiers infrieurs deux ou quatre angles peu saillans. Leur longueur est ordinairement de deux pouces et demi trois pouces , sur une largeur tout au plus de deux pouces. Elles sont marques de cinf{ sept ner- vures qui partent , leur base , d'un point commiin. Les ptioles ont environ un pouce de longueur, et sont accompagns de deux stipules, presque staces, petites , marcescentes. Les fleurs sont belles , assez grandes , d'un rouge carlale trs-vif, et viennent aux aisselles des feuilles sur des pdoncules simples , axillaires , soli- taires , tomentcux, ainsi que les ptioles et les calices, un peu moins longs ou peu prs aussi longs que les ptioles. Les folioles du calice extrieur sont linaires, un peu largies dans le liant , droites et appliques con- tre le calice interne qu'elles galent pour ainsi dire en longueur. Les ptales sont rouls ensemble en spirale , presque en manire de tube , et ne s'ouvrent jamais par- faitement. Ils ont presque trois fois la longueur du ( i3 ) calice et prsentent chacun , du cl droit, deux trois lignes au-dessous de leur base , un appendice ou oreillette qui parat destine les maintenir dans une direction verticale. En effet, ces appendices s'enveloppent troi- tement l'une l'autre et embrassent fortement le bas du tube staminifre. Les fleurs sont remplaces par des baies arrondies, d'abord jauntres, qui rougissent en mrissant. Les graines sont triangulaires et lgrement rniformes. (Desrousseaux. ) Analyse chimique. Cette Ketmie contient beaucoup de mucilage et un principe colorant , plus une lgre portion de tannin. PpxOprits MDICINALES. Outrc Ics proprits moUien- les de cette plante en infusion et en dcoction , on pr- pare avec ses fleurs et ses racines un 'sirop, une pte, des tablettes et des conserves, et enfin un liniment pour la brlure et autres inflammations du tissu cutan. On peut ajouter au sirop , suivant le cas , des plantes diur- tiques , expectorantes et mme des espces aromatiques lorsqu'il s'agit de diviser des viscosits qui contrarient soit les fonctions de la digestion , soit celles de la circu- lation. Mode d'administration. Le sirop se fait avec la d- coction rapproche des racines , des fleurs et parties gales de sucre. EXPLICATION DE LA PLANCHE TROIS CENT QUATRE-VINGT-TROIS. La plante est dessine de grandeur naturelle. 1 . Fleur hors du calice. 2. Ptale dont on laisse voir l'onglet latral. 3. Baie. 4. Graine. ( >l ) SPARMAPsE D'AFRIQUE. {^Anl'i-ophlahiiiqiUi mollenie.) Synonymie. Sparniania africana. Lin. Polyandrie mono- gynic. Jussieu , runiille des TIliaces. Sparmania foliis alternis, peliolatis; foliis cordato-ovatis, sublobatis, ser- ratis; pedunciilis opposilifoliis, umbelliferis. (Lamarck.) Sparniania africana. Humb. Nov. , Plant. Gencr. 5 ,p. 89. Wild. spec. Plant., vol. 2, p. 1160. CabactplEs gnriques des Sparmajnes. Genre de plantes dicotyldones, fleurs compltes , polyptales, de la famille des Tiliaccs , ayant des rapports avec les Triumfetta et comprenant des arbrisseaux trangers l'Europe, feuilles alternes, ptioles , stipulaces ^ les pdoncules opposs aux ptioles supportant une sorte d'ombelle , nninie sa base d'un involucre plusieurs folioles courtes. Les fleurs ont un calice quatre folioles , une corolle quatre ptales rflchis*, des tamines nombreuses , insres sur le rceptacle ^ les filamens extrieurs striles et toruleux leur base -, un style , une capsule anguleuse, cinq loges, lirissonue. Caractres particuliers. Feuilles grandes, lobes, dentes en scie ^ capsules hrisses, pointes droites et non crochues comme les Triuinfetta-, divises en cinq dans les Sparmanes et en quatre dans les Triiimfetla -^ r;'' /. yy.-.vc/,-.-.' />.:,,,,, /'l'/t'f i//V/-/, ^^^UiM.^K ir'AriiiorK ( i5 ) remarquables aussi par les filamens striles des tamines extrieures. HisTOiR-E NATURELLE. Cet arbrsseau , qu'on rencontre naturellement dans les forets du cap de Bonne-Esp- rance , se trouve galement au sommet des mornes boiss des Antilles. Il a t consacr au clbre Sparmann. Il prospre en Europe dans les serres tempres , dont il fait l'ornement depuis le mois de mars jusqu' la fin de l'automne. On le multiplie de boutures. Caractres PHYSIQUES. Cet arbrisseau ressemble beau- coup au Triimifelta et n'en diffre que par les caractres du genre. Ses liges se divisent en rameaux droits , alternes, cylindriques, lgrement pileux, garnis de feuilles alternes, pendantes, longuement ptioles , ova- les, en cur leur base, mdiocrement lobes leur contour, dentes en scie, acumines leur sommet, lgrement velues leurs deux faces , traverses par neuf nervures , veines -, les ptioles trs-longs , cylin- driques, pileux, munis leur base de deux stipules lat- rales , opposes, droites, subules , velues. Les fleurs sont disposes en ombelles latrales \ le pdoncule commun oppos aux feuilles , plus long que les ptioles, pileux, redress , soutenant son sommet une ombelle assez semblable celle des Granium^ gar- nie sa base d'un involucre plusieurs folioles courtes , subules. Les rayons sont simples, un peu ingaux , pubescens , au nombre de dix quinze au plus , redresss pendant la floraison, mais rabattus avant et aprs ^ les calices pileux, cinq dcoupures lancoles, aigus, point aristes. La corolle est blanche, quatre ptales ( >6 ) cunilormrs , plus Ioiilijs que le calice, rcllccliis leur partie suprieure, sns leur base ^ les filameus st- riles de couleur jaune , les autres de couleur purpurine, Le pistil est jaune^ beaucoup plus long que les taniines-, la capsule brune, lirissonue , les semences noires. (Eucycl.mtb. ) Analyse chimique. Cette plante, quoique spare de la famille des Malvaces par ses caractres botaniques , offre cependant les mmes proprits et est de plus anti- spasmodique. Elle contient du mucilage , un peu de tannin, un principe colorant vert, de la gomme, et un peu de sucre susceptible de fermentation vineuse. Proprits mdicinales. Ou emploie la Sparmane d'Afrique , encore peu connue aux Antilles o elle est cultive pour l'originalit de ses fleurs , ainsi que les Malvaces, dans les ophtalmies. Elle a de plus l'avantage, comme lgrement anti-spasmodique , de calmer les dou- leurs nerveuses de l'organe le plus susceptible , celui de la vue. J ai vu de trs-bons effets de l'infusion des fleurs de Sparmane dulcore avec le sirop de gomme dans l'hmoptysie. On retire aussi un grand avantage des tablettes qu'on peut faire avec le mucilage de la plante et du sucre pour diminuer la toux et l'irritation bronchique , et adoucir ces srosits qui agacent et picotent la vote palatine et l'arrire-bouche d'une manire si incommode. L'appli- cation de toute la plante est utilement employe sur le ct contre les points douloureux qui accompagnent les ( 17 ) maladies de la poitrine. La dcoction des fleurs est sou- vent prescrite dans les lochs anodins. EXPLICATION DE LA, PLANCHE TROIS CENT QUATRE-VINGT- QUATRE, Le dessin offre la plante de grandeur naturelle. 1. Fleur dans la position ordinaire. ^. Fleur vue du cot du calice. 3. Fruit entier. 4. Fruit coup transversalement. Tome VI. 97* Livraison. ( -8) W^vWVV VVvV\.VV\iVVV%\'\\\VV\VVVVVi'VVvVV\'VV>'VVV\VVrvVVVVrv%VV\V'VVVVV\'VvVVVVV/VV\VV> PAVON A FLEURS CARLATES. {^Anli-ophtalniique inolliente. ) Synonymie. Vulg-. Mauve des Antilles. Mauve pineuse grandes fleurs de safran. Desportes , Pavonia coccinea, Cavan. Lin. Monadelphie polyandrie. Tourn. Canipani- formes. Jussieu , famille des Malvaces. Pavonia foliis cordatis , subtrilobis , pubescentibus ; floribus solitariis, coccineis, liliaeeis , revolutis. Cavan. Dis. 3, p. i4o, tab. 47 , fig". 1. Lamarck. 111. Gen. , tab. 585, f. 1. Mala- coides frutescens, coccineo flore. Plum. Mss. 4j tab. 19. Malva folio hederaceo, flore coccineo. Plum. Cat. sp. 2. Burm. le. 169, fig. 2. Caractres GNRIQUES DES Pavonies. Genre dplantes de la famille des Malvaces, ayant des rapports avec les Ketmies , comprenant des plantes toutes exotiques et la plupart frutescentes, dont les fleurs de couleur jaune ou carlate ont un aspect trs-agrable. Les fleurs ont pour caractre essentiel un calice double , dont l'ext- rieur est compos de plusieurs folioles, dix stigmates et une capsule cinq valves monospermes. Caractres particuliers. Fleurs rouges ptales rflchis. Histoire naturelle. Cette plante lgante crot aux - z /^/l /V.JS\) y Acotitre /^.f(\tf/r/i/''. /''///.r JWyc' Jc^/^- IM%0> A LEI JIH KrAftLATKS. ( 19 ) Antilles , et a t observe par Je P. Plumier dans les forts de Saint-Domingue, prs le port de Paix, dont elle fait l'ornement , car dans ces beaux climats et sous ce ciel azur , partout : Flore tale dans sa corbeille Mille boutons clos du souffle des zpliirs. Quel tat dlicieux prouve l'bomme religieux au milieu de ces superbes forts qui agitent autour de lui leurs dmes de verdure et leurs lianes lgantes et parfumes que balance l'air rafraicbi ! Seul en ce moment, oubli, ignor peut-tre comme les fleuves qui, selon Cliteau- briand, n'ont pas mme de nom dans le dsert, il se met avec attendrissement en rapport avec l'auteur de toutes cho- ses, etsoname adresse des louanges l'Eternel, ce grand A Etre invisibleet visible en tout lieu, en pensant l'immen- sit des ressources qu'il a accordes la vgtation. Ici ce sont des plantes qui fournissent des couleurs aux arts ^ l des substances alimentaires qui font l'ornement des vergers et des potagers. Celles-ci fournissent des gommes, des rsines utiles la mdecine , aux arts et la navigation. Celles-l flattent le luxe par leurs parfums exquis. Les unes offrent dans leur liber de trs-bons cordages , d'autres livrent des fils plus souples pour le fil et la toile -, celles-ci les aigrettes de leurs semences pour les ouvrages en coton. Celles-l par la compres- sion de leurs graines , des liuiles , ou par distillation un arme subtil qui parfume les liqueurs. Les racines renferment un amidon, un suc agrable , des fruits d- licieux, et des substances qui remplacent les crales, etc. Caractres physiques. Les tiges de celte belle plante 2'^ sont fralcsccntcs , liantes d'environ qnairo pieds , gar- nies d'un petit nombre de rameanx alternes. Ses feuilles sont alternes , ptioles , en cur , larges de trois pouces , presqu' trois lobes , celui du milieu plus allong, molles, dentes et crneles, blanchtres et pubeseentes en dessous, rflchies l'extrmit de leurs ptioles qui sont , aux feuilles infrieures, plus longs ([ue les pdoncules des stipules courtes, troites , rabattues , trs-aigus en garnissent la base. Les fleurs sont solitaires , axillaires , portes sur des pdoncules horizontaux qui se redressent vers leur som- met , de sorte que la fleur est droite, et que plusieurs branches dans cette direction ressemblent des^giran- doles. Le calice extrieur est compos de cinq folioles lancoles aigus ; Tintriur est plus long , demi partag en cinq dcoupures lancoles, marques de trois nervures. La corolle a presque deux pouces de long, d'un beau rouge carlate , compose de cinq ptales qui se rapprochent par leurs onglets , et for- ment un tube dont l'orifice s'panouit comme dans les lis , et se rflchit tout--fait en dehors : elle renferme des tamines dont les filamens sont de couleur carlate, attachs sur toute la surface du tube , et termins par des anthres rniformes. L'ovaire est globuleux^ il se convertit en un fruit renferm dans le calice, de la grosseur d'un pois, de forme globuleuse , acumin , compos de cinq capsules arrondies, trois ctes, brunes, dures, aigus leur sommet, munies sur leur dos d'une membrane droite , saillante -, elles s'ouvrent en deux valves , et chaque valve est sillonne dans sa partie suprieure de trois stries courtes-, elles contiennent des (21 ) seraeuces solitaires , rniformes , rousslres , un peu lanugineuses 5 aigus leur partie infrieure. Analyse chimique. Cette plante contient beaucoup de mucilage. Proprits mdicinales. Le nom de Mauve, driv du grecmalasso (j'amollis), indique les proprits fondantes et mollientes des Malvaces. On prescrit aux colonies la dcoction des fleurs de Pavon fleurs carlates dont on imbibe des compresses qu'on applique sur les yeux dans les ophtalmies aigus. Ce n'est pas la seule proprit reconnue cette belle plante , car le Crateur de toutes choses n'a rien fait d'inutile. C'est pourquoi l'infusion des fleurs prise en lavage soulage d'une manire sensible dans les ischuries. Des marins ont fait usage, avec suc- cs , de l'opiat suivant contre l'ulcration des gencives dans raffection scorbutique. Prenez : poudre de feuilles et de fleurs de Pavon , une once j de l'alun en poudre , un gros ^ faites un opiat avec certaine quantit de miel rosat , dont on se frotte matin et soir les gencives. EXPLICATION DE LA PLANCHE TROIS CENT QUATRE-VINGT- CINQ. La plante est rduite moiti de sa grandeur. 1 . Calice rflchi surmont de son ovaire division tri- gone. 2. Graine ouverte. 3. Graine entire. ( 22 ) tVVVVVVVVVV\VVVVWVWV\'VV\'VVW*'V"VCVWWVWWVWVWVVW ^WVWXWVVWWVVWWVVV\'VVt^M DAPHNOT DES ANTILLES. (^Anli-ophtalmique molliente. ) Synonymie. Vulg^. Olivier btard. Niois. Saint-Dom. , p. 280* Bontia daphnoides. Lin. , Didjnamie angiospermie. Jussieu, famille des Solanes. Bontia foliis alternis, pe- dunculis unifloris. Mill. Dict. Jacq. Amer. Pict. , p. 88 , t. 161 , f. 57. Quoad florem et fructura. Murr. Bontia arborescens , thjraeleae facie. Plum. Gen. 32. Bontia laureole facie. Dill. Olea sylvestris baibadensis, folio angusto pingui leviter crenato , Pluk. Alm. 269, t. 209. Caracthes GKrxiQUEs DES Daphkots. Culice cinq divisions 5 corolle deii:: lvres , la suprieure droite, cliancre , rinfrie'7.re trifide , roule \ les lamines didynames , un stigmate obtus , bifide ; drupe ovode , oblique , monosperme. Caractres particuliers. Fleurs d'un rouge carlate extrieurement, et jaunes l'intrieur-, feuilles troites et lancoles. ( Vivace. ) Histoire naturelle. Le Daphnot croit dans les An- tilles , o il est appel par les indignes Olwier btard. Plumier dit qu'il aime les lieux maritimes^ qu'il souffre le ciseau sans en prouver aucun tort , que ses fruits et ses feuilles ont une acrimonie qui pique la langue lors- qu'on les mange. Ce joli arbrisseau aime en Europe les //. Jc9o. ^'ein/frf J^catvu^/i/s^ -Pin.c ' J^eree dm^ . l>APU]VOT JIES ANTILLES. ( ^3 ) terrains chauds et sablonneux, et on le multiplie de re- jetons , marcottes et boutures. Ces dernires se font, soit en automne dans des pots mis l'hiver en srie chaude, soit au printemps en serre tempre. Caractres physiques. Le Daphnot est un arbre tou- jours vert , traant , d'un aspect agrable , d'une gran- deur moyenne , mais qui ne forme qu'un arbrisseau lorsqu'on ne dtruit point les rejets qui naissent autour de la racine. Lorsqu'il s'lve en arbre , son tronc re- quiert la grosseur du corps de Thomme , est recouvc rt d'une corce gristre un peu ride , et pousse des rameajix nombreux, longs et abondamment feuilles. Les feuilles sont alternes , parses , oblongues ou troites-lanco- les , un peu paisses , lisses , vertes , parsemes de poir.ts transparens , comme dans le Millepertuis , et la plupart entires, ou n'ayant que quelques dentelures peu re- marquables. Les pdoncules sont axillaires , solitaires , plus courts que les feuilles , portent cb-^cun une err irrgulire d'un jaune rougetre , rcosemblant au pre- mier aspect celle du chvrefeuille. Chaque fleur offre un calice monophylle , persistant , court , et partag en cinq dcoupures ovales-pointues ^ a*" une corolle monoptale labie, tube un peu long, cylindrique , s'ouvrant en deux lvres , dont la sup- rieure est droite, lgrement chancre, et l'infrieure roule en dehors , trifide son extrmit , et velue dans sa partie moyenne ^ 3** quatre tamines didynamiques , dont les filamens de la longueur de la corolle et rappro- chs de sa lvre suprieure , portent des anthres sim- ples -, 4 un ovaire suprieur ovale , surmont d'un style aussi long que les tamines , stigmate obtus et bifide. (^4) Le Iruit est une baie ovale, lisse, jauntre, contenant un noyau de mme forme et monosperme. Analyse chimique. Le frut trs-mr du Daplinot produit ime huile d'un jaune verdtre , paisse, peu odorante , d'une saveur doucetre, se congelant 19" et s'paississant l'air. Elle entre en bullition 0.6^" , et combine avec l'alcool et l'ther, elle dpose des flocons de mucilage. Les baies encore vertes contiennent beau- coup de mucilage. Proprits MDiciiNALES. L'huile des baies de Daphnot est trs-moUienle , et la dcoction des fl^eurs trs-uti- lement employe dans les ophtalmies aigus. L'huile est recommande par cuillere pour les lavemens qu'on administre dans les coliques et autres irritations du tube intestinal , dans le tnesme , et contre les douleurs dy- sentriques. Quelques habitans recommandent aussi l'huile de Daphnot l'intrieur contre le tnia. C'est mcaniquement , ea bouchant l'orifice de leurs tra- cheSj et fermant tout passage l'air, que ces vers sont suffoqus. On en fait usage aussi pour modrer l'action des substances vnneuses. Certains mdicastres font servir d'excipient cette huile dans un liniment qu'ils ordonnent contre les douleurs rhumatismales, et o ils font entrer le camphre , l'Hedwigie balsami- fre ( bois cochon ) , et autres corces rsineuses et aromatiques. EXPLICATION DE LA PLANCHE TROIS CENT QUATRE-VINGT-SIX. Le dessin est rduit moiti de sa grandeur. 1. Baie entire. 2. Baie coupe transversalement. i}-." It^ to /V..h9-7 jT/uot/tfre t'tr4vur///\. /'ifu Ft^e^ Jhz/^' SKNECOJV PERFORK, (25 ) VV\lv^V/VVVVWVV\'V\.VVVVVVVVVV\^VVVVVVVVVVVVVVVVVV/VVVVVVVVVVVVVVVVIivV*V\'VV\/> WVVWVWVM'WN VW SENEON A FEUILLES PERFORES. ( Anti-ophtalmique molliente . )J Synonymie. Senecio foliis laurinis undulatis, et perforatis y Plum., vol. 5, p. 54. Lin., Sjngnsie poljg-amie su- perflue. Tourn. Flosculeuses. Jussieu, famille des Co- rjmbifres. En espagnol: Hierba cana ^ Boui>aron. En portugais : Tasnehirina. En anglais : Semson. Caractres gnriques des Sneons. Genre de plantes dicotyldones fleurs composes , de la famille des Corymbifres , feuilles entires ou pinnatifides , et fleurs souvent disposes en corymbes , flosculeuses ou radies , les fleurons ordinairement trs-courts et nombreux. Le caractre essentiel de ce genre est d'avoir : un calice cylindrique , presque simple , calicul , les cailles termines par une pointe membraneuse ; une corolle flosculeuse ou radie ^ des semences couronnes par une aigrette ^ un rceptacle nu. Car.actres particuliers. Feuilles simples , ptioles, ovales , et perfores longitudinalement chaque nervure. Histoire naturelle. Le nwi Sneon^ Senecio, est driv du IaIiu senex , parce que les fleurs sont couron- nes par une aigrette blanche qu'on compare, je ne sais pourquoi , la tte d'un vieillard. Les oiseaux sont friands de ses semences ; les chvres ( cabrits ) et les ( 26) codions le recherchent dans les pluiiiges, mais les moutons et les chevaux n'en veulent pas , et savent mme l'viter en broutant. Caractres physiques. Le Sneon feuilles perfo- res est , ainsi que ses congnres , d'une consistance pulpeuse. Ses tiges sont droites , tendres , presque glabres , cylindriques , rameuses , fistuleuses , hautes d'environ un pied ; les rameaux sont alternes , un peu tals , garnis de feuilles alternes , ptioles , molles , ovales lancoles, et perfores chaque nervure. Les fleurs plus longues que celles du Sneon commun d'Europe son galement disposes en corymbe axillaire, supportes par des pdoncules grles, filiformes 5 les calices sont cylindriques , composs d'caills serres , droites, troites, glaires, aigus, noirtres leur sommet, rabattues entirement sur les pdoncules aprs l'mission des semences, munies leur base de quelques petites cailles trs-courtes imbriques ; la corolle est jaune , compose de fleurons hermaplirodites h peine plus longs que le calice. Les semences sont troites , ovales , un peu noirtres , surmontes d'une aigrette trs-blanche, simple, soyeuse, trs-fine. Le rceptacle un peu convexe ou mdiocrement alvol. Analyse chimique. Le Sneon a une saveur herbace un peu acide, et son suc a la facult de rougir le papier bleu. Proprits mdicinales. On n'emploie le Sneon qu'extrieurement , quoique certains ngres le prescri- vent comme purgatif la dose de deux onces. Quand (=7 ) on l'adminislre Textrieur, on n'a qu' se louer de sa vertu molliente. Cuit dans le lait ou dans le beurre , on l'applique en cataplasme et entre deux linges sur les yeux dans les opthalmies aigus , sur les furoncles, les hmorrodes , les engorgemens laiteux des mamelles , sur les tumeurs arthrodyniques lorsqu'elles sont l'tat inflammatoire et quelles font prouver les douleurs atroces qui font le dsespoir du malade et du mdecin. C'est dans la mme intention de combattre et diminuer l'inflammation qu'on y a recours contre la goutte , ma- ladie cependant assez rare aux colonies , o la transpi- ration est toujours active et abondante. On emploie la dcoction pour les lavemens qu'on recommande dans les inflammations du bas-ventre , dans les coliques et mme dans les dysenteries. Mode d'administration. On prescrit le suc la dose de deux onces comme purgatif. On emploie la plante extrieurement une quantit indtermine. EXPLICATION DE LA PLANCHE TROIS CENT QUATRE-VINT-SEPT. Le dessin est rduit moiti de sa grandeur. ( ^ ) ^.V\V*A W\ /V% VVW> W* W\ VVX \^\ VV> V \% W \V^ WV\ W W\ W W W W W\ WA W W ^\^ W\ V\A WXW' JUSSIE HERISSEE. (^Anti-ophtalmique molliente.) Synonymie. Vul^. Onagre velue. Onagra frutescensnerii folio villosa magno flore luteo , Pliim., t. 4 p- i45' Lir*- j Oc- tandrie monogynie. Jussieu , famille des Onagres, Jus- siaea hirta ; Jussia hirsuta, foliis laneeolalis subpeliolalis, caljce letraphyllo acuminato. Lamarck. CARACTLrvES GNRIQUES DES JussiES. Genre de plantes fleurs polyptales , de la famille des Onagres , qui a de trs-grands rapports avec le genre mme des Onagres, comprenant des herbes exotiques feuilles alternes, trs-simples et fleurs axillaires. Le caractre essentiel de ce genre est d'avoir un calice suprieur de quatre cinq folioles , quatre ou cinq ptales , huit ou dix ta- mines, une capsule allonge, quatre ou cinq loges, couronne par le calice. Caractres particuliers. Tige et feuilles hrisses. _ Histoire naturelle. Les Jussies ne diflrent essen- tiellement des Onagres que parce qu'elles ont le calice persistant au sommet de leur capsule quadrangulaire ^ le calice dans le genre des Onagres tant caduc et ne couronnant pas le fruit. Le nombre quatre dans les di- visions des parties de la fleur et du fruit des Jussies est t^/ P/.3S8. ^'At-oitt/ori- Mi'.fconr/i/ti. -Pt/iu fhi<&> Jl^SIK HERISSEE ( ^9 ) ivissi commun que le nombre cinq. Cette plante origi- naire du Brsil se trouve assez communment dans les savanes submerges des Antilles et dans les marais fan- geux. Plumier l'a rencontre plusieurs fois Saint- Domingue ( Hati ), prs de la rivire du Cap, dans la partie appele anciennement Quartier Morin. Caractres physiques. Les sommits de cette Jussie , ses jeunes rameaux , ses pdoncules , et les ovaires de ses fleurs sont velues et hrisses d'une manire remar- quable. Les capsules ne paraissent point stries. Elle parat s'lever deux pieds de hauteur , sur une tige droite , cylindrique, velue, creuse, munie de rameaux alternes et distans. Ses feuilles sont alternes, un peu ptioles , ovales lancoles, velues. Les capsules sont un peu pdoncules , longues d'environ un pouce et demi , velues, hrisses dans leur jeunesse , et couron- nes d'un calice , de quatre folioles ovales , acumines. Les graines ont la forme d'un ppin de raisin. Analyse chimique. Le suc de la plante exprim, d- pos et vapor jusqu' siccit, renferme une matire animale soluble dans l'eau, insoluble dans l'alcool, et que le tannin prcipite \ beaucoup de mucus , un peu de nitre et un lger acide. Proprits mdicinales. Toute la plante jouit d'une vertu mollieute-, sa dcoction est prescrite journelle- ment aux colonies pour apaiser l'inflammation des yeux. Ses feuilles, piles etappliques en forme de cataplasme, sont rsolutives , mollientes et adoucissantes. On fait entrer cette plante dans les lavemens qu'on prescrit aux ( 3o) femmes en coucIh , cl dans les demi-bains qu'on or- donne contre la nplnite. La dcoction de toute la plante soit aussi contre les excoriations de la peau, et ce qu'on appelle vulgairement /ewjr: wolagfis. Dans Tis- cliurie, on applique sur le bas-ventre des topiques faits avec la mme dcoction. On m'a cit Saint-Domingue la gurison en trois jours d'un malade douloureusement tourment par un paroxisme de goutte , par le topique suivant. Prenez , Jussie brisse une poigne ; fleur de Francbipanier blanc une poigne ; mettez bouillir dans une dcoction de Jussie *, ajoutez demi-once de gomme de Mimosa de Farnse et demi-gros de carapbre, et faites un cataplasme. Mode d'administration. La dose pour la dcoction est d'une poigne de la plante par pinte d'eau. EXPLICATION DE LA PLANCHE TROIS CENT QUATRE-VINGT- HUIT. Le dessiu est rduit moiti. 1. Calice et pistil. 2. Etamines. 3. Graines. /'/. . '//>v TTiemiare Jfe^caitr/t7>^jPtnx- /hr-c-e Sa^^ _3,-4^5L i^^ \y ( 3i ) IWVlWi/WWVCWVWvWtW A/V W\Mv\'Vi'VVV'WlWW\nAAivVVWVv\'VVWVW vWV'V\iV\'VWVlWt\'VV\'Vi'V\'l'V\ MAFOU BLANC. ( Anti-ophtalmique rsolutive.) Synonymie. Mapouria guianensis. Aublet , Guian., vol. i. p. 175, tab. 167. Mapouria alba foliis ovato-lanceolatis ; floribus albis reflexis corjmbosis et terminalibus; fructibus perlucidis, anomalibus , super calicein cubantibus reflexis; Desc. Siinira foliis subrotundo-ovatis , acuminatis ; pa- nicul lerminali ; corollce limbo tubo longiore; stipulis subrotundis , dcidais. IV. Caractres gnriques des Simires. Genre de plantes dicotyldones , fleurs compltes , monoptales , de la famille des Rubiaces , ayant des rapports avec les Psjcotria et comprenant des arbres exotiques TEurope , dont les fleurs sont fort petites et disposes en cor^^mbe terminal. Le caractre essentiel de ce genre est d'avoir un calice trs-petit , cinq divisions \ une corolle petite , tubule , cinq loges rflchies *, cinq tamines insres l'orifice du tube *, une baie succulente. Caractres particuliers. Baies transparentes , de diverses formes et couches sur le calice. Histoire naturelle. On se sert de ce Mapou dans les habitations des colonies pour faire des douves barri- ques qui sont de peu de dure , car le bois est tendre et lger. Son corce fait d'assez bons cordages. Cet arbre ( 32 ) crot ordinairement le long des ravines et dans tons les lienx frais et ombrags par la riche vgtation si natu- relle aux Antilles. I^e Mapou rouge est appel par les Espagnols Coloradc , cause de la belle couleur rouge que donne l'corce moyenne et qui sert teindre riche- ment les hamacs. Les Galibis et les Carabes donnent cet arbrisseau le nom de Majpouvl-croahri ^ parce que les inypouris ou vaches sauvages sont friandes de son feuillage. Le Mapou se rencontre quelquefois au milieu des rochers. Son bois est si lger et si poreux qu'on y enfonce facilement une lame de couteau. Caractres physiques. Le Mapou blanc , dit Plumier , est un arbre de moyenne grosseur , qui vient quelquefois en buisson et jette de longues branches pendantes. Son corce est d'un gris bruntre et se lve facilement. Les feuilles naissent alternes ou irrgulires le long des branches et des rameaux. Elles sont oblongues, arron- dies et chancres en cur par en bas, finissant en pointe, portes par des ptioles courts, forts, creuss en dessous. Les plus grandes feuilles ont de six huit pouces de long , sur trois ou quatre de large. La grande nervure du dessus et les latrales sont d'un vert fonc et luisant , celles de dessous la feuille sont trs-saillantes. Le vert du dessous de la feuille est ple et luslr. Elles exhalent une odeur ftide quand on les froisse entre les doigts*, elles ont une saveur faiblement austre, elles ont la consistance du parchemin. Les fleurs sortent par grappes des intersections des feuilles et des extrmits des rameaux. Ce sont d'abord des boutons oblongs , composs d'un calice d'une seule pice qui se dchire en trois pointes par le haut pour ( 33 ) laisser sortir la fleur. Elle est monoptale , dcoupe en cinq ou six parties pointues , rabattues en dehors, blan- ches et d'une odeur agrable. Cinq tann'nes blanches ou jauntres sont attaches dans le contour intrieur du tuvau. Leurs sommets ou anthres sont rousses et en fer de ilche. Au fond de la fleur est un petit embryon blanc sur une base rouge. C'est le fruit qui est surmont d'un long pistil qui se ramifie en quatre ou cinq petits filets qui ont chacun une tte. La fleur tombe et le calice reste -, il grossit avec le fruit, le dchire et prend diverses formes irrgulires, en gondoles, godels , elc. Ce qu'il y a de singulier, c'est que le fruit n est jamais pos droit , il est toujours in- clin ou couch sur son calice, il est d'abord vert , de forme ovode, avant un petit nombril. Quand il est mr , la grosseur, la couleur, la consistance sont fort sembla- bles celles des grains de raisin chasselas , luisant , diaphane et tachet de petits points gris. Il donne envie de goter. Sa chair est une espce de gele claire comme du cristal , parseme de quelques tilamens , d'un got doucetre et trs-recherehe des jeunes croles et des enfans. Son suc visqueux fait une vilaine tache sur le linge. Au milieu de cette chair gommeuse se trouve un noyau blanc , raboteux et dur, de forme ovode et aplati sur trois cts , qui renferme une substance m- dullaire grise , un peu mollasse et de bon got. Analyse chimique. Le fruit contient un suc mucilagi- neux, sucr et lgrement aromatis 5 et l'enveloppe, ainsi que les stigmates, un peu de tannin. Propritks mdicinales. J'ai peu vu employer aux Tome VI. 98= Livraison. 3 (34) colonies le Mapou hlanc , si ce n'est par cpielques vieux liabitans , ou (juel(|ues commres, ou mdicastres qui le recommandent, et proclament avec emphase les proprits rsolutives de son feuillage en lotions dans les ophtalmies chroniques. EXPi-ICATlOK DE LA PLANCHE TROIS CENT QUATRE-VINGT- WEUF. Le dessin est rduit au tiers de sa grandeur naturelle* 1. Grappe de fleurs. . Noyau du fruit. .v^f/ a> // Joo ^7ifOf/orp Jh'^co/tf/i/x. Pince eree ^ Vv/Zr/ . VNT 111': wAmMu\rw. (35 ) *vvvv^vv\vv^%^vv\^AVv^lVV\vv\vw^(vlv* v%'vv-*rtv\xvv^vvvv>%v\\vvvv>'vv\vvvvv>vv^\vvvvv- LORANTHE D'AMRIQUE. {Anti-ophtalmique rsolutive. ) Synonymie. Loranthus americanus. Lin., Hexandrie mo- nog-ynie. Jussieu , famille des Caprifoliaces. Loranthus foliis subovatis , cjmis composilis ; coroUis profund sex partilis dependentibus. Lam., Loranthus racemosus , flore coccineo , baccis nigris. Vaill. act. 1722, p. 274* Lonicera flore coccineo , baccis nigris. Plum. Nov. Gen. , p. 17. Burra. Americ. le, 166 , fig. 1. Plum. Mss. vol. 5 , p. 214. Icon. 79. Loranthus cymis ramosis , Jacq. Amer. le. , p. 97 , tab. 67 et Pict. , p. 5o , t. 98. Amerikanische riemenblume , Lin. Caractres gnriques des Loranthes. Genre de plantes de la famille des Chvrefeuilles, qui a du rapport avec les Guis et qui comprend des plantes ligneuses , la plupart parasites des arbres, presque toutes exotiques , ayant des feuilles simples, le plus souvent opposes, et des fleurs ordinairement tubuleuses , axillaires , ou terminales. Le caractre essentiel de ce genre est d'avoir un calice double-, une corolle cinq ou six divisions ; cinq six tamines \ une baie monosperme infrieure. Caractres particuliehs. Grappes comme rameuses , (M-> ) gales, (ciiillcs coriaces, opposes, sans nervures. (Sur l('s arbres.) Vivace. PIiSOiRE NAuiiKLi.E. Celle jolie plante giinipnnte crot au sommet des plus grands arbres et parti( idirement du Coccoloba ^/ajidlfolia, ,]acq. Elle semble jalouse de l'lvation de soti tuteur, et fait tous ses efforts pour arriver sa cime et se marier avec ses derniers rameaux. On cultive en Europe cet lgant Loranthe pour orner pendant Tl les jardins d'agrment. On les multiplie de marcottes et de drageons enracins. 11 ue leur faut ni trop de soleil, ni trop d ombre. On croit en Am- rique que la racine du Lorantlie fournit , ainsi que celle des Cbvrefeuilles , une matire colorante bleue. Les chvres recherchent son feuillage avec avidit. Les ngres font avec les tiges des tuyaux de pipe ou calutnets. CauactI^res physiques. Les racines de cet arbrisseau sarmenteux s'implantent dans l'corce du Rsinier qui lui prte son appui, et, comme celles du Gui commun, paraissent se nourrir des sucs se veux actuellement en circulation 5 car M. Jacquin a remarqu que ce Loranthe, si Ton coupait le rameau, mme trs-gros, lasommit duquel il se trouvait, ait fltri ds le lendemain et prissait bientt. Ses tiges sont ligneuses , rameuses , diffuses , cassantes. Ses feuilles sont ptioles , de forme peu prs ovale , paisses , coriaces, sans veines appa- rentes , entires , luisantes , opposes , c|uelquefois alter- nes , souvent ronges et difformes ( ce que M. Jacquin attribue l'action forte des vents aux({uel5 cette plante, vu la rgion leve dans laquelle elle vgte , est presque continuellement expose). Les fleurs sont nombreuses. (37 ) agrables voir, tubuleuses, pendantes, longues d'un pouce et demi , inodores , de couleur d'carlate et nais- sent en petits corymbes sur des pdoncules rameux , axillaires ou terminaux. Les dernires divisions de ces pdoncules soutiennent assez ordinairement trois fleurs pdicelles. Les calices sont courts, comme tronqus, bords un peu ii rguliers. La corolle est longue, tubu- leuse, arque et divise profondment en six dcoupures troites, pointues, dont les extrmits, lgrement r- flchies, se portent toutes du mme ct. Les tamines sont de la longueur de la corolle et au nombre de six. Le fruit est une baie noire. Analyse chimique. Les racines et les feuilles fermen- tes fournissent une matire colorante d'un beau bleu , qu'on combine avec le mrier des teinturiers pour obte- nir un trs-beau vert. Les baies fournissent une teinture noire trs-solide. Proprits mdicinales. Les feuilles et les fleurs du Loranthe d'Amrique sont utilement employes en dcoction et en gargarisme dans les ophtalmies et les angines. Les mmes parties de cette plante , tant appliques fraches et piles sur les tumeurs, favo- risent leur dveloppenaent et provoquent la suppuration. L'infusion des fleurs est considre comme anti-spasmo- dique, et elle est conseille dans les hmicranies ner- veuses , le hocquet et les douleurs qui accompagnent souvent les ophtalmies. Plusieurs habitans emploient la dcoction de cette plante intrieurement et en injec- tions dans la dysurie, la blnorrhagie et plusieurs maladies syphilitiques. On emploie aussi dans les ambulances de (38) l'Amrique la dcoction des feuilles du Loranthe comme vulnraire dtersive, et propre nettoyer les ulcres. L'eau distille des fleurs soulage prompiement l'inflam- mation des yeux et offre un excellent cosmtique. On peut, suivant les cas, ajouter quelques gouttes d'actate de plomb liquide (extrait de saturne) et quelques grains de muriate d'ammoniaque ( sel ammoniac. ) EXPLICATION DE LA PLAI^CHE TROIS CENT QUATRE-VINGT-DIX, Le dessin est rduit au quart de sa grandeur Baie. S Lw . /'AJo. i" TTwiftio^re Jfcmmr/^ZK ^^ruv . y^yW" lirr/Ar. l%%l\i%yi. A FliriLLESllE YWTiEJi. (39) vvvvvvvvv\\vvvvvvv^\vvvvvvvvvvvvvvvvvvvv\vvvvx^>vv\ vvvvvvvv^vvvv/v\vvvvv/v/\r-e /ivtw^/^/'-^'- /'-/ /'erre ,fcu/. ZAFA^' K J>K LA JA\1.U01^E . (43 ) quatre dents ; une corolle tuhuleuse , cinq lobes in- gaux i deux, quelquefois quatre tamines^ deux semen- ces nues. Caractres particuliers. Diandrique \ les pis trs- longs , charnus , nus ^ les feuilles spatules , ovales , dentes en scie et cilies la base *, la tige hrisse et pourpre. (Annuelle.) Histoire naturelle. Cette plante croit la Jamaque et dans les contres mridionales de l'Amrique , en un mot, dans toutes les Antilles. Elle a l'aspect de la Ver- veine. On en trouve deux varits qui paraissent jouir des mmes proprits : i La Verveine blanche^ selon Poupe-Desportes, Heliotropium Ho r mini folio ^ caud inflex , jlorihus albis; 2 la Verveine rou^e ^ Heliotro- pium frutescens maximum et ramosum Ilornnni folio , caudd longissim , jlore ruherrimo. L'tymologie du nom de la Verveine , est-il dit dans la Flore mdicale^ compos du latin /ia Feneris^ rappelle les proprits que les anciens attribuaient celte plante : ils la croyaient propre rallumer les feux d'un amour prs de s'teindre. Les magiciens la faisaient entrer dans leurs enchantemens; les Grecs en formaient des cou- ronnes pour les hrauts d'armes , chargs d'annoncer la paix ou la guerre. C'tait avec cette plante que les pr- tres nettoyaient les autels pour les sacrifices 5 d'o vient qu'elle se nommait en grec Hierohatane , Herha sacra. Les Druides la faisaient entrer dans l'eau lustrale et la cueillaient avec des crmonies particulires. Caractres physiques, La Zapane de la .Tamaque , ( 44 ) selon Plumier , pousse d'une racine longue de demi-pied , blanche et fibreuse , plusieurs liges presque rondes en bas, puis carres, paisses comme la moiti du doigt, longues d'un pied et demi, un peu velues <'t l(Mmin(^s par un ptiole assez long, A tliacpie nud, deux feuilles opposes, longues de quatre pouces et larges de deux , ovales , pointues , den- tes alentour, et continues par un pdicule ail in- sensiblement jusqu' son insertion sur la tige. Elles sont d'un vert gai , unies et soutenues dessous par une ner- vure et par des ctes blanchtres. La base des tiges est de la grosseur d'une plume crire*, elle diminue peu peu en pointe et est presque couverte de petites feuilles pointues et colles comme des cailles. Il en pousse trois ou quatre chaque jourxd'o se dveloppe une fleur. Ces fleurs ne durent jamais qu'un jour ^ elles sont infundibu- li formes et d'un beau bleu d'azur. Chaque fleur est suivie d'une semence semblable un petit grain de bl, accompagn au bout d'un petit filet gristre et crochu. Elles sont loges dans des cavits tout le long de la queue florale et couvertes de cette feuille qui produisait la fleur. Ajnalyse chimique. LaZapane est inodore et sa saveur est astringente et lgrement amie. Le suc fournit beau- coup d'albumine. ProppxIts mdicinales. En dpit des esprits forts qui ne reconnaissent aucunes vertus aux plantes, vantes ce- pendant par de clbres mdecins dont le nom seul est en vnration , je rappellerai ici l'opinion des habitans de r Amrique sur la vertu mdicale de celte plante , (45) Verlu confirme par des expriences et des succs sou- tenus pendant plusieurs sicles. Bontius rapporte dans son Histoire des Indes que les insulaires desschent les ulcres des jambes avec les feuilles de cette plante. Il prtend qu'une cuillere de son suc rcent suffit pour apaiser les tranches des femmes en couche, et les dou- leurs qui accompagnent la dj-senterie et les autres ma- ladies intestinales. Ils l'appliquent pile avec du vinaigre sur la poitrine contre les syncopes et les dfaillances ; un verre de ce suc pur est un bon alexipharmaque parce qu'il contient beaucoup d'albumine. C'est ce que confirment Clusius et beaucoup d'autres praticiens des colonies. Poupc-Desportes fait le plus grand cas de la Zapane comme plante rsolutive , qu'on doit choisir pour les dcoctions anli - ophtalmiques rsolutives. Voici la formule qu'il recommande en ce cas : Prenez feuilles de Gombo , d'Absinthe btarde , de Pois puant , de Verveine beue, de Morille et d'Herbe charpentier de Saint-Domingue , de chacune deux ou trois poignes ^ faites-les cuire dans l'eau commune jusqu' ce qu'elles soient bien tendres -, passez-les ensuite au travers d'un tamis et faites-en un cataplasme. EXPLICATION DE LA PLAKCHE TROIS CENT QUATRE -VIJN'GT- DOUZE. La plante est rduite moiti de sa grandeur. 1. Ecaille ealicinale. 2. Calice. 3. Corolle entr'ouverte. 4. Ovaire surmont du pistil. 5. Graines. Tome VI. 9 9 r L ivra ison . o ( 4C ) \\\\.\>\^vv\'v\^vy\wv\'>v\>w\w\x.v\vvvv%vv\w>vM\vvv% iw%\^ v\\ivv>'V\-)'v\>v\'\'w'W( QllAPALlER DENT. {^j4nti~ophtalmique rcsolutive. ) Synonymie. Sloanea dentata. Lin. , Polyandrie monog-ynic. Jussieu , famille des Tiliaces. Sloanea foliis ovalis , slipulis cordalo-triangularibus, serrat'is. Swartz , Prod. 8a. Sloanea foliis cordato-ovatis, denticulatis; stipulis serratis^ Lin. spect. Plant, vol. i, p. jSo. Sloanea Plumerii , Aublet. Guian. vol. i , p. 536. Sloanea amplis castanese foliis, fructu echinato.Plum. Gen. 48.Burm. Amer. ,p. 24o, tab. 244* Castanea foliis oblongo-ovalis, serralis; fruclu rotundo , ecbinato , maximo. Miller. Dict. CARACTiRES GNRIQUES DES QuAPALlERS. Gciire dc plantes dicotyldones , ileurs incompltes , renfermant des arbres exotiques l'Europe , garnis de grandes feuilles et dont les fleurs sont en pis axillaires ou ter- minaux, munies chacune d'une bracte. Les fleurs ont un calice cinq ou jix divisions*, point de corolle \ des tamines nombreuses, dont les anthres sont attaches latralement des filamcns courts ^ un ovaire velu j une capsule coriace, cinq loges ^ des semences enveloppes d'une substance charnue. /v.:ij TAeoeiore ff(-^WV \'V\WVW\W\Vv\\V\ WVV\%VV\lvWWXWV\'W/\\ WVWV'\MXVv\A WVvWWVVW w\w LISERON A CIN(^ FEUILLES. (^Anti-ophtalmique rsolutive. ) Synonymie. Viilg. Liseron des teinturiers. Convolvulus quinquefolius. Convolvulus foliis digitatis, gl>bris , den- tatis ; caule hispido; pedunculis mullifloris , Lani. n. io2. Lin. , Pentandrie monog^jnie. Tournef. Cl. i. Cam- paniformes. Jussieu, famille des Liserons. Convol- vulus pentapbyllus , folio glabro dcnlalo , viliculis hirsulis , Plum. Cat. . p. 1. Brm. Amer. , p. 80 , t. gi , f. 1. Tour- , nefort, 84- Convolvulus alius pentapLjUus, albus,cau- liculis hirsulis. Plum. Mss. v. 2, t. 55. Convolvulus quinquefolius glaber americanus. Plukn. Alm. 116, t. 167, f. 2. Convolvulus tinctorlus , folio viligineo. Barrre. Caractres gnriques des Liseroins. Genre de plantes a fleurs monoptalt'es, de la f^^mille du mme nom, qui a des rapports avec les Quamoclits et les Liscroles , et qui comprend des plantes herbaces ou ligneuses, com- munment sarmenteuses ou grimpantes , quelquefois lactescentes; feuilles alternes, entires ou dcoupes^ fleurs axillaires , f n gnral assez grandes et d un aspect trs-agrable. Le caractre essentiel de ce genre est d'avoir un calice cinq divisions ^ une corolle campa- niforme , ou infundihuli forme , plissej le stigmate deux divisions; une capsule deux loges dispermes. (Encycl.) Caractres particuliers. Feuilles palmes , cinq I/o. /// //. .y.A/- T'/iri/i>re J'e^j-r^ /'cn/v\i*vvvvvvvvv^vv^\^(vv^^l\^vv>vv\vv*vv^vv'vv^*\/^vv>\\'\/vvvv^\\\vv^\\^vv\'vv'v PARTHNE MULTIFIDE. (^Anti-ophtalmique rsolutive, ) Synonymie. Vulg. Absinthe btarde. Absinthe marronne. Petit Verdier. Herbe pians. Partbeniura bystero- pborus. Lin. , Moncie pentandrie. Jussieu , famille des Corjmbifres. Parthenium foliis composito-multifidis, Lin. Hort. Cliff. 242. Partheniastrum. Niss. act. 171 i , p. 4^3 , t. i3 , f. 2. Hysterophorus. Vaillant. Caractres gnriques desParthnes. Genre de plan- tes fleur compose monoque. Ce genre se rapproche de celui des Ambrosia. Il comprend des herbes dont les fleurs sont en corymbes terminaux. Le caractre essen- tiel est d'avoir une fleur radie , dont le calice est mo- noque cinq feuilles gales et les anthres distinctes. Caractres particuliers. Feuilles composes, multi- fides. ( Annuelle. ) Histoire naturelle. Cette plante , originaire de la Jamaque et de Hati , se trouve aussi dans toutes les savanes des Antilles o les habitans lui donnent le nom A' Absinthe btarde , cause de sa ressemblance avec TAbsinthe d'Europe. On l'appelle aussi Herbe pians , parce que les noirs affligs de cette horrible maladie se l'administrent intrieurement et extrieurement. Ou y ( 54 ) rencontre aussi Vyibsintlic btarde de nionlagnc, Ani- hrosia montana frutcscens , matricari , facie inodora , qui jouit des monies proprits. Caractres physiques. Cette espce est distingue de ses congnres par ses feuilles multifides et lgantes. La tige est haute au moins de deux pieds ; elle est her- bace , glabre, cannele, trs-rameuse, et ses rameaux se terminent en un corymbe moins rgulier que dans les Matricaires. Les feuilles sont pinnatifides , et les pinnules sont encore incises , mais un peu obtuses. Les feuilles suprieures sont beaucoup moins dcoupes et quelques-unes sont entires , oblongues, obtuses ; celles- ci sont sessiJes , tandis que les suprieures sont ptioles. Ces feuilles sont lgrement pubescenles \ chaque fleur du corymbe est arrondie , convexe -, son calice a cinq feuilles arrondies 5 sa corolle est blanchtre et n'a que cinq fleurons en languette la circonfrence. (Encyc. mth. ) Analyse chimique. Toutes les Absinthes , d'aprs l'observation de Parmentier , donnent de l'extractif , du tannin et une huile volatile camphre, verte ou jaune ^ fonce , raison de la qualit du sol , et une rsine trs- amre et trs-acre. Proprits mdiciinales. Les deux Absinthes du pays , le Partheniuni hjsterophorus et VAmbvosia aHemisifoUa , Lin. , sont employes en cataplasmes et fournissent d'excellens rsolutifs qu'on emploie, dans certaines ophtal- mies , pour les tumeurs , les fluxions et les rhumatismes. On leur reconnat les mmes proprits qu'aux Absinthes d'Europe, c'est--dire qu'elles ontla rputation d'tre sto- ( 55 ) macliques , cordiales , fbrifuges hystriques et vermifu- ges. Poupe-Desportes , dans sa Pharmacope amricaine , donne la formule suivante pour un lavement dtersif. Pre- nez, dit-il, des feuilles de Gombo, d'Absinthe sauvage et de Mdecinier btard , de chacune une poigne ^ faites-les cuire et ajoutez dans la colature six onces d'huile de Ricin ( Palma Christi}, Il donne aussi , dans le mme ouvrage , la formule ci-aprs pour un cataplasme mol- lient et rsolutif. Prenez , dit-il , des feuilles de Gombo , d'Absinthe btarde, de Pois puant, de Verveine bleue ( Zapane ), de Morelle et d'Herbe charpentier de Saint- Domingue , de chaque deux poignes ; faites-les cuire dans l'eau, passez au travers d'un tamis et faites-en un cataplasme. On peut y ajouter les feuilles de Calebasse musque, de Tabac vert et des diffrentes Sauges. Les racines du grand Mdecinier ou du Ricin, cuites dans la graisse , sont un grand rsolutif et procurent un excellent cataplasme pour la gonorrhe tombe dans les bourses. Selon le docteur Chevalier, ancien praticien Saint-Domingue : La Parthne multifide est faite comme l'Absinthe et croit dans les pays vieux habits. L'eau que l'on en extrait sche les pians que Ton en frotte. Sa racine en tisane est bonne pour les maux vnriens. Elle est appele par les croles Absintlie ^) marronne^ qui veut dire btarde, d Tout le monde con- nat l'huile d'Absinthe de la Martinique , liqueur par excellence de la manufacture Amphoulx, maintenant Grand-Maison et Compagnie. Prise modrment aprs les repas , elle convient aux estomacs paresseux et dvoys. Ceux qui ne peuvent se procurer de cette liqueur font simplement , comme remde , un vin d'Absinthe qui se prend jeun , mais dont la saveur n'est point aussi agra- ( 56) bl(\ On le compose en mettant infuser froid, pendant vingt-quatre licures , trois gros des sommits de la plante par pinte de vin blanc ou mieux de vin de Madre. On dcante ensuite sans expression pour s'en tenir cette premire amertume. Ce vin est vermifuge , facilite les digestions comme tous les amers-, mais son long usage , dit-on , nerve le systme nerveux. EXPLICATION DE LA PLANCHE TROIS CENT QUATRE-VING- QUINZE. Le dessin est de grandeur naturelle. i. Fleur vue de face. 2. Fleur laissant voir le calice imbriqu. 3. Graine. 4. Feuille radicale. * ' , f/,7 . / n> J^Aetx^re ffetrcifa/'A/x ruixc JW-ee Jca^ O VATEIM _A i;JLVNI IK S F i. E VUS (5: ) vvvv^/vv\\v^\*%vvVl\\vvvvvvvvvA/v\\v\^;vvvvvvv^^lvv\^.vvvvvAVv\/v^^.vv^/v\\^^\^v^^rt,v\^^\lvvvv^ QUATEL A GRANDES FLEURS. ( Anti'Ophtalniique rsolutwe. ) Synonymie. Vulg-. Canari makaque ou Marmite singe. Lecythis grandiflora. Lin. , Polyandrie monogynie. Jussieu , famille des Myrtes. Lecytis foliis petiolatis , oblongis , acutis , integerrimis ; racemis axillaribus termi- nalibusque petiolo multoties longioribus , petalis obtusis. Willd. sp. PI. vol. 2 , p. 1173, n. 3. Lam. Illust. Gen. i. 476. Lecytbis (Grandiflora) foliis ovatis , florum pe- dunculis crasss. Aublet. Guyan. vol. 2, p. 112, t. 283 , 284 et 285. Caractres gnriques des Quatels. Genre de piau- les dicotyldones fleurs compltes, polyptales, de la famille des Myrtes , ayant beaucoup de rapport avec les Couroupita d' Aublet, comprenant des arbres exotiques a l'Europe , feuilles alternes ^ fleurs en pis termi- naux ou axillaires , dont les pdoncules sont munis de bractes. Les fleurs ont un calice six folioles , une corolle six ptales; un disque ligule, dans l'intrieur duquel sont places les tamines ; une capsule ligneuse , opercule , s'ouvrant transversalement l'opercule , de quatre ou de deux six loges, contenant chacune des semences presque solitaires. ( 5 ) (^ARACTknrs rARTicuLitus. Feuilles alUiines, pliolcos, ijlabrcs, ovales, largies vers la pointe. liSTOiui: NATURELLE. Cc Quatel, Tune des plus belles parures des forets de la Ouiane et des Antilles, lorscjue l'arbre est eouvert de ses fleurs roses lgantes qui con- trastent admirablement avee son vert feuillage , runit Tagrable l'utile. Les liabitans des les o il \gte emploient son coree pour faire des cordages , tandis qu'avec les capsules des fruits, ils font des coupes, des boites et autres ustensiles de mnage et de fantaisie, ces fruits tant trs-durs et susceptibles d'tre travaills au tour et d'y recevoir un beau poli. Les oiseaux et les singes sont friands de ses amandes qui sont excellentes et mme prfrables celles d'Europe. Les croles donnent au fruit le nom de Canaii iiiakaque ou Marmite singe. Quel admirable coup-doeil que celui d'une futaie de Quatel s eu fleurs! Quelle ricbesse de vgtation! Quel sentiment inconnu pour le navigateur qui dbarque sur un rivage garni de ces votes touffues! Non loin de ce rivage, un bois sombre et tranquille Sous des ombrages frais prsente un doux asile. Voltaire. Caractres physiques. Ce bel arbre est d'une bauteur assez considrable \ ses rameaux sont tals , garnis de feuilles alternes , ptioles , glabres , roides , trs-en- tires , ovales, oblongues, aigus, un peu ondules leurs bords , longues d'environ sept pouces, larges de six sept, traverses en dessous d'une cte saillante de cou- (59) leur vert-pomme, ainsi que le dessous des feuilles. Les ileurs naissent dans Taisselle des feuilles, et l'extrmit des rameaux o elles forment des grappes beaucoup plus longues que les ptioles. Les pdoncules sont pais, par- ticulirement vers leur sommet , et garnis de bractes caduques. Les folioles calicinales sont paisses , concaves , lar- ges , un peu arrondies , de couleur rougetre l'extrieur. La corolle est d'une belle couleur de rose , compose de six ptales obtus, dont deux plus grands attachs au rceptacle par des onglets pais et charnus. Le disque qui supporte lestaminesest galement rouge, charg en dessous d'un grand nombre de petites lames troites et pointues. Le faisceau d'tamines est jaune. Le fruit est une capsule en forme d'urne, de couleur bistre , dure , paisse , ligneuse , haute d'environ sept pouces , large de quatre et plus , arrondie sa partie in- frieure : convexe et termine en pointe son sommet ; munie vers le haut d'un rebord ligneux et saillant, form par les impressions du calice, recouvert par une oper- cule convexe, pointue; prolong intrieurement en un rceptacle conique, toile et anguleux, qui supporte des amandes oblongues, irrgulires et bonnes manger. Analyse chimique. L'corce contient du tannin et du mucilage ^ les fleurs beaucoup de mucilage et d'albumine. Les amandes ont toutes les parties constituantes de celles d'Europe. Proprits muicinales. Quoique l'on emploie rare- (Go) menl le Qualcl eu mdecine, parce qu'il se trouve loign (les habilations, cependant on reconnat aux fleurs et aux amandes des proprits rsolutives qu'on utilise quelquefois dans les oplitalmies. EXPLICATION DE LA PLANCHE TllOIS CENT QUATRE-VINGT- SEIZE. Le dessin est rduit au douzime de sa grandeur, 1. Disque qui supporte les ctamines. 2. Etamines. 3. Fruit entier au douzime de sa grandeur. 4. Coupe transversale du fruit. /4U> ' / fit //. :h-' TAfiu/ori' /^r\froft/'/t/\ /'r/i.i ('tt/irtiV ,l)'4i//'. (I.XasiX A l^^igiTTH jAr.x^:s (6i ) t%/V JVV VVVVV>/\'VV'VVVVVV'VVVVVVVVVVVVVVl'V'V\VVVVVVV\PiV\iVV\(VVVVVVV'ViVVV .VVi'VV\'V\WVv\^VWVVViA/\VW MONBIN A FRUITS JAUNES, ( Anli-ophtalmique astringente. ) Synonymie. Spondias myrabolanus. Lin., Dcandrie pen- tagynie. Jussieu , famille des Trbinthacces. Spondias petiolis teretibus , foliolis nitidis acuminatis. Spondias (Monbin) racemis terminalibus longitudine folia aequan- tibus , Jacq. Amer. i38. Spondias foliolis plurimis pin- natis, ovalis ; racemis terminalibus; cortice interno ru- benle, Brown, Jam. , 229. Monbinarbor, folio fraxini , flore luteo racemoso. Plum. Gen. ^i. Mjrabolanus folio fraxini alato , fructu luteo, ossiculo magno fibroso. Sloan. Jam. iSi.Vast. 2, p. 125,1.219, f. 1. Prunus ameri- cana, Merian Surin. i3,t. i3. Acaia et Ibaraetura. Marc- grav. Brasil. 29. C'est le Oubou des hommes Carabes, et le Monbea des femmes. Caractues gnriques. Genre de plantes fleurs polyptales , de la famille des Balsamiers, ayant des rapports avec les Caramboliers , et comprenant des ar- bres ou arbrisseaux exotiques feuilles ailes avec impaires-, fleurs disposes en grappes axillaires ou ter- minales , ayant pour fruit des drupes cinq loges. Le caractre essentiel de ce genre est d'avoir : un calice cinq dents ', une corolle cinq ptales , un drupe qui contient un noyau cinq loges. Tome VI. loo*^ L'wraison. 6 C60 Caractres particuliers. Ptioles arrondis-, foliole luisantes, aigus. Histoire naturelle. On trouve aux Antilles plusieurs espces de Monbins. Toutes portent des fruits plus ou moins savoureux mais acides au suprme degr-, on nomme les fruits des Monbins , prunes d'Espagne ou de Cythre , suivant les espces. Les insulaires d'Amrique font un grand cas des deux espces de Monbins , et ac- cordent aux fruits les honneurs de leur table. Ils for- ment avec des plantai ds ou boutures de cet arbre des entourages qui prennent promptement racine et offrent des haies impntrables et dont la vue est satisfaite. Cet arbre est trs-commun Hati , la Jamaque , Cuba , la Martinique , Cayenne , etc. Les enfans en sont friands -, on les ramasse aussi pour engraisser les co- chons. Caractres physiques. Cette espce diffre du Monbin fruits rouges, dont nous avons dj parl (84* livrai- son , page 19)5 par ses fleurs qui forment une panicule beaucoup plus garnie et plus tale, et par ses feuilles trois quatre fois plus grandes. Cet arbre d'ailleurs a un port bien plus lgant ; il s'lve trs-haut et droit , et se divise en rameaux nombreux qui forment une tte touffue et trs-ample. L'corce est crevasse et de cou- leur cendre. Le bois est tendre, blanc, et n'est propre qu' brler. Les feuilles sont ailes , alternes , luisantes, trs-longues , les folioles sont au nombre de huit , avec une impaire, ovales, oblongues, rtrcies en pointe leur sommet, trs-entires, ptioles, opposes-, Tun des cts de leur base est plus troit cl comme tronqu. ( 63 ) Les plus grandes ont euviron trois quatre pouces de long. Les nervures sont comme dans l'espce prc- dente. Les fleurs sont disposes en une panicule lche , l'extrmit des branches, aussi longues que les feuilles. Ces fleurs sont irs-nombreuses , petites et blanchtres. Elles ont un calice cinq dents aigus, l^es ptales sont presque lancols, aigus, trs - ouverts -, les anthres droites et les stigmates comprims, deux lames. De ce nombre de fleurs qui forment les panicules , trs-peu se convertissent en fruits qui sont d'une cou- leur jaune , mle d'un peu de rouille , odorans , revtus d'une lgre pellicule , remplis de pulpe succulente et acidul. Le Monbin a exactement l'aspect du Frne d'Eu- rope. Analyse chimique. Les acides tartareux, oxalique et malique paraissent tre nu dans ces arbres. Les feuil- les , les corces , les fruits, tout s'en ressent. L'espce jaune dont il est question ici remplace laframbroise pour le sirop de vinaigre framboise. Proprits MDICINALES. Toutes les parties du iMonbin offrent des secours la mdecine , elles sont astringentes. On fait avec son fruit une compote utile aux malades puiss par des diarrhes chroniques , tandis qu'on en emploie l'corce dans les tisanes. Poupe - Desportes donne la formule suivante d'une tisane astringente. Prenez : corces de Goyavier, de Monbin et de Grenade, de chacune trois grosj du riz bien lav, trois onces; r- pure de corne de cerf, une once : faites-les bouillir dans cinq chopines d'eau jusqu' la diminution du quart. On emploie de mme les corces de Bois-Mai ie, deRaisinier 6* (64 } ('Icaquier et de Monbin btard que Ton recommande con* ire la diarrhe des bestiaux. Le mme mdecin recom- mande la dcoction des bourgeons de Monbin en gar- garisme dans les angines. Cette mme dcoction est em- ploye dans les collyres et pour laver les ulcres des N- gres. Les femmes en couclie se servent aussi des feuilles, soit en bains , soit appliques sur le bas-ventre. A l'poque o la variole exerait aux colonies des ravages meur- triers , et que les bienfaits de la vaccine n'taient point encore prouvs par les liabitans du Nouveau-Monde , on se servait des bourgeons de Monbin comme sudori- fiques. Selon le docteur Chevalier, la tisane des racines de Monbin gurit la diarrhe et la dysenterie. Il re- commande aussi les feuilles dans les bains. Aux les An- tilles 5 les naturels du pays qui se sentent attaqus de la goutte ( maladie extrmement rare au-del du tro- pique) font en terre un trou dans lequel ils jettent de la braise bien ardente. Ils mettent dessus des noyaux de fruits du Monbin. Ils exposent ensuite dessus la partie malade, et endurent la fume trs-chaude le plus long- temps possible. Si ce remde ne les gurit pas radicale- ment, au moins il les soulage. La dcoction de la racine s'emploie la fin des gonorrhes. EXPLICATION DE LA PLANCHE TROIS CEKT QUATRE-VINGT- DIX-SEPT. Le dessin est rduit au quart. 1. Fleur entire. 2. Organes de la gnration mle et femelle. 3. Noyau grossi. '/.w //>/> /. ff> //. .'/.//y. J^heo(>rc Pfa-cvuj-ti/^ /i^^v (rnirie/ l>Ciu' Ll^l 'IK (65 ) ^A/\>AAV\A VV%W'VV\WW% VV\ VV\VVXV\A'VV\'VVW\V\/%'W\VVVV\V\n W\/ VV%V\^W>WVV\^^/V\VVW^l\/%% PHARELLE LAPULACEE. ( Ophtalmique astringente. ) Synonymie. Vulg. Avoine des Chiens. Pharus lappulaceus. Lin. , Moncie hexandrie. Jussieu , famille des Gra- mines. Pharus caule ramoso , semine pilis rigidis ad apicem hirto. Lam. lllust. Gen. , lab. 767 ,f. 1. Pharus lappulaceus , caule arundinaceo , ramoso ; foliis angustis. Semine nigro , pilis rigidis ad apicem munito. Aublet. Guiane. vol. 2, p. 869. Gramen arenaceum lappulatum.. Plumier. Mss. t. 5, fig. 85. Caracthes gnriques des Pharelles. Genre de plantes monocotyldones ou unilobes , de la famille des Gramines , qui comprend des herbes exotiques l'Europe , dont les fleurs sont disposes en une panicule lche , les unes mles et pdoncules -, les autres femelles et sessiles. Les fleurs sont monoques. Fleurs mles mu- nies de deux valves calicinales une seule fleur dont la corolle est bivalve. Fleurs femelles ayant un calice bi- valve , une corolle contenant un ovaire linaire , sur- mont d'un style divis en trois stigmates son sommet 5 une semence oblongue. Caractres particuliers. Feuilles troites el lan- coles. Histoire katuuelle. L'Avoine des chiens crot sur le ( 66 ) bord des rivires, ainsi (jiie sur les inontngnes de la Guiane et des Anlilles. La seconde espce est \v. Piarus iatifoUus y foUis nervosis obtusis , etc. Brown , Jani. Ilisl. p. 344 ^^^' ^^ ) fig* 3, ou Gromen avenacciwi sylva- ticiun, Sloan. Quoic^nc cette plante soit trs- commune aux Antilles, je ne l'ai jamais vu donner en nourriture aux bestiaux. On s'en tient au bois paale , au mais , riierbe de Guine et T herbe d'Ecosse. Caractres physiques. Les tiges de cette Pharelle par- viennent la hauteur de deux pieds *, elles sont droites , rameuses, stries, faibles, un peu aplaties, glabres dans toute leur longueur, enveloppes presqu'en entier par les gaines des feuilles. Celles-ci sont longues de sept huit pouces, larges d'un pouce et davantage, lan- coles , rlrcies , aigus leur sommet , un peu cour- bes l'extrmit de leurs gaines , trs-glabres , marques en dessous de nervures saillantes, et parallles celles du milieu, qui sont jauntres; le dessus est marqu de stries fines, serres et rgulires. Les gaines, galement stries, sont plus courtes que les feuilles. La panicule est terminale , tale , peu garnie de fleurs divises en rameaux lches , carts. Le rachis est pubescent, un peu blanchtre ou cendr. Les fleurs mles sont pdoncules , situes la base des fleurs fe- melles. Leur calice est compos de deux valves au moins , un peu plus courtes que celles de la corolle , ingales , presque glabres. La corolle est pubescente*, elle contient six tamines , dont les filamens sont peudans , trs-dlis , termins par des anthres jaunes , oblongues , bifides leur sommet. ( 67 ) Les fleurs mles sont presque sessiles , alternes , ap- pliques contre le rachis , dont le calice est compos de deux valves calicinales lancoles , rousstres , beaucoup plus courtes que les valves de la corolle, presque glabres, un peu ingales j la baie de la corolle est allonge, aigu , roule sur elle-mme ; la valve extrieure ren- ferme par ses bords lintrieure qui est trs - troite , linaire : cette baie est couverte de poils courts , plus abondans vers la partie suprieure, qui deviennentroides, et accrochent l'poque de la maturit. Uovare est fort petit, il se convertit en une semence oblongue, bruntre, assez semblable un grain d'avoine , enveloppe par la corolle et charge d'asprits. (Encycl, ) Analyse chimique. La graine de Pharelle lappulace contient une fcule amilace et beaucoup de gluten. Proprits mdicinales. On retire des graines un gruau qui est trs-nourrissant. On en fait une boisson pec- torale et adoucissante , mais lgrement astringente. On fait entrer la dcoction de la plante dans les collyres as- tringens. Tout le feuillage s'applique sur le ct dans les douleurs pleurtiques et les rhumatismes. explication DELA PLANCHE TROIS CENT QtJATlE-VINGT-pIX- HUIT. Le dessin est rduit moiti. 1. Fleur hermaphrodite entoure de ses glumes. a. Graines dpouilles de ses enveloppes florales. (68) V^VV*VVVVVV\^/V\^>VVVVVV^'\'^.VVV\'\VVV^ VVVVVVVVVVVv\VVVVV\'\VV%VVVVVVVVVVVVVV\VVVVVVVV\VVVVV MAJNGLIER A PANICULES COULEUR DE ROUILLE. ( Ophtalmique aslringenle. ) Synonymie. Mang-lier droit. Manglier gris. Manglier aqua- tique. Conocarpus erecta. Foliis lanceolatis, Lin. Spect. Plant, n. i , Pentandrie monogynie. Jussieu, famille des Chalefs. Aliius maritiina , myrtifolia , coriarioium ; Button- Wood Bermudiensibus vulgo. Plukn. Alm. Alni fructu, laurifolia arbor maritima. Sloan. Jam. Cat. i35. Hist. iy p. 18, lab. 161, p. 2; Raj. suppl. Dend. , p. 11. Rud- beckia laurifolia maritima. Amer. Herb. 58i. Innomi- iata. Plum. Burm. Amer., p. i35, t. i44) fig" 2 et Mss. vol. 5, t. 117. Manghala arbor curassavica , foliis sali- gnis. Catesb. Car. 2 , p. 33 , t. 33. Conocarpus foliis oblongis , petiolis brevibus , floribus in caput conicum col- lectis. Brown. Jam., p. 169. Mangie Zaragoza Hispanis. Caractres gnriques des Manglters. Genre de plantes fleurs raonoptales de la famille des Chalefs , comprenant des arbrisseaux et arbres exotiques feuilles simples , alternes et feuilles axillaires ou terminales , auxquelles succdent des fruits rassembls en espce de cne. Les fleurs sont ramasses en tte \ un calice cinq divisions ^ point de corolle ", cinq dix tamines *, une se- mence nue infrieure. r //f lOO . A/// J'Jictftitfr^c ^^tfi.roazr^ ^i/^, f^z^JC Otx/rru'/ Jcic^ 3IA:X CiilEIL c;iiis (%) Caractres particuliers. Tige redresse-, feuilles lan- coles ^ cinq dix filets sortent de la base du calice ', ptales nuls. Histoire naturelle. Il y a une telle confusion parmi les nomenclatures , qu'il est bon d'indiquer ici les espces de Mangliers. Voici donc leurs diverses dnominations : 1. Le Paltuvier des Antilles est le Rhizophora candel (vol. i^% pi. 10, pag. 45), appel par les habitans Manglier chandelle. 2. Le Paltuvier des Indes est le Brugujera gjmnoiisa, Lamk^ et le Rhizopliora g)mno- rhisa, Linn ^ c'est le suivant (vol. 6 , pi. 4oo)' ^- ^^ Manglier droit ou gris est le Conocarpus e recta de Linn , que les habitans appellent Manglier fruits cou- leur de rouille. 4* Le Manglier blanc , ou Manglier bobo , ou Manglier fou , c'est le Conocarpus procumbens de Linn. 5. Enfin le Mangle rouge , c'est le Raisinier du bord de la mer ( vol. 2 , pi. ^^, pag. 4^)5 ^t aussi le Rhizophora candel, qui reoit, comme on le voit, une double dnomination. Nicolson donne tour tour au Mangle blanc les noms de Mangle fou , ou bobo , et de nahot , ce qui est tout--fait diffrent. Du reste, il n'y a plus de confusion en consultant les planches qui toutes prsentent des caractres bien tranchans pour ces es- pces. Le Manglier grs croit naturellement aux Antilles sur les bords de la mer dans les baies sablonneuses et le long des ctes de l'Amrique qui avoisinent ces iles. Son bois est trs-bon brler. Les ramiers sont friands de ses graines. - Caractres physiques. Le Manglier est un arbre droit. ( 70 ) rameux , s'levanl au-del de trente pieds, et qui a le jeunes rameaux anguleux. Les feuilles sont alternes , nombreuses , i trcies la base en de courts ptioles , lancoles ou ovales lancoles, pointues, entires, fermes , glabres , un peu paisses , longues de deux pouces et demi trois pouces , sur une largeur d'environ un pouce. On voit ordinairement des points glanduleux sur les bords des nervures. Les ttes de fleurs sont jau- ntres , pdicelles et disposes en grappes feuilles , axillaires et terminales , dont l'assemblage forme une panicule lche. Ces fleurs sont trs-petites. M. Jacquin dit qu'elles ont la Martinique dix tamines une fois plus longues que le calice , pendant qu'ailleurs on les trouve n'en ayant en tout que cinq, non saillantes, une fois plus courtes que le style. Il succde aux fleurs des semences irrgulirement trigones , cailleuses sur les bords, lgrement velues au sommet, rflchies, troi- tement embriques, et rassembles en petits cnes ob- tus , presque sphriques , de la grosseur d'une petite aveline. Analyse CHIMIQUE. Les feuilles, les fleurs, les fruits et le bois contiennent un principe trs-amer, de la ^omme , un peu d'acide malique et un principe trs- astringent. Prophits mdicinales. Selon Poupe-Desportes et Chevalier, tous deux anciens mdecins Saint-Do- mingue, l'corce du Manglier gris est, par rapport au Quinquina gris , ce que le Manglier rouge est par rap- port au Quinquina de cette couleur, u L'corce , disent- )) ils, de la premire espce est bonne en infusion , pour cr ( 7' ) une personne enfle , avec ceUe prcaution de prendre celle du ct o le soleil TchaufFe le plus. II faut aussi choisir Tcorce la plus fine de ses jambes ou ra- )) cines hors de terre ou d'eau. Le docteur Poupe-Des- portes employait frquemment le Mangle gris avec l'corce de quinquina , celles de Sucrier et d'Amandier de montagne. )) La poudre de la graine de Manglier ris tant sche et pulvrise , et jointe au sucre blanc, galement en poudre , se lance sur la corne pour d- truire les taies de cette partie. Cette insufflalion, faite au moyen d'une plume, cause d'abord beaucoup de dou- leur, mais comme elle excite une vive expansion de larmes , les habitans croient ce moyen propre employer dans les ophtalmies chroniques.' Je ne sais quelle thorie peut indiquer un semblable moyen, que la plus lgre rflexion rprouve et condamne l'oubli. Il n'en est pas de mme d'une forte dcoction de la plante , qui , ajoute L'actate de plomb liquide (extrait de Saturne), et quelques grains de sulfate d'alumine, compose un excel- lent collyre qu'on peut prescrire avec avantage dans les ophtalmies chroniques. Un vieux habitant m'a beaucoup vant un remde contre le diabtes et l'incontinence d'u- rine, au moyen d'une teinture alcoolique faite avec l'corce de ce Manglier, la racine de Gingembre et la Rose. EXPLICATION DE LA PLANCHE TROIS CENT QUATRE-VINGT- DIX-NEUF. Nota. Les fruits et les fleurs sont plus gros que nature. (7^ V\^VVV/VVVX'Vv\'VV\iVV%V\A'VVX'Vt'\VVV>A.\VVVVA:\iVVVVVVVVVVV\\/VVVVVVVVVVVXV\'\VVVVVVV%'VVVVVV\VV\VVV PALTUVIER DES INDES. ( Ophtalmique astringente. ) Synonymie. Bruguiera gymnorhiza. Lam. Illust. gen. , laK 397. Lin., Pentandrie monogynie. Jussieu, famille voisine des Chvrefeuilles. RLizopliora foliis ovato-lan- ceolatis integerrimis , radie terr superimposita. Lin., Rhizophora calicum laciniis persistentibus patentibus versus fructum incurvatis. Wach. Ult. 89. Mangium celsum. Rumph. Amb. 3,p. 102, t. 6B). Mang-Mangi. Touch en chinois. En belge : TVortel-Boom seu Hordicum arbor. Caractres gnriques des Paltuviers. Arbres fleurs polyptales , qui a les plus grands rapports avec \es Rhizopliora ^ et qui constitue un genre particulier trs-intressant connatre. Les fleurs ont un calice su- prieur dix ou douze divisions 5 dix ou douze ptales compliqus , stamiiiifres -, vingt vingt-deux tamines j un style \ une capsule monosperme. Caractres particuliers. Arbre aquatique feuilles de Poirier. Feuilles non ponctues comme celles du Rhizophora. Histoire naturelle. Le Paltuvier croit naturelle- zoo . A/tf . /Y. ^. TAepf/ore Jfi'^iu>ii7'/i/\ ^r^uf lcfl^> 114 J. E T I '\1 EU 1! 8 I .Xli i^: ^ y (73) ttient clans les Indes-Orientales, mais on le rencontre aux Antilles et particulirement l'le de Cuba. Son bois est rougetre , dur, pesant *, il exhale dans l'tat frais une odeur sulfureuse trs-marque , qui parait r- sider encore plus particulirement dans Fcorce. Si on jette ce bois vert dans le feu, il s'enflamme aussitt avec activit, et rpand une lumire trs-vive. Les Chinois, dit Savigny, emploient son corce pour teindre en noir. Ses fruits fournissent aux habitans de plusieurs contres de l'Asie et de l'Amrique , une sorte de moelle qu'ils font cuire dans du vin de Palmier ou dans du jus de poisson , et qui leur sert d'aliment. Quelques-uns s'ac- commodent d'un mets moins dlicat , et se contentent des feuilles de cet arbre , ou mme de son corce la- quelle ils prtendent trouver une saveur agrable. Les Paltuviers ainsi que les Rhizophoras ne compren- nent que des arbres peu levs, mais qui s'tendent au loin horizontalement par le moyen de longs jets qui par- lent de leurs rameaux, gagnent la terre, s'y enracinent, et pj'oduisent, dans plusieurs espces, de nouveaux troncs qui se multiplient ensuite de la mme manire. Tous ces arbres ne croissent que dans des terrains bas , voisins de la mer et souvent baigns par ses flots. L'humidit qui rgne perptuellement dans ces endroits , est trs- propre favoriser la germination particulire ces sortes de plantes. En effet leurs semences peuvent pntrer fa- cilement dans une terre qui est toujours plus ou moins molle. On a mme observ que celles qui tombaient sur le ct prenaient galement racine, continue Savigny, et parvenaient en peu de temps se redresser. Le bois du Paltuvier a beaucoup de rapport avec celui de l'Aunette. ( 74 ) Lorsque la semence est parvenue sa parfaite matu- rit, la germination se manifeste aussitt , et commence dans la capsule mme. La radicule qui se dveloppe la premire , rompt le sommet de cette capsule , et se pro- longe au dehors sous la forme d'une massue ligneuse, solide, nue, plus ou moins longue, et termine en pointe. Dans cet tat, la semence est pendante. Cette massue , par son poids et ses oscillations continuelles , parvient la dtacher de la capsule , et tombe sur la terre o elle reste ficlie par son sommet dans une po- sition verticale. Lorsqu'elle a jet quelques fibres , on aperoit bientt un dveloppement inverse du premier. Les deux cotyldons dchirent l'enveloppe qui les cou- vrait ', la pluniule s'lve en mme temps de la base de la semence, monte peu peu, et continue de crotre par l'affluence des sucs nourriciers que lui transmet la massue qui se trouve alors convertie en une vritable racine. ( Encycl. ) O res miranda 1 1 Caractres physiques. Le Paltuvier nait dans des lieux humides ou marcageux , o il est souvent inond par le flux de la mer. Il s'lve tout au plus douze pieds de hauteur sur un tronc communment tortueux, ingal , revtu d'une corce paisse, brune, rugueuse et cie- vasse. Ses rameaux sont trs-nombreux, et s'tendent en tous sens. Il part du tronc et des branches inf- rieures, quantit de jets nus, cylindriques, souples, flexueux, dont les extrmits se plongent dans la terre, s'y enracinent et produisent quelquefois de nouveaux troncs; ces jets forment par leurs bifurcations et leurs entrelacemens des lacis impntrables, semblables ceux du Figuier du Bengale. Les feuilles sont opposes, (75 ) portes sur de courts ptioles, ovales, acumines, un peu paisses , fermes , vertes, lisses et trs-entires. Leur surface infrieure est plus ple et releve d'une cte moyenne assez saillante, d'o naissent latralement des nervures grles, obliques, peu sensibles, qui s'anasto- mosent par des rticulations presque rgulires. Elles ont cinq six pouces de longueur, et ne sont jamais ponctues en dessous comme celles du Rhizophora. Les jeunes feuilles, avant leur dveloppement, sont revo- lutes dans des bourgeons cylindriques, trs-allongs, pointus , qui ne diffrent pas sensiblement de ceux des Figuiers. Les fleurs sont assez grandes, solitaires, axil- laires ou latrales, d'un jaune verdtre , pendantes. Elles ont un diamtre de dix douze lignes, et sont soutenues par des pdoncules pais, longs d'un pouce au plus ^ elles sont accompagnes de deux bractes. Le fruit con- siste, avant la germination, en une semence infrieure, renferme dans le disque du calice qui devient une sorte de capsule, quelquefois un peu prominente entre les divisions, et comme semi- infrieure. L'embryon que contient cette semence est entour d'un prisperme charnu assez abondant \ sa radicule est suprieure, et ses cotyldons sont diviss en deux ou trois lobes. (Encycl.) Analyse chimique. Le Paltuvier contient beaucoup de tanin , une rsine d'une odeur soufre, plus un prin- cipe trs-amer et trs-astringent. Proprits mdicinales. Les Indiens et les Chinois attribuent au Paltuvier des vertus contre l'impuissance accidentelle , et dont ils font un grand secret. On en or- donne les bains aux enfans rachitiques et disposs la ( 76 ) distorsion de la colonne spinale. Dans les cas d'impuis- sance , ils associent le Paltuvier au Gin-Seng (8* vol.), et citent cet gard des milliers d'expriences auxquelles je ne puis ajouter beaucoup de foi. Il n'en est pas de mme de ses proprits astringentes qui font rechercher les fleurs et l'corce pour les collyres astringens. EXPLICATION DE LA PLANCHE QUATRE CEJNT. V Le dessin est rduit au quart de sa grandeur. 1 . Fleur entire. 2. Ptale dpli portant deux tamines. 3. Moiti de la corolle et ovaire. 4. Calice et rudiment du fruit. 5. Jet funiculaire. 7%*wi//y/^c ^e^TA00XE jo:M'r b'E-Ai:% (77 ) *S \\ V\\\\\ W^ V^'VllA WVVv%A/\V\l^(V WVV W VVWWVW W\ WWWVWVW VV'VV^VVV*'VWWVV\'*IW wvvw SCIRPE PENTAGONE, ( Anti'Ophtalniique astringente. ) Synonymie. Vulg-. Jonc d'eau. Scirpus palustris pentagonus, D. Lin., Ttrandrie monogynie. Jussieu , famille des Souchets. Scirpus palustris caule pentagono ad nodos florido. Plum. vol. 4> P- *o4- Caracti ES GNRIQUES DES SciRPES. Genre Je plaiitcs monocotyldones , fleurs glumaces , de la famille des Souchets, coraprenant des herbes dont les fleurs sont disposes en pis imbriqus ; les chaumes cylindriques ou anguleux , les feuilles gramiiiifonnes , leur gane entire point fendue. Le caractre essentiel de ce genre est d'avoir des pillets un peu ovales, composs de paillettes imbriques de toutes parts ^ point de corolle, trois stigmates-, une semence suprieure, nue, recou- verte par les cailles. ( Encycl. ) Caractres particuliers. Chaume cinq angles. Histoire naturelle. Le Jonc d'eau ou de mer d'Am- rique ne diffre nullement de celui d'Europe , seulement les feuilles acquirent une couleur argente lorsque ces joncs vgtent dans une eau saumtre ou sale. Quoi de plus pittoresque pour un peintre de paysages qu'un Tome VL lOi* Livraison. 7 (78 ) lagon garni de roseaux , et ombrag par des bambous k panaches mobiles on de verdoyans bananiers! Une foret s'clvc , antique, rvre ; Le fer a respect su verdure sacre. L de ronces, djoues, de mousse environn, S'enfonce un antre creux, en vote faonn. De Saint-Ange. Mais malheur au favori d'Apollon s'il se trouve dans le voisinage quelques mangles servant d'asile aux ma- ringouius , ces insectes ails , avides du sang humain , que la vue reconnat aux petits points blancs dont leur corps est piquet, et qui annoncent l'ouie leur prsence par des sons aigus dont le calme des bocages est sou- vent interrompu. Caractres physiques. Ce Scirpe a des racines plus ou moins rampantes, de couleur brune, fibreuses, gar- nies quelquefois d'( ailles membraneuses , rousstres *, il s'en lve plusieurs liges droites, articules , penta- gones, toutues, colores alternativement de vert et de jaune de Sienne, stries, hautes de deux trois pieds, pour- vues de distanceen distance defeuillesamplexicaulesquise dveloppent aux articulations, et ont plusieurs nervures. Les tiges sont termines par des pis axillaires pour- vus de trois stipules : chaque pi est compos d'caills brunes, oblongucs , imbriques, un peu aigus, lg- rement membraneuses et blanchtres leurs bords, marques sur le dos d'une nervure saillante-, les deux cailles infrieures opposes , un peu plus larges, ob- tuses 5 chaque fleur spare par une caille contient trois tamines , un style bifide. Les semences sont (79) ovales , presque rondes , un peu comprimes , peu lui- santes , entoures leur base de quelques poils courts. Analyse chimique. La racine contient une huile volatile paisse , une rsine d'un jaune pale , un extrait brun, et un peu d'amidon. Proprits mdicinales. Toute la plante est employe dans les tisanes anti-syphilitiques , que l'on prescrit la fin des gonorrhes. Elle est apritive et rafrachis- sante , quoique lgrement astringente. Son eau distille entre dans les collyres que l'on recommande dans les ophtalmies chroniques. Pour ajouter aux vertus de ce roseau, on lui associe, dans les maladies honteuses, les racines d'herbe collet , de citronnier , de malnomme , de verveine blanche , d'herbe bl , de poivrier feuilles de plantain appel vulgairement Saint-Domingue Jet Sureau, EXPLICATION DE LA PLANCHE QUATRE CENT UN. Le dessin est rduit au tiers de sa grandeur naturelle. 4. Bulbes de la racine, a. Fleur ouverte. 3. Fruit entier. 4. Fruit ouvert. 7* ( SO *v^vv%vv^'*^'lvv\vv\v\^*A'vv*vvvvv\vv%v\'V> SOUCHET LGANT. (^Ami-ophtalmique ast.ringenfe. ) Synonymie. Vulg. Herbe couteaux. Cyperus elegans. Lin.,Triandrie monogynie. Jussleu, famille desSouchets. Cyperus panicul aure maxim. Plum. vol. 4? p to4 Cyperus culmo triqnetro, umbell decomposit ; spi- culisovatis; gluniis mucronatis , patulis; involucro tctra- pbyllo; umbellalonjiore. Willd. Spec. Plant, vol. i,p.278. Cyperus panicul maxime spars, ferrugine, compressa, elegantissima. Sloan. Jam. 35. Cyperus major, umbel- latus paniculis Iaxis spicillis teretibus, culmo triquetro. Brown. Jam., p. 128, n. 4- Gramen nodosum lilhos- permi seminc. Plumier. Caractties gnriques des Souchets. Genre de plantes monocotyldones fleurs glumaces, herma- phrodites , de la famille des Souchets , qui a de grands rapports avec les Scirpes , et qui comprend des herbe> tant exotiques qu'indignes de l'Europe , dont les tiges ou chaumes sont triangulaires dans le plus grand nombre des espces , cylindriques dans quelques autres 5 les fleurs disposes en pis agglomrs ou en ombelles. Le caractre essentiel de ce genre est d'avoir des fleurs hermaphrodites, disposes eu pis comprims ^ les bulles calirinales disposes , par imbrication , sur deux rangs /(>/ '. A/fj /V.^o-i J'eoJa/'e.Arrour/z/y^J^t^i^r . /'fy/'t' t l'tw//. ^ Omi ET Y.J.^.n-A^ T ,1^ EliilE A VAWTJLWX , ( 80 opposs ; trois tamines *, un style ; trois stigmates ^ une semence nue , enveloppe par le calice. Caractres particuliers. Chaume triangulaire , nu ; ombelle feuillue ^ pdoncules nus , prolifres -, pis serrs j pointes tales. ( Marais de la Jamaque , etc. ) Histoire naturelle. Cette plante se rencontre dans les lieux maritimes et marcageux de la Jamaque. C'est une trs-jolie espce , remarquable par la disposition de ses panicules presqu'en une triple ombelle. J'aime voir le zrphir agiter dans les eaux Les replis ondoyans des joncs et des roseaux. Colardeau. Les insulaires emploient le Souchet lgant et celui qui prcde divers usages ^ ils en font des chapeaux. Et le Ngre en fumant tresse ce jonc docile. D'autres le font servir aux usages domestiques , et envoient avec soin leurs enfans couper sur le bord des ruisseaux .... Ce jonc , qui par un art adroit Au lait emprisonn laisse un passage troit. Caractres physiques. Les tiges de ce Souchet sont droites , glabres , simples , fort hautes , triangulaires , stries , lisses sur leurs angles , dpouilles de feuilles dans leur longueur , garnies seulement de feuilles ra- WAVkV\^'\V>W\VVV\'\'\X'V\VV>'VV\VV\W\'VV VWW^WWV^W^XV^iWWV ROSIERS MARRONS ROUGE ET JAUNE. (u^nti-ophtalmjue astringente. ) Synonymie. Rosa americana sjlvestris caiile aculeato , foliis pinnatis; foliolis ovalis , crenalis; flore inls rubro, exts luteo , germinibus globosis , D. Rosa sjlvestris sulfurea , germinibus globosis, petiolis cauleque aculeatis , foliis pinnatis , foliolis ovalibus. Nicolson. Caractres gnriques des Rosiers. Calice lube ventru , trangl au sommet , cinq divisions allonges , aigus , souvent barbues sur les cts. Corolle de cinq ptales arrondis au sommet ; tamines nombreuses y graines soyeuses , nombreuses , paritales , surmontes chacune d'un style , renfermes dans le calice qui de- vient une espce de baie globuleuse. Caractres particuliers. Ovaires comme globuleux , glabres-, pdoncules aiguillonns, hrisss ; folioles du calice lancoles comme ptioles. ( Vivace. ) Histoire naturelle. On a tout dit de la reine des fleurs. Veut-on peindre un bosquet romantique ? Ah ! surtout que la rose , embaumant ce sentier, Brille comme le teint de la vierge ingnue Que fait rougir l'amour d'une flamme inconnue. De Fontanes. ,'" Lzi> loz . /^w /y. ^oJ. 7'/tf(if/ore /Mi-<'^7if/i/x. JV/to" /i'^ve t/'cf//^ JlOSIEliS ( 85 ) Teul-on clbrer son empire enchanteur sur nos sens , la cour , au village ? Fleur chre tous les curs, elle embaume la fois Et le cLaume du pauvre, et les lambris des rois. BoisjOLiiy. Veul-on un tableau de grces et de lgret? ou met en scne la Rose et le zpbyre. Dans les jardins de Flore Rival heureux du papillon, Zphyr caresse le bouton, De la Rose qui vient d'clore. ViGEE. Enfin est-il question dans une lgie de dplorer la mort d'une jeune beaut? Elle languit et meurt cette rose si belle Que brlait de cueillir plus d'un amant fidle ; De la jeunesse ainsi la fleur s'panouit, Ne brille qu'un moment, tombe et s'vanouit. Baour-Lormian. CapiActres physiques. Le Rosier marron rouge , dit ISicolson , a une racine fibreuse pivotante ^ ses tiges sont grles , tendres , gristres , un peu crevasses ; ses branches droites, alternes-, ses feuilles allonges , d'un pouce et demi de longueur, de sept huit lignes dans leur plus grande largeur , pointues , veloutes , fine- ment denteles , d'un vert sombre \ ses fleurs naissent des aisselles ^ elles sont comparables la Rose capucine , c^est--dire d'un rouge orang intrieurement et jaune ( 86) en-dessous, sans beaucoup d'odeur; il leur succde unr fruit arrondi , oblong , velout d'un vert sombre , qui s'ouvre dans sa nialuiit en trois portions faites en cuil- ler , de couleur de feu en-dedans. On voit au centre de petites graines gristres, couvertes d'une substance jauntre , d'une saveur douce , adhrentes un corps de forme pyramidale. Cet arbrisseau est en mme temps charg de fleurs et de fruits , ce qui le rend trs-agrable la vue. La varit fleurs jaunes ne diffre de la prcdente espce qu'en ce que ses fleurs sont d'un jaune de soufre. Les fruits sont d'un jaune fonc en-dedans, et beaucoup plus gros que ceux de la premire espce. On trouve ces deux Rosiers dans les mornes et dans les lieux in- cultes et arides. Analyse chimique. Les Roses des deux espces contiennent du tannin soluble dans l'eau froide, du mucilage , une certaine quantit d'huile volatile. L'in- fusion aqueuse des ptales noircit par l'addition du sul- fate de fer. Proprits MDICINALES. Outre les vertus toniques de ces Roses , on les emploie comme lgrement astrin- gentes dans les collyres. C'est parce que les ptales sont dous de cette vertu, qu'on fait, avec, des conserves* propres relever le ton de l'estomac et des intestins , et sympathiquement celui des poumons et autres organes qui ont des connexions avec l'appareil digestif. C'est pourquoi ces conserves sont recommandes dans les ca- tharres chroniques, et certains coulemens des mem-' branes muqueuses, tels que la leuchorre et la diarrhe. (87) On administre l'intrieur cette conserve , et seulement la dcoction de la fleur en lavemens ou en injections. C'est tort que les insulaires ont recours ces injec- tions dans les hmorragies utrines qui le plus souvent proviennent d'une vive irritation des membranes. On conoit que dans ce cas les molliens et les antiphlogis- tiques doivent tre prfrs aux toniques et aux ex- citans. EXPLICAT103S[ DE LA PLANCHE QUATRE CENT TROIS, Le dessin est rduit moiti de sa grandeur. 1. Branche de rosier marron rouge. 2. Son fruit, 3. Fleur de la varit jaune. 4. Son fruit. ( 88 ) k'V>VVVVV\lVVVk/\'VVVVVVVVVVVVVV\'V^'\VVVV\%VWVWW>WVWVWVWVWVVWVWWV vwvwvwvw vw *v* MORELLE ANSERINE. (^Anti-oplitalmiqiie astringente. ) Synonymie. Solanum Chcnopodioides. Lam. lUust. Gen. 234o Lin. Pentaiidrie monogynie. Tourn., classe des Infun- dibuliformes. Jussieu, famille des Solanes. Solanum caule inermi, subherbaceo; foliis ovato-oblongls, repando- sinuatis, subliirsutis ; junioribus subts tomentosis. So- lanum chcnopodioides acinis albescentibus. Feuil. Obs. 2 , t. 14. Caractres gnriques des Morelles. Calice cinq divisions *, corolle cinq lobes pointus ; cinq tamines anthres conniventes , s'ouvrant au sommet par deux pores ^ stigmate simple ^ une baie deux loges polys- permes , entoure la base par le calice persistant ; graines glabres. Caractres particuliers. Baie bleue ^ tiges minces ; feuilles longues , troites et dentes leurs bords. Histoire naturelle. D'aprs le rapport du P. Feuille e, cette plante, d'une humble stature, est trs-recherche par les mdecins de l'Amrique qui lui reconnaissent les vertus des Solanes. Caractres physiques. Cette Morelle est remarquable /'/. Jo^ y^e^c^rre J^e^^fur^t/'ie^ J^zn^x: . /^7"fV uhtt^ (89) par la ressemblance de ses feuilles avec celles de PAnse- rine, un tel point que, sans les fleurs , on pourrait presque les confondre au premier aspect. Sa racine se di- vise en plusieurs branches assez fortes, garnies de cheve- lus, et s'enfonce en terre de cinq six pouces. Il en sort une tige d'environ trois pieds, garnie de rameaux tals. Cette tige est lisse, lgrement anguleuse , sans pines , presque ligneuse, dans certains individus plus ramasss, herbace dans beaucoup d'autres. Elle est garnie de feuilles parses, alternes , ptioles , ovales , oblongues, tantt entires , tantt sinues , et anguleuses comme celle do FAnserine , d'un vert gai en dessus, blan- chtres en dessous , couvertes d'un petit duvet blanc , un peu rudes au toucher, aussi varies par leur grandeur quelles le sont par leurs formes. Les fleurs sont dispo- ses en ombelles latrales , simples , pauciflores ; le p- doncule commun se divise en trois ou quatre autres qui soutiennent chacun leur extrmit une petite fleur blanche, semblable celle do la Morelle noire , un peu pendante , divise en cinq segmens oblongs *, le calice est au moins une fois plus petit que la corolle , cinq divisions profondes, linaires , persistantes. Analyse chimique. Toute la plante contient une fcule verdtre , un principe lgrement narcotique, un peu de gomme et du malate de chaux. Proprits mdicinales. Les insulaires font, dit le P. Feuillt'c , un grand usage de cette plante dans cer- taines espces de fivres inflammatoires, accompagnes de diarrhe, ils pilent le bout des branches, en expriment le suc, et le mlent avec un peu d'alun , d'eau de rose , ( 90 ) et un jaune d'uf. Ils se servent encore de ce mme suc dans les maladies des yeux, ou quand leur vue s'affai- blit. Ils prtendent que ce remde en apaise les dou- leurs et dissipe les nuages de la vue. EXPLICATION DE LA PLANCHE QUATRE CENT QUATRE. 1. Racine. 2. Corolle grossie et ouverte pour laisser voir l'insertion des lamines. 3. Calice et pistil. 4. Etamine vue la loupe. 5. Fruit grossi coup transversalement. 6. Graine de grosseur naturelle. DOUZIEME CLASSE. DES VGTAUX SPCIALEMENT DIRIGES SUR LES PRO- PRIETES VITALES DE L^ORGANE DE l'*OUIE, OU PLANTES DITES ANTI-ACOUSTlQUES; SAVOIR : 10. Anti-acousliqucs raollicntcs. 2. Anti-acousliqucs slimulunles. # SOMMAIRE. Jj'oREiLLE, comme le dit Bordou , se dresse, se tend, s'ouvre et s'accommode, en quelque sorte, l'action et l'enlie des rayons sonores. C'est un oigane d'une sen- sibilit exquise, surtout chez les animaux, mais aussi ce sens est d'une susceptibilit extrme, ce qui rend trs-frquentes les aliraiions du systme auditif. La description anatomique ^e l'oreille tant dplace dans un trait de botanique usuelle, je renvoie le lec- lenr aux ouvrages qui traitent de cette matire, en me conlenlant d'indiquer les divers moyens thrapeutiques convenables aux genres d'altration de l'appareil auditif. Je commencerai par la dessiccation du crumen, ce suc jaune orang, que scrtent les glandes de l'oreille pour la lubrfaction de l'organe , et qui , par un effet mor- bide , prend quelquefois tant de consistance , qu'il s'op- ( 9^ ) pose la \iLinlion tlu son , en boucliant la caisse du tanil)our, et cause , par sa prsence iniporliinc , une sin- dit momenlan('e. Dans ce cas, des injet lions mollientes dlayant, dissolvant ce rsidu trop condens, la surdit cesse comme par enchantement. Souvent on ajoute aux dcoctions mollienles anti-acoustiques, une huile douce telle que celle de lin , de ben , d'amandes de Coco , etc., dont FeUet est adoucissant. Quelquefois la surdit provient de l'obstruction de la tompe d'cuslache que l'on fait cesser au moyen d'injec- tions dtersives par l'intrieur de la bouche. S'agit-il de Tocdusion de l'appareil auditif par des excroissances polypeuses? Le docteur Alibert, qui a observ celte alt- ration riirpital Saint-Louis , a guri le jeune vnrien qui en tait l'objet , par des injections lgrement astrin- gentes aiguises avec la liqueur de Van-Svviten. Dans le cas o la surdit se dclare la suite d'une dtonation prolonge de pices d'artillerie ou de tout autre effet violent qui dchire souvent la membrane du tympan, on doit recourir des injections anodines et lgrement toniques , ou des fumigations de la mme nature. Quelquefois la surdit est e rsultat du relchement de la membrane du tympan. Alors il faut recourir des agens thrapeutiques, un peu stimulans, tels que fumi- gations sches de rsines odorifrantes. Si la surdit a pour cause une susceptibilit organique nerveuse d'une excessive sensibilit , on associe aux fu- migations prcdentes des anti-spasmodiques odorans ou ftides suivant les cas , tels que le musc, l'ambre , le cas- oreum et Vassa-ftida. La surdit qui provient d'une mtastase laiteuse, va- (93) riolique , psoiique, ailliriiique, dartreuse, etc., se gurit facilement en dtruisant la cause par un traitement ap- propri chaque genre cVaffection quon doit d'abord rappeler Tendroit primitif pour la traiter ensuite par les moyens rationnels. La duret de l'oue et le tintouin , espce de bruit in- commode et continuel, tant souvent la suite d'affections morales tristes, ou d'excs en tout genre, ou d'une ap- plication trop long-temps soutenue , ou mme de veilles trop prolonges, on conoit que les agens thrapeutiques ne peuvent rien contre ces dsordres qu'on fait ais- ment disparatre , si l'on peut commander son imagi- nation, ou trouver quelque distraction ; si l'on est mo- dr dans les plaisirs^ si l'on vite une tude trop opi- nitre, et des veilles toujours nuisibles la sant. La membrane muqueuse qui tapisse le conduit au- ditif tant trs-impressionnable aux vicissitudes de l'at- mosphre , il s'ensuit que, par une transpiration inter- cepte , le passage du chaud au froid frappe cette mem- brane d'inflammation et constitue alors le catarrhe aigu de l'oreille. On doit combattre cette inflammation (l'o- tite) par les anti-phlogistiques , les saugsucs, les in- jections moUienles , les huiles, et surtout les opacies ou l'acide hydrocianique aprs la dpllion des vaisseaux. Mais si le catarrhe aigu passe l'tat chronique , les molliens prolongent le relchement de la membrane muqueuse, et on doit les remplacer par des injections astringentes et lgrement aromatiques , des purgatifs et des rvulsifs, tels que cautres, sinapismcs, vsica- loires. Les douleurs atroces qu'on prouve dans l'otite, tant produites par l'inflammation gnrale de l'organe , et Tome VI. \ 01^ Livraison. 8 (94) conscuivement par l'extension excessive de la mem- brane du tympan ; aprs l'explication des moyens anti- plilogistiques , on fait des lotions opiaces, ou des injec- tions de mme nature qui ordinairement calment mer- veilleusement ces douleurs pouvantables. /i>:> .'///''' //. ^(K> . 77ieJ>dore SfcfOfur^jPiTia:^ -Perfi' iPcal. =- \A''V. A cote; H (95) WW ,VVVVVVVVV'VVVVVV\A\/VVVVVVV\VVVVVVVVVVVV.VVVV'VVVVVV\VVVVVVVVVVV\V\^V\'VVV\4/VVVVVVVVVV\VVVVVV MORELLE POMME-D'AMOUB. ( ^nti-acousliqun molUente. ) Synonymie. Vulg. Tomate ctes. Solanum Ijcopersicum. Lam. Illiist. Gen. 233o. Lin. , Pentandrie monogjnie. Tournet'. , Infundibuliforraes. Jussieu , famile des Solanes. Solanum caule inermi , herbaceo ; foliis pin- natis incisis ; floribus septemfidis, fructu toruloso. So- lanura pomiferum , fructu rotundo striato molli. Bauh. Pin. 147. Solanum lycopersicum caule inermi herbaceo, foliis pinnatis incisis, racemis simplicibus. Lin. Spec. Plant. CARACTr.ES GNRIQUES DES MoRELLES.Calice Cinq divisions-, corolle cinq lobes pointus *, cinq tamines anthres conniventes, s'ouvrant au sommet par deux pores -, un stigmate simple \ une baie deux loges po- lyspermes , entoure la base par le calice persistant 5 graines glabres. CarActiires particuliers. Tige sans pines, herba- ce *, feuilles pinnes , incises \ grappes simples. Histoire naturelle. Le mot Lycopersicum est form \\\\\A\\V\'VV\VV\'Vk\\V\V>.VV\\V:i .'' A//y -/"l. ^o^ 7^iVci>rf Mf.rfou^-nl?,, Pfrt.l^ J'er-ee. ifcv/p l^,OllE AFBriLLES i>i^: GO^L^r^-E ( io3 ) occidental , au' lieu nomm la Pointe de Sable , et Saint- Domingue (Hati) , prs Ftang Miragoane , quartier du Petit-Goave. La forme de ses fruits est trs-remar- quable. Caractres physiques. Cet arbrisseau s'lve la hauteur d'un homme ou un peu plus, et a l'aspect d'une Guimauve , ou d'un Abutilon par son feuillage. Ses ra- meaux sont effils, cotonneux vers leur sommet^ ils sont garnis de feuilles alternes , cordiformcs , pointues , dentes, quelquefois un peu anguleuses, molles, coton- neuses et blanchtres, particulirement en dessous, o elles ont des nervures assez saillantes. Ces feuilles sont grandes, ont quelquefois cinq ou six pouces de lon- gueur, et sont portes sur des ptioles courts^ un de leurs cts est souvent plus court et moins large que Pautre. Les fleurs sont toutes latrales, axillaires , com- munment au nombre de deux dans chaque aisselle , portes sur des pdoncules courts. Le calice est presque labi ^ les ptales sont blancs; le pdicule floral est long et courb. Les capsules sont serres , forment un fruit pais, trs-lanugineux, contourn en spirale , pointes presque droites , selon Lamarck, et fruits eatirement cotonneux selon Plumier qui les a le mieux observs. Analyse chimique. Toute la plante fournit beaucoup de mucilage ainsi que les Malvaces^ dont elle possde tons les principes constituans. Proprits mdicinales. La dcoction de toute la plante est recherche pour gurir les phlegmasies de la peau et les inflammations des membranes muqueuses ; ( M ) c'est pourquoi on remploie avec beaucoup d'avantage dans les rysiplcs et les catliaries aigus de Toi eille , auxquels on donne le nom d'otite. Les Indiens du Ma- labar , o l'on trouve aussi cette plante , font usage du suc de ses racines dans l'empyme. L'infusion des fleurs est estime pectorale. 11 ne faut pas ratisser les racines , car elles fournissent tant de mucilage qu'elles rendent les tisanes paisses , ainsi que les racines de guimauve. La dose est d'une once pour deux pintes d'eau. On lui associe d'autres plantes , de vertus diffrentes, selon la maladie o l'on veut s'en servir. Dans la nplirite et Tischurie, par exemple , on ajoute des fleurs de Gombo, la racine de Nympha dont il sera parl au huitime et dernier volume de cette Flore. On peut aiguiser ces boissons avec un scrupule de nitrate de potasse. L'Isore convient dans toutes les maladies inflammatoires , dans la gastrite, l'entrite, etc. , surtout lorsqu'on a fait pr- cder son emploi par des saignes locales sur la partie afl'ecte. Les feuilles de la plante servent pour les lave- mens adoucissans et molliens, dans les cataplasmes et fomentations de mme nature. On les ajoute aux farines rsolutives pour les appliquer sur les tumeurs lorsqu'il y a diathse inflammatoire. L'huile dans laquelle on a fait bouillir toute la plante entre fleurs et semences , et la cire offrent un crat trs-adoucissant dont on ap- prcie l'avantage dans les gerures des mamelles, sur- tout en y ajoutant un peu de sucre en poudre. EXPLICATION DE LA PLANCHE QUATRE CENT SEPT. La figure est rduite moiti de sa grandeur. 1. Ptale. ( 5 ) 2. Calice et tamines. 3. Calice sans tamines. 4. Etamine. 5. Spirale droule. 6. Graines. 7. Portion de la spirale grossie. ( inC. ) W^^'VV\'^ V^.V\-V^ VVWX'XW'^VV V VV W W\WVV vV^Wv l'\^\v>VV%W w*vv>vv AVOIRA DE GUINE. (^Anti-acoustique emolliente. ) Synonymie. Vulg. '^Palmier Crocro. Elais guineensis. Lin. , Dloecic hexandrie, Palmiers. Elais frondibiis pin- natis ; stipitibus dentato-spinosis divergentibus ; denticulis supremis recurvatis. Lin. , Elais guineensis , Jacq. Amer. 280, t. 172. Palma caudice aculeatissimo , pinnis ad margines spinosis , fructibus majusculis , Brown , Jam. 343. Palma dactjliferaaculeata, fructu corallino major. Plum. Gen. 3. Aouara des Carabes. Aublet 976. Caractres gnriques des Avoiras. Genre de Pal- mier fleurs hermaphrodites ou polygames , dont les espces sont communment remarquables par leurs troncs ou leurs feuilles munies d'pines, et par leurs fruits qui abondent plus ou moins en huile , et en une sorte de beurre. Les fleurs ont un calice double : l'ex- trieur est de trois ou six pices , et Fintrieur six di- visions : les fleurs qui sont hermaphrodites mles ou striles, ont six tamines et un pistil qui avorte. Les femelles ont un ovaire ovale suprieur et surmont d'un style pais, qui est termin par trois stigmates. Le fruit est une noix ovale, lgrement trigone, enveloppe /o 2 .' Artf . /V. JoS ^Aeoe^oTif y^ed'it/uf-t'//!^ J'mjr. ^ere^ i/czi^ . ^VOlliA IW. V^V\^.. ( lo; ) . i^ftf . ( III ) \VVvVVVVVvVV>/VVV'VVVVVV\^VV*A'V"**<'/VA/*VWvWWVWVV>^V'W V^WVVlA'V>/WVWVWVWVW\^IVW%V^% LAURIER A FRUITS CYLINDRIQUES. (^ A nti' acoustique stimulante. ) SYNONYMIE. Vulg. Bois de Laurier. Bois de Cannelle. Laurus cylindrica. Lin. , Ennandrie monogynie. Tourn. , Arbres monoptales. Jussieu , famille des Lau- riers. Arbor excelsa aromatica , Lauri foliis in capitulum congestis, carnosis, et obscure viridibus ; floribus corym- bosis, exviolaceo-purpureis. Caractres GNRIQUES des Lauriers. Calice persistant, 6-8 divisions ^ corolle nulle ^ 3-i2 tamiues 5 un style -, un drupe supre, noyau monoloculaire , monosperme. Fleurs dioiques ou hermaphrodites j trois tubercules {{ilaniens striles) autour de Tovaire , termin chacun par deux soies ^ anthres attaches sur le bord des filets j deux glandes la base de chaque filet d'un rang int- rieur. Caractres particuliers. Fruit violet , cylindrique , sans cupule, et largement ombiliqu. Quatre semences de la longueur du drupe. Histoire naturelle. On donne ce Laurier le nom de Cupulaire dans l'Encyclopdie mthodique , et ce- pendant les fruits privs de cupules sont cylindriques et 9' ( 1.2 ) largenifint ombiliqus. Col arbre , assez commun dans les forls des Mornes levs , est gommeux el aromali- que : il fournit un bois incorruptible, blanc et bon pour la cbarpente. Cet arbre cioit aussi dans les terrains maigres. Plumier Ta trouv plusieurs fois, en novembre, cliarg de fleurs et de fruits, et butin par les abeilbs et les fourmis. Certaines castes d'Insulaires, dans les crmonies des funrailles , portent la main Les jets odorans du strile Laurier. Caiactres physiques. C'est, dit Plumier, un grand arbre qui s'lve prs de cinquante pieds , mdiocre- ment gros, d'un assez bel aspect, et droit. L'corce ex- trieure est lisse et noirtre tachete de blanc , l'interne blanche ou fauve , et mince. Les feuilles sont alternes, d'un beau vert fonc et luisant en dessus , plus pales en dessous et lgrement crneles sur les bords, re- courbes et ondoyes , garnies de nervures d'un jaune verdire , et d'un got d'herbe un peu acerbe. Les fleurs axillaires , portes sur de courts pdoncules, sont blan- ches , et places sur un calice extrmement petit qui entoure le placenta. Elles ont absolument l'aspecl de la fleur d'oranger : elles en ont aussi le parfum ml un sentiment de celles du Laurier et du lilas d'o vient son nom. Ses fruits cylindriques ont un large ombilic blan- chtre leur extrmit *, ils sont durs et recouverts d'une chair doucetre , violette d'abord , puis noire et ride. Le noyau renferme quatre semences de toute la longueur du fruit et dont les vers sont friands. Analyse chimique. Toutes les parties du feuillage ( ii3 ) contiennent un principe acre , volatil , huileux et aro- matique. Les baies en fournissent en quantit. On ob- tient aussi de la cire, de la chlorophylle rsineuse, un corps gras comparable du beurre de cacao, et un principe amer brun. On retire l'huile essentielle des baies par la coction dans l'eau bouillante , ou par la dis- tillation. Proprits mdicinales. La mdecine retire plusieurs prparations de ce Laurier. L'huile aromatique que fournissent ses baies, se prescrit intrieurement dans les paralysies la dose de quelques gouttes dans un v- hicule appropri la maladie. On l'emploie galement pour frictionner les parties engourdies , paralyses , ou affectes de douleurs rhumatismales. Un gros de cette huile ajout aux lavemens , les rend stimulans et propres exciter la membrane muqueuse intestinale dans le re- lchement qui lui survient quelquefois. La mme huile instille dans l'oreille , ou introduite dans la conque au moyen d'un bourdonnet en ouate , remdie souvent la surdit qui provient du relchement de la membrane du tympan. Les fruits de ce Laurier, schs et rduits en poudre, servent dans les cataplasmes anti-pleurtiques.. On fait avec l'huile de ce Laurier et de l'alcool camphr, un excellent liniment contre les douleurs de nerfs, les convulsions et le ttanos , aprs nanmoins avoir appli- qu , plusieurs reprises, tout au long du rachis, une certaine quantit de sangsues. Quelques dames croles font usage de la dcoction des feuilles en injections dans l'utrus, pour fortifier la membrane muqueuse qui revt cet organe si susceptible , et diminuer la trop grande quantit de srosits qui l'abreuvent. Je crois devoir leur f"4) conseiller d'viter, par de semblables moyens, de pro- duire la moindre irritation dont on n'a que trop souvent se repentir. EXPLICATION DE LA PLANCHE QUATRE CENT NEUF. Le dessin est rduit moiti de sa grandeur naturelle. 1. Ecorce. 2. Fruit entier. 3. Le mme coup horizontalement. 4. Fleur rduite moiti. /^ -./.' /y. ^/vvvvvvvv>vv^v\^A*^l^l*^^'*^/v\vv*^^^^x'>vv\vv^^%vv LAUROSE ODORANT. {Anti-acoustique stimulante. ) Synonymie. Nerium americanum odoratissimum. D. Lin. ^ Pentandrie monogynie. Tournefort, Rosaces. Jussieu, famille des Apocines. Nerium odoraliira foliis lineari- lanceolatis ternis, coroUarum eorona filamentosa, antheris supern barbato plumosis. Lamarck, Nerium indicum angustifolium , floribus odoratis simplicibus. Tournef. 6o5. Belutta-areli. Rheed. Malab. 9, p. 3, tab. 2. Varit flore incarnato et flore albo. Var. b. idem corollis limbo duplici, interiore majore. Nerium latifolium indicum , floribus odoratis plenis. Tourn. 6o5. Tsjovana-areli^ Rheed. Mal. 9, p. i , t. 1. Vulgairement Laurier rose fleurs doubles. Caractres GNRiQuESDEsLAUROsEs.Genrede plantes fleurs monoptales de la famille des Apocins , qui a des rapports avec les Franchipaniers et les Echites , et qui comprend des arbrisseaux toujours verts , feuilles opposes ou ternes , et fleurs disposes en corymbe terminal , et d'un aspect trs-agrable. Le caractre es- sentiel de ce genre est d'avoir une corolle infundibuli- forme, tube termin par une couronne lacre, frange, ( "G) ([ul liait de la base intrieure du liiube ; deux follicules droits , allongs , tlioits et semences plunicuses. CARACiiUESPATiTicuLiERS. Feuilles troites, lancoles, terncs ^ corolles courouucs , vivaces. Histoire waturelle. Ces deux lgans arbrisseaux, dont l'un est originaire des Indes-Orientales , croissent naturellement aux Antilles sur les bords des rivires et le long des ctes maritimes. Rien de comparable des lots forms par des bocages de ces arbrisseaux fleur>> clatantes et d'une odeur trs-suave. J'enviai plus d'une fois le modeste asile d'un pcheur amricain , dont l'humble ajoupa tait ombrag et moiti drob par des touffes normes de Lauroses odorans. O fleurs, en tous les temps gayez ma retraite ; Et plus heureux que moi, puisse un autre pote Peindre sous des crayons frais comme vos couleurs , Vos traits, vos doux instincts, vos sexes et vos murs. L'amour dont vos parfums enflamment le dlire , Souvent par vos bouquets tendit son empire : fleurs', qui tant de fois avez servi l'amour. Votre sein virginal le ressent son tour. Oui, vous n'ignorez pas les humaines dlices. Vainement la pudeur au fond de vos calices Cache de vos plaisirs le charme clandestin ; Les zphyrs les ont vus, et leur voix fortune Raconte aux verts bosquets votre aimable hymne. De Fontanes. Les Lauriers-Roses , ces cliarmans arbrisseaux, ont ins- pir les voyageurs et les potes. Chateaubriand, dans ( i'7 ) SOU Itinraire de Paris Jrusalem , dit en parlant de cej tains lieux consacrs aux spultures : Ces tombes taient fort agrables. Le Laurier-Rose y croissait au pied des cyprs qui ressemblaient de grands oblis- ques noirs ^ des tourterelles blanches et des pigeons bleus voltigeaient et roucoulaient dans ces arbres : l'herbe flottait autour des petites colonnes funbres que surmontait un tombeau. Une fontaine dirige par un philantrope Schrif, rpandait son eau dans le chemin pour le voyageur. Caractres physiques. Le premier Laurose odorant est un arbrisseau de six huit pieds, ranieux, toujours vert , fort agrable voir lorsqu'il est en fleurs, surtout la varit B. qui est des plus lgantes. Ses rameaux sont redresss, feuilles, verdtres , cylindriques, mais irigones vers leur sommet. Les feuilles sont opposes , ternes pour la plupart, linaires, lancoles, pointues , entires, glabres, coriaces, et munies en dessous d'une cte longitudinale saillante , avec des veines latrales , iransverses , nombreuses et fort petites. Les fleurs naissent en cime corymbiforme et terminale , sur des pdoncules comme articuls, munis d'caills ou petites bractes pointues et caduques ^ elles ont une odeur agrable , varient de la couleur rose au blanc pur , et sont remarquables en ce que la couronne situe la base interne de leur limbe est tout--fait filamenteuse, et en ce que les filets qui terminent les anthres , sont trs-barbus et comme plumeux , caractres qu'on ne trouve pas dans la varit B. Cette varit est de la plus grande beaut 5 elle donne, ( 8 ) pendant tout Tt, de gios bouquets de fleurs doubles ^ d'une couleur trs-vive , comme panaches (!e pourpre et de rose-clair, et qui joignent leur lgance une odeur agrable. Leur manire d'tre double est assez particuLre : leur corolle a deux limbes partags l'un et l'autre en cinq dcoupures largies et obtuses leur sommet^ le limbe intrieur est beaucoup plus grand que l'extrieur. La couronne de l'entre de la fleur est petite et filamenteuse , les filets qui terminent les an- thres sont runis et trs-barbus. Cultiv en Europe , cet arbrisseau charmant y fleurit difficilement en plein air, et il exige en hiver la serre chaude. Son suc propre n'est point laiteux, ce qui est assez singulier dans cette famille. ( Encycl.) Analyse chimique. Les deux espces fournissent une rsine odorante, une matire extractive brune, une substance glulineuse , de l'albumine et un lger acide. Proprits mdicinales. Je ne sais trop pourquoi on n'accorde que des proprits purement stimulantes aux Lauroses. Je ne conseille pas d'en faire usage , et je n'ai plac ces deux plantes dans cet article que parce que mon cadre des espces sternulatoires tait rempli. En effet les feuilles des deux espces mises en poudre sont un violent sternutatoire. Son eifet est lent, mais il se prolonge de manire exciter des hmorragies nasales. Les priseurs de tabac eux-mmes ne sont pas l'preuve de celte poudre hroque. Aussi pens -je qu'il faut en user avec la plus grande circonspection , et dans le cas seulement d'apoplexie , de lthargie et autres maladies qui rclament des moyens nergiques. ( "9 ) EXPLICATION DE LA PLANCHE QUATRE CENT DIX. 1. Couronne filamenteuse situe la base interne du limbe. 2. tamine. 3. Portion de la corolle. 4 Graine. l 120 ) ^A/^|\V' lVXiVVV\n\iVVVVV\VV\V\A\VVV\A(VVV%VVVVV% VV^'VV%V\A.VV>\VV\AV\A'VV^XV\MA'VVV vvt w^ CDREL ODORAINT. ( And- acoustique stimulante . ) Synonymie. Acajou planches. Cdre-Acajou. Bois de Cailcdra au Sngal. Cedrela odorata. Lin. Pcntan- drie monog-ynie. Jussieu, famille des Azdarachs. Cedrela floribus paniculatis. Lin. Cedrela cedro. Lfl. le. i83. Cedrela foliis pinnatis, floribus racemosis, ligno levi odoralo. Brown. Jam. i58, t. lo, f. i. Cedrus odorata. Mill. Dict. n. i. Cedrus Barbadensium, alatis fraxini foliis, etc. Pluk. Alm. 92, tab. 167, f. i. Pruno forte affinis arbor mnxim materie rubr lax odorata. Sloan Jam. Hist., 2 , p. 128 , t. 220 , f. 2. Mala. Raj. Suppl. Dend. 43. Jonsonie d'Adanson ; Maurepasia de Nicolson. Caractres gnriques des Cdrels. Calice cinq dents -, corolle infundibuliforme , pentaptale -, cinq ta- mines libres ; un style ; un siigmate en tte; capsule ligneuse, cinq valves, cinq loges polyspeiraesj graines membraneuses. Caractres particuliers. Fleurs en panicule. Histoire naturelle. Le Cdrel odorant croit dans les belles forts de l'Amrique mridionale. Son bois est /<)3^ Afi> . /V ' ^7J 'n^ft^irre J?arrt>ur-/OM.^:^T. ( "2. ) employ dans la construction des maisons, des barques et des pirogues. Comme il est tendre , on le creuse ais- ment, et sa lgret le rend propre soutenir de lourdes charges sur l'eau. On en fait aussi des boiseries, des es- sentes, des baignoires, des canots d'une seule pice; et il est d'autant meilleur pour en construire des armoires, que son odeur aromatique et son amertume se commu- niquent tout ce qu'on y renferme , et empcbent les in- fectes d'y dposer leurs ufs. Dans les les franaises de l'Amrique, on l'appelle Cdre-Acajou : le nom de Cdre lui a t donn cause de sa rsine aromatique. Le Cdrel odorant , dit\irey (Journ. dePbarm., fv. iSS , p. B), est apport du Sngal pour les bnistes. Originaire d'Amrique et transport au Sngal, son bois rougetre, sans aubier, est tendre et s'emploie pour les meubles t les vaisseaux. On en fait des pirogues d'une seule pice, de quatre pieds de largeur sur vingt pieds de longueur. Etant frais, toutes les parties de l'arbre ont une odeur nausabonde , mais qui est plus agrable l'tat sec ; lorsqu'on racle son bois, il en dcoule une rsine odorante , transparente comme la gomme arabique , amre, qui imprgne ce vgtal et le dfend des insectes, ainsi que de l'action destructive de l'eau sous laquelle ce bois peut rester long-temps sans se pourrir. CAEACTiERES PHYSIQUES. Lc Cdrcl odoraut est un grand et trs-bel arbre qui a beaucoup de rapport avec le Ma- liogoni (Swietenia ou Acajou mouchet. Voyez i"" vol., pi. 99, p. 125) par la conformation de ses fruits, mais qui s'en loigne un peu par le caractre de ses fleurs. Son tronc est droit et fort lev; son bois est tendre, lger, rousstre , odorant; et a une corce d'un got et d'une ( 122 ) odeur naicoliqucs et dtestables dans sa IVaclieur. Son feuillage lui-mme rpand dans les temps chauds une odeur dsagrable et dangereuse. Ses branches sont garnies de feuilles alternes, longues de plus d'un pied, ailes sans impaire, et composes de deux ranges de fo- b'oles ovales-lancoles, acumines , entires^ glabres, nerveuses, et un peu ptioles. Ses fleurs sont petites, d'un blanc jauntre , et disposes en grand nombre sur des grappes rameuses et panicules. Chaque fleur consiste : i en un calice trs-petit , monophylle, campanule , et qui se fltrit lorsque le fruit se dveloppe; 2 en cinq ptales ovales-oblongs, obtus, droits , rapprochs en forme de tube court , et adns au rceptacle dans leur partie infrieure 5 3" en cinq lamines moins longues que les ptales, et dont les fila- mens sont aussi adns au rceptacle; 4 ^^ ^^^ ovaire suprieur , globuleux, port sur un rceptacle un peu lev dans la fleur, jauntre et quinquangulaire. L'ovaire est surmont d'un style de la longueur de la corolle , et dont le stigmate est en tte un peu aplatie en dessus. Le fruit est une capsule ligneuse, ovale, cinq loges, qui s'ouvre par son sommet en cinq valves caduques , ayant dans son milieu un placenta ligneux , libre et quinquangulaire, et contenantplusieurs semences munies latralement d'une aile membraneuse. Analyse chimique. On retire du feuillage et du bois un extrait amer et nauseux ; les fleurs fournissent une huile essentielle assez agrable. La rsine contient un arme particulier, une huile acre, volatile, une matire ( 123 ) ijolorante, extractive; de la gomme, de ramidon et de i'actate de potasse. Proprits mdicinales. L'extrait du bois de Cdrel odorant, suivant Virey, est fbrifuge; ses fleurs passent dans le pays pour anti-spasmodiques et se prescrivent en infusion thiforme. Cette mme infusion, plus fortement imprgne des vertus des fleurs , sert injecter dans les oreilles, la suite d'un catharre aigu, pour fortifier la membrane et s'opposer son relchement. C'est dans le mme but qu'on reoit dans l'oreille , au moyen d'un entonnoir renvers , la fume de la rsine qu'on a r- pandue en poudre sur des charbons allums. EXPLICATION DE LA PLANCHE QUATRE CENT ONZE. Le dessin est rduit au tiers de sa grandeur. i. Fleur ouverte. 2. Calice. 3. Capsule entr'ouverte. 4. Graine aile. ( ^i ) W IW> A/V^'V\-:^ ( "-5 ) Histoire naturelle. Le mot latin Aniyris est tir dii verbe grec muro , je coule j car toutes les espces de cette famille donnent des rsines plus ou moins odorifrantes. Les anciens versaient des parfums sur les htes auxquels ils offraient l'hospitalit. Pour conserver au moins les restes d'une amante , Il panche sur elle une essence odorante. O toi que ta beaut dut mettre au rang- des dieux Ah! du moins en odeurs tu monteras aux cieux Il dit; et de nectar la terre parfume, Change en germes fconds la victime embaume. Sorti de sa racine , un arbre en mme temps S'lve sur sa tombe, et distille l'encens. De Saint-Ange , Trad. des Mtamorph, Les Balsamers fournissent une espce d'encens. Lors- qu'on les coupe , il suinte de l'incision une matire gommo-rsineuse. On se sert des clats de ce bois allum en guise de flambeaux ou de torches. On fait avec le mme bois des rnanches de haches et autres outils , des canots, des pieux, des pilotis incorruptibles. On les emploie aussi dans la construction des maisons. La r- sine en se desschant devient d'un rouge brun , offre l'odeur de citron , et sa partie grossire sert goudronner les vaisseaux. Les Balsaniiers , d'aprs Chateaubriand , sont l'image du cur humain \ ils ne donnent leur baume pour les blessures des hommes , que lorsque le fer les a blesss eux-mmes. Car le coeur de l'homme est comme l'ponge du fleuve qui tantt boit une onde pure dans les temps de srnit , et tantt s'enfle d'une eau bourbeuse quand le ciel a troubl les eaux. Tome VI. io^^ Livraison. lo ( 1^6 ) , Caractres tiiysiques. Le Halsamicr de la Guiaiie (>sL un grand arbre qui , comme un rliene , s'lve cin- quante pieds de liauteur, et dont le tronc est pais, droit, liant d'environ vingt pieds dans sa partie nue, et donne ensuite naissance des branches fort tendues de tous cts , qui lui forment une vaste cime. Son corce est nnie et gristre, ses feuilles sont ailes avec impaire , et composes de cinq folioles ovales ou ar- rondies , ptioles , et un peu paisses. Les fleurs sont petites , composes de quatre ou cinq ptales d'un rouge brun, et disposes en grappes axillaires. Elles produisent des baies ovodes dont la pulpe est rsineuse , et qui renferment chacune un noyau de mme forme. Analyse chimique. La rsine qu'on retire du Balsamier est un peu liquide et d'une odeur agrable de citron. On y trouve un corps gras, une matire colorante jaune, du sucre, de la gomme , un principe amer et aromatique. Proprits mdicinales, La teinture alcoolique de la rsine du Balsamier de la Guiane anime et aromatise convenablement les injections que l'on pratique dans les oreilles pour resserrer la membrane trop relche du tympan. On emploie aux ambulances la rsine du Bal- samier , comme vulnraire, dans les digestifs dont on recouvre les plumaceux. Les vieux Ngres pansent avec leurs ulcres sordides. La teinture est trs-utile pour modrer le flux excessif de certaines leuchorres , le crachement de sang et les hmorragies. Dans d'autres cas, cette teinture fortifie l'estomac, le cur et le cer- veau, en acclrant la circulation. On en donne aussi aux phthisiques jusqu' dix gouttes dans un verre de lait. Plu- ( 1^7 ) sieurs as tlinia tiques qui ont fait usage de la teinture se sont trouvs Irs-soulags. Mode d'administration. La dose de cette teinture est de quinze vingt gouttes sur un morceau de sucre. On en fait des bols que l'on prend envelopps de pain chanter. EXPLICATION DE LA PLANCHE QUATRE CENT DOUZE. Le dessin est de grandeur naturelle. i . Tronc d'o dcoule la gomme rsine. 2, Fleur vue en face. 3, Calice. 4. Grappe de fruits. 5. Fruit ouvert verticalement pour laisser voir le nojau 10* TREIZIEME CLASSE. DES VEGETAUX SPECIALEMENT DIRIGES SUR LES PRO- PRIETES VITALES DE L^ORGANE DE L^ODORAT , EN IRRITANT OU TITILLANT LA MEMBRANE MUQUEUSE NASALE. 1. Plantes dites sternutatoires irritantes. 2. Plantes dites errhines titillantes ou srifuges. SOMMAIRE, N donne le nom de plantes sternutatoires celles qui ont la proprit d'exciter les filets nerveux de la membrane muqueuse qui tapisse Vorgane de l'odorat , et de provoquer un coulement plus ou moins abondant de srosits liquides ou paisses qui servent lubrifier la surface interne du nez et des autres cavits voisines , et dont la scrtion trop abondante engoue quelcjuefois d'une manire incommode les follicules de la membrane qui les recle. Mais il est rare de parvenir produire cet coulement sans provoquer Tternuement ^ c'est alors que ces plantes justifient leur litre de sternuta- toires , tandis qu'on les appelle errhines ou srifuges , lorsqu'elles facilitent seulement l'coulement des scr- tions nasales sans provoquer l'lernuement. ( 1^9 ) Le mouvement convulsif est quelquefois utile la sant en maintenant la souplesse de la membrane pitui- taire , et en expulsant ces mucosits paisses qui all- rent ses fonctions. L'ternuement , par la secousse qu il fait prouver tous les systmes , augmente la vitesse de la circulation, et, par suite de rinfluence nerveuse sur l'appareil vasculaire , prvient quelquefois la tor- peur du sang et Tpaississement de la lymphe. Cependant si l'ternuement provoqu en certains cas a ses avantages , il est des circonstances o il offre des inconvniens et mme des dangers. Il peut augmenter l'pistaxis et le rendre mortel. Un trop violent bran- lement de la membrane peut causer la ccit , l'pilep- sie , des pertes utrines et mme l'apoplexie. On attribue ntanmoins quelques proprits utiles aux sternutatoires, soit pour gurir, soit pour prvenir cer- taines maladies , soit en augmentant la scrtion de la membrane pituitaire , soit en provoquant des larmes , soit en prvenant la congestion du cerveau par la se- cousse et la dpltion de ses vaisseaux intrieurs , ceux des yeux , des oreilles et mme des carotides. On a vu plusieurs fois des cphalalgies opinitres et des odontalgies qui avaient rsist au traitement le plus rationnel cder l'emploi de poudres sternutatoires. Ce phnomne peut s'expliquer lorsqu'on rflchit que les nerfs de l'odorat ont une connexion trs-rapproche avec ceux du cerveau et de ses annexes. Les sternutatoires, sagement administrs , peuvent donc convenir pour dtourner, diviser les congestions qui ont lieu par suite de l'inertie et du dfaut de con- traction des vaisseaux lymphatiques. Ils conviennent aussi dans le cas d'atonie viscrale , pour donner une secousse ( 3o) salutaire la masse des humeurs. Hippocrate , dit le docteur Alibert , les prescrivait dans les maladies hy- pocondriaques et hystriques; dans les fivres sopo- reuses , dans les paralysies, les catharres chroniques, etc. Le docteur Hildebrand , au contraire , qui a crit ( ex professa ) une dissertation sur le danger des sternuta- loires dans certaines apoplexies , a prouv qu'il tait trs-dangereux d'y recourir dans celles appeles san- guines , et qu'on ne peut en trouver l'application utile que dans les apoplexies sreuses , encore faut-il n'en user qu'avec la plus grande prcaution. On les avait proposs, dit Alibert, pour expulser le placenta dans les cas de l'inertie de l'utrus, mais je prfre l'action directe du seigle ergot cette raction sympatique du cerveau sur l'utrus. ^T/uufdore -PeJVMitr-li/'-,, Z'/hai ar-el Jczcl- NCOTIANii: TABAC% ( i3 ) |^^lvvv%\'VV*'v\^lVV^lVVVv\vv^'VV^vv\'Vv\lVV^^/vvvvvvvvvvvvv^vvx\vvv^**A^/v^'^v^vv\lVV^vv^ /w^w^(W rsICOTIANE. (Sternutatoire .) Synonymie. Vulg. Tabac. Ptun. Herbe la reine. N- cotiana tabacum ; foliis lanceolato-ovalis sessilibus decur- rentibus , floribus acutis. Linn , Pentandrie monogynie. Jussieu, cl. 8, ordr. 8, famille des Solanes. Hjos- cyamusperuvianus. Dodon. Pempt.452. En Espagnol et Portugais : Tabaco. En Anglais : Tobacco. En Br- silien : Petmne, En Mexicain : Quauhyeti. En Ca- rabe : Youly. Caractres gnriques des Nicotiaines. Calice per- sistant cinq divisions ^ corolle infundibuliforme \ limbe divis en cinq lobes ; cinq tamines ^ un ovaire sup- rieur -, un style \ un stigmate chancr. Le fruit est une capsule ovale , deux loges , deux valves , s'ou- vrant au sommet ^ les semences nombreuses , attaches un placenta adhrant la cloison. Caractres particuliers. On en connat plusieurs es- pces : savoir: i iV. Tahacwn^ feuilles lancoles , ovales , sessiles dcurrentes ^ fleurs aigus ( naturalis en Europe )j 2" N. riislica^ k feuilles ptioles , ovales, Irs-entires , fleurs obtuses et verdtres ( Amrique ( l32 ) mridionale ) ^ 3' N. paniciilata, feuilles ptioles, cor- diformes trs-entires ; ileurs panicules , obtuses, en massue. ( Prou. ) Histoire naturelle. Le nom Nicotiane a t donn cette plante en souvenir de M. Nicot , ambassadeur de France k la cour de Portugal, qui la rapporta en France et la prsenta la reine de Mdicis en i55o *, de-l Ilerhe la reine. Le Tabac a eu ses pangyristes et ses dtracteurs. Le pape Urbain VIII excommuniait ( ipso facto) tous ceux qui prenaient du Tabac dans les glises. Clment XI ne fut pas aussi svre, car il ex- communia seulement pour l'Eglise de Saint-Pierre, point dans les parvis et autres glises. Les prtres Ca- rabes au contraire ne pouvaient lire dans l'avenir qu'au travers de la fume de Tabac qu'ils humaient en tom- bant en crise. Amurat IV, empereur des Turcs, le Czar et le Roi de Perse en dfendirent l'usage leurs sujets, sous peine de la vie ou d'avoir le nez coup. Jacques Stuart , Roi d'Angleterre , et Simon Pauli ont fait un trait sur le mauvais usage du Tabac , que l'on prend, comme tout le monde sait , soit rp en poudre par le nez , soit en feuilles au moyen d'une pipe , soit comme moyen de mastication , action que les matelots appellent chiquer. Le P. Labat dit que le Ptun devint une pomme de discorde entre les savans , l'poque o un jeune mdecin soutint une thse contre l'usage du Tabac la- quelle devait prsider M. Fagon. Il chargea de le rem- placer un confrre dont le nez , dit M. Poiret , ne fut pas d'accord avec la langue , car on remarqua que pen- dant tout le temps que dura l'acte , il eut la tabatire la main , et ne cessa pas un moment de prendre du Tabac. ( i33 ) L'usage du Tabac peut convenir en fume pour le mal de dnis , pour rendre les soldats et les matelots moins sensibles la disette de vivres, et pour les prserver des attaques du scorbut. En Europe , en Turquie , en Perse , et mme en Chine , on se sert de la pipe pour fumer ; mais les Carabes des les Antilles ont une autre faon trs-singulire, dit Poiret , et qui nuit beaucoup la force de Todorat et de la vue. Ils enveloppent des brins de Tabac dans certaines corces d'arbre , flexibles et minces comme du papier -, ils en forment un rouleau , l'allument , en tirent la fume dans leur bouche , serrent les lvres , et d'un mouvement de langue contre le palais , font passer la fume par les narines. Dans les deux presqu'les de ITnde , et dans les les de l'Ocan oriental , presque tous les peuples idoltres fument des chirontes ou petits rouleaux de feuilles de Tabac , appels cigarres en Amrique. Les mahomtans du Mogol et de l'Inde fument avec un gar- goulis double ; l'un sert recevoir la fume travers de l'eau , et l'autre contenir le Tabac et le charbon allum. Cette fume de Tabac est trs-douce et beau- coup plus agrable. En Amrique le Tabac vient trs-haut; on emploie ses feuilles pour faire le Tabac en corde , mcher et en poudre. C'est en aot et septembre qu'on ramasse les feuilles des plantes dont on a coup les sommits des tiges pour les empcher de fleurir. C'est moins par la diversit des feuilles de Nicotiane , dit Valraout-Bomare , que la prparation qu'on leur fait subir ( en y mlant du sirop de sucre , de Feau de pruneaux , de l'eau de bois de violette , ou de bois de rose , de fve lonka, ou de cascarille), qu'on parvient produire de la diffrence ( 'M) dans les son es de Tabacs connus sous les noms de : Tabac du sultan , Tabac des caravanes , Scaferla du Lev^ant , de Cariasse , d'Andouille de Saint- prince nt ou Cigale d^ Amrique , de Rolle de Monlauban , de Briquet du Brsil^ etc. La nature du climat, le temps de la rcolte , l'espce de lessive dont on arrose les feuilles , le m- lange de Tabac d'un pays avec celui d'un autre , tout contribue lui donner une certaine couleur , saveur et odeur. Celui de la Havane et de Sville , vulgairement appel Tabac d' Espagne , est prpar sans aucune drogue odorifrante. Le Tabac est connu , cultiv et en usage dans les quatre parties du monde. L*Arabe le cultive jusque dans ses dserts ^ les Japonais, les Indiens, les Chinois font usage du Tabac qui est encore un prsent de l'Am- rique. C'est tort que l'on conserve dans des vaisseaux de plomb le Tabac en poudre , qui la longue peut oxider ce demi-mtal , et produire des accidens ceux qui en font usage. La fume du Tabac engourdit lgrement , et la pipe, dit Virey, est une invention des sauvages de la Floride pour distraire dans la stupeur les longs ennuis d'une vie insipide et monotone. Quelle ressource pour le ngre priv de sa libert qu'on voit la porte de sa case, assis, les jambes croises, sur une natte ou sur un cuir, exhaler avec ses soupirs la fume enivrante de sa pipe en promenant silencieusement ses regards autour de lui et rvant son esclavage! 'o' Caplctres physiques. Les trois espces de Tabac cultives aux Antilles s'y distingent sous les modifica- tions de grande mojen et petit. On les emploie gale- ( 35 ) ment en mdecine , mais Ja premire est toujours pr- fre. L'histoire du Tabac est trop connue pour qu'il soit besoin d'en faire une nouvelle description *, je me contenterai donc de dire que cette plante a une tige plus ou moins leve , suivant les espces , mais qui ne dpasse jamais cinq pieds de hauteur. Elle est velue , cylindrique , moelleuse. Les feuilles sont amples et cotonneuses , lancoles ou cordiformes , sessiles ou piioles , suivant les espces^ alternes, nerveuses, un peu jauntres en vieillissant -, glutineuses au toucher, d'un got acre , et teignant la salive. Les fleurs sont infundibuliformes et ramasses par paquets terminaux , de couleur purpurine ou ferrugineuse , ou verdtre sui- vant l'espce. Les lamines, lors de la fcondation, se rassemblent prs du pistil qu'elles embrassent troite- ment pour y dposer leur pollen!... Ce mouvement m- canique , sensible , admirable , prouve la vitalit des vgtaux. Elles s'en sparent lorsqu'elles ont commu- niqu leur vertu prolifre la partie femelle de la plante. Aux fleurs succdent des fruits membraneux , oblongs , biloculaires , contenant une grande quantit de graines rougetres et trs-huileuses. Analyse chimique. Suivant Vauquelin , le suc des feuilles fraches contient une huile brune -, une matire animale rouge , soluble dans l'eau et l'esprit-de-vin , prcipitable par l'actate de plomb , et qui ne se con- crte pas lorsqu'elle est expose la chaleur ; albumine ^ fcule verte -, acide malique ^ acide actique j hydro- chlorate d'ammoniaque 5 nitrate de potasse ^ hydrochlo- rate de potasse et malate de chaux. Les feuilles con- tiennent en outre de l'oxalate et du phosphate de chaux. ( '36 ) et donnent par Tincinralion de la silice et un peu de fer. Les eiels du Tabac doivent tre attribus une matire cristalline, acre, que contient Fliuile brune. Prophits mdicinales. Le docteur Angclo Melis- sino, de Cphalonie , a publi en i8i3 , Padoue, une dissertation trs-curieuse sur l'action et l'usage du Ta- bac dont voici l'extrait. Le Tabac est devenu depuis long-temps d'un usage liabituel pour beaucoup de per- sonnes -, de quelque manire qu'on le prenne , soit en fume par la bouche, soit en poudre par le nez , soit en masticatoire, il agit toujours comme irritant local, s- datif du systme nerveux gnral , et troublant d'une faon spcifique les fonctions de l'estomac ^ car il pro- duit des nauses, des vomissemens, la cardialgie, etc. L'efifet immdiat de l'application du Tabac est la sortie d'une abondante quantit de liquides par les parties avec lesquelles il est mis en contact. Mais Fac- tion spcifique de cette substance sur l'estomac est dmontre par les vomissemens que produit quelquefois une petite quantit de cette poudre introduite dans le nez , ou mme, comme l'a prouv l'illustre Fontana^ quelques gouttes d'huile de Tabac introduites dans des plaies faites des animaux. Les vomissemens et les au- tres accidens convulsifs occasions par des applications de Tabac, ont t quelquefois jusqu' produire la mort, ce qui a conduit la plupart des mdecins en proscrire l'emploi. L'action sdative du Tabac, qui produit la longue une sorte de stupidit , peut tre sans inconvnient sup- prime tout--coup , dit le docteur Montgrc , mais il n'en est pas de mme de l'action irritante que l'on ne ( '37 ) pourrait , dans plus d'un cas , supprimer sans danger. Le Tabac pris en poudre par le nez peut tre quel- quefois utile, en dterminant une abondante vacuation de mucus , et prvenant les engorgcmens humoraux des parties voisines , et les fluxions qui peuvent les attaquer : il produit en outre un lger excitement du cerveau, qui facilite momentanment l'exercice des fonctions intel- lectuelles. Quelquefois cependant cette poudre dter- mine une telle irritation , qu'il en rsulte un coriza perptuel qu'on ne peut faire cesser qu'en supprimant tout--coup le Tabac. Le Tabac en fume ou en masticatoire russit souvent dans les odontalgies rliumatiques \ mais , comme le pense l'auteur , on obtiendrait sans doute les mmes avantages d'un autre irritant qui n'aurait pas, comme le Tabac, l'inconvnient d'tre sdatif ou plutt stupfiant. L'usage habituel de ces irritans n'est cependant presque jamais sans inconvnient , et par exemple l'afflux sanguin qu'ils dterminent sur les gencives , doit sans doute disposer ces parties aux alfections scorbutiques, ainsi que l'a observ le docteur Alibert. Pareillement l'abus du Tabac en poudre a produit quelquefois des enchi- frenemens ou enrouemens que l'on n'a pu gurir qu'en renonant cette substance. Parfois encore la dperdi- tion d'une trop grande quantit de salive produit un drangement des digestions et un amaigrissement pro- gressif, et d'autres accidens qu'on ne peut encore faire cesser qu'en supprimant le Tabac. (Gazette de Sant du 1 1 juin 1814.) On a vu l'usage immodr du Tabac chez des per- sonnes sanguines et d'une constitution sche et irritable, causer des vertiges, la ccit, la paralysie, etc. c '? ) On devrait proscrire l'usage* inlrieiir du Taljac. (jui, en sa (ju.ilil de drastique violent, provocjue des vo- niissemens excessifs. On cite dans le nouveau Journal de l\uis (24iviil 1828 ) l'exemple d'un individu qui au milieu d'une runion joyeuse fut la victime de la fa- talc imprudence d'un des convives. On fait cesser l'i- vresse du Tabac avec le jus d'oseille, ou tout autre acide ; c'est pourquoi Ton conseille aux fumeurs non habitus , de mclier de la pomme ds qu'ils se sentent tourdis. Il n'est donc permis qu' un mdecin clair de l'ad- ministrer l'intiieur dans des circonstances dses- pres o il faut donner une violente secousse la machine, comme dans l'apoplexie sreuse, la lthargie et mme l'pilepsie , si l'on a l'intention de donner une commotion au systme nerveux. Mais souvent encore on a se repentir de son usage , puisqu'aprs un succs apparent le malade retombe dans un assoupissement plus inquitant et souvent accompagn de convulsions , de vomissemens, de sueurs froides et collicatives , et d'un pouls effac. Mais cessons de dcrier cette plante nergique , sous peine de nous laisser lapider par les insulaires qui ont pour elle une haute vnration , et droulons la liste des cures qu'elle opre aux colonies dans les diverses cir- constances o elle est employe. Le Tabac ml au Roucou sert dtruire la vermine et les chiques qui entretien- nent les ulcres des Ngres. On n'emploie le mercure dans les maladies vnriennes que lorsqu'elles n'ont pu cder au suc de Tabac cju'on prescrit avec succs contre les tumeurs, et le combinant avec le baume d'Hed- widgie. La fume du Tabac calme souvent le mal de dents , ( 39 ) apaise la faim , et , quoi qu'on en dise , prserve des at- taques da scorbut. Aussi les militaires et les marins s'en servent-ils comme d'un moyen prophylactique accrdit par des sicles d'expriences. Un lavement de cette fume produit souvent la mi- nute une utile rvolution sur l'intestin trangl dans une hernie. Un lavement de quatre feuilles nouvelles de Tabac vert fait oprer une mdecine qui restait sans effet. Les feuilles vertes recouvertes d'huile et appliques tides sur une douleur quelconque paraissent en di- minuer la violence. Il en est de mme des feuilles du Sablier (Ilura cvepitans'). Nicolas Mouard (Hist. Md. des Plantes, chap. i4) dit que les feuilles vertes de Tabac appliques chaudes , et souvent renouveles , sont un remde efficace pour calmer les douleurs qui accompagnent le ttanos. Il ajoute que les Indiennes de la Nouvelle-Espagne , pour dtruire les levains glaireux qui se forment dans l'estomac, en appliquent sur la r- gion pigastrique , aprs y avoir fait une onction d'huile chaude, qu'elles les renouvellent frquemment et en continuent l'usage jusqu' ce que les levains soient en- trans par le bas. Les douleurs du ttanos se faisant particulirement sentir au long du rachis , la nuque et aux angles des mchoires , on fait une onction d'huile chaude sur les parties , on y applique ensuite une suf- fisante quantit de feuilles de Tabac poses les unes sur les autres. Ou purge et le soir on donne une potion calmante. La graine de Tabac est souvent employe contre le priapisme ^ de-l le nom de Priape donn la troisime espce. Poupe-Desportes recommande l'in- jection du suc de Tabac vert contre les hmorragies ; il recommande les feuilles pour les cataplasmes rsolutifs. ( 4" ) Il uVst pas gnc'ialt'inent reconnu que Tusagc du Tabac en poudre alliiiblisse la ninioiie, car j'ai rexeuiple d'un oncle ^ de 90 ans, homme de cabinel , (|ui le Tabac fut ordonn ds Page de 18 ans pour cause de sant ^ il en prenait avec excs, et il conserva jusqu' sa mort une mmoire si prodigieuse qu'il citait des tirades de plusieurs centaines de vers , et excellait dans les -propos dont il gayait les socits toujours disposes l'en- tendre, tant il tait aimable, enjou, et peu habitu se rpter, son rpertoire tant richement meubl, et on peut dire inpuisable. On assure nanmoins que les Chinois , antagonistes des proprits de celte plante , ont dfendu aux Amricains diniporter dans leur pays du Tabac : la note suivante a t envoye M. Wilkodes , consul amricain Canton : Nous vous faisons savoir que l'immondice qu'on em- ploie pour fumer est dfendue par ordre suprieur, et il ne sera plus permis d'en importer Canton. Le navire qui Taura bord sera de suite squestr. Nous vous prions, clier frre , d'en donner avis M. le Prsident de votre pays , afin qu'il sache que l'immondice employe pour fumer est dfendue dans notre empire cleste ! 1 Les Hattiers ou gardiens d'animaux traitent la gale , la gratelle et le farcin avec la cendre de Tabac. EXPLICATION DE LA PLANCHE QUATRE CENT TREIZE. Le dessin est rduit au tiers de sa grandeur, 1. Fleur de grandeur naturelle ouverte. 2. Calice ouvert o l'on aperoit l'ovaire et le pistil. 3. Fruit coup transversalement. 4. Graine. //. //./ 77m>i/i}rt' /ieurdSpi/^/f/^ /otr ft^rt/ Jcic^ l:AAEiElt :i>E LA i"MNJ< r,. ( '4i ) /t A'VVWV.VWWWVWVtWWVVVVWX VWv'WWWWVW WWWWVWVWWWVW VWV\'VWVW'\tlV\W\V\% FAGARIER DE LA GUIANE. (^Steniutatoire. ) Synonymie. Vulg. Bois de Sngal. Poivre du Japon. Tacainahaca d'Amrique. Poivre des ngres. Cocatin des Garipons. Fagara guianensis. Lin. , Ttrandrie monogynie. Jussieu, famille des Trbinlhaces. Fagara foliis pinnatis inermibus ; floribus paniculatis pentandris , capsulis subquinis. Lamarck , Fagara pentandra. Au- blet , Guiane, 78, t. 3o. Caractres gnriques des Fagriers. Genre de plantes fleurs polyptales , de la famille des Balsa- niiers et qui comprend des arbres et des arbrisseaux exotiques feuilles alternes ailes avec impaire , et fleurs petites disposes par grappes ou par paquets axillaires auxquels succdent des capsules monospermes assez semblables celles des Clavaliers. Caractres essentiels : les fleurs ont un calice persistant , trs- petit, quatre ou cinq dents-, corolle ttra ou pen- ToME VL 104" Livraison. a ( '40 tapctale ^ quatre cinq laniines ^ un style;, deux stig- mates-, une capsule bivalve, monosp(;rmc. Caractres pauticuliers. Feuilles pinnces avec im- paire , fleurs panicules h cinq angles. Histoire naturellf. Le Fagarier crot naturellement dans les forets de la Guiane, et se rencontre dans l's forets vierges des Antilles , o il fleurit en mai , et porte des fruits murs au mois d'aot. L'corce de ses capsules est piquante et aromatique. Je lisais un jour un des ouvrages atlrayans de Bernardin de Saint-Pierre , et j'approuvai entirement ce qu'il dit de l'arrosement na- turel des arbres par les eaux de la pluie , m'tant mis Tabri sous un Fagarier , et pouvant mon aise vri- fier les suppositions de l'auteur de Paul et Virginie. L'eau des pluies, dit-il , parvient la plante par une espce de gouttire dont les feuilles sont pourvues. Celles des plaines n'en ont besoin que jusqu' leur accroisse- ment. Elle n'est permanente que dans les plantes des montagnes. Elle est trace sur le pdicule des feuilles , et conduit l'eau des pluies dans les arbres , de la feuille la branche \ la branche par l'obliquit de sa position la porte au tronc d'o elle descend la racine par une suite dedispositionsconsquentes.Si l'on verse doucement de l'eau sur les feuilles d'un arbrisseau de n;onagne les plus loignes de sa tige , on la verra couler par la route que je viens d'indiquer, sans qu'il en tombe une seule goutte terre. Carac.trfs physiques. Le tronc de cet arbre s'lve ( -43 ) quarante et mme cinquante pieds , sur deux pieds et demi de diamtre ; son corce est gristre , cliarge d'pines-, le bois est blanc, dur, compacte. Il pousse de son sommet plusieurs branches rameuses qui se rpan- dent en tous sens ] les branches et la partie des rameaux dpourvues de feuilles, sont garnies de petites pines. L'extrmit des rameaux porte des feuilles alternes , ailes sans impaires , composes d'environ dix folioles opposes, ovales lancoles, acumines , glabres, en- tires et presque sessiles. Les plus grandes de ces fo- lioles ont six pouces de longueur, sur une largeur d'un pouce et demi. Les fleurs naissent sur de grandes pa- nicules qui terminent les rameaux, et dont les rami- fications sont munies leur base d'une petite caille. Chaque fleur a un calice monophylle cinq dents , et garnie sa base de deux ou trois petites cailles ; cinq ptales blancs, arrondis, concaves et attachs au fond du calice autour du disque; cinq tamines plus longues que la corolle, et insres sur le disque l'op- pos des ptales; un ovaire suprieur, trois ou cinq ctes arrondies , surmont de deux styles courts arqus en dedans, stigmates pointus. Le fruit est compos de trois cinq capsules rouss- tres , uniloculaires , bivalves, attaches un pivot qui en occupe le centre, et dont elles s'cartent dans leur maturit ; ces capsules s'ouvrent par leur face interne , et laissent chapper une semence noire , luisante et huileuse. Analyse chimique. On obtient un baume liquide ( i44 ) jaune et arornalique par l'excision de IVcorcc. Cette r-' sine est d'un brun clair , opaque, d'une cassure brillante, fusible , soluble dans les alcalis et l'alcool , d'une odeur agrable et d'une saveur aromatique amre. (Virey.) Proprits mdicinales. L'corce des capsules du Balsamier de la Guiane tant pulvrise sert de sternu- tatoire , mais il faut en user avec la plus grande rserve. La rsine est astringente et vulnraire^ on fait avec des bandelettes agglutiiialives destines runir les lvres des plaies trop cartes, et favoriser leur cicatrice. On l'applique aux Indes sur la rgion liypogastrique pour certaines affections de l'utrus , sur l'ombilic pour les vapeurs hystriques , et les suffocations de " matrice vers laquelle on dirige galement la fume de cette rsine balsamique expose l'action de cliarbons embrass. Les praticiens des colonies vantent beaucoup l'efficacit de l'empltre suivant appliqu sur l'estomac pour le fortifier , aider les digestions , chasser les vents et rveiller l'apptit. Prenez rsine du Fagarier de la Guiane, deux onces ^ styrax, une once; ambre gris, une dragme. Faites fondre vaisseau clos. Cet empltre dissipe les tumeurs , apaise , dit-on , les douleurs de la goutte et les maux de dents quand on en fait l'applica- tion derrire les oreilles et sur les tempes, mme dans le creux de la dent gte, pour prserver le reste de la carie. On fait des sinapismes avec la poudre des graines du Fagarier. Prenez : graine en poudre, une once; farine de mas, deux onces; vinaigre, quantit suffisante. Cette pte devient rubfiante au bout d'une heure , et vsicante si on la maintient sur la peau pendant douze heures. ( ,45) EXPLICATION DE LA PLANCHE QUATRE CENT QUATORZE. Le dessin est rduit au quart de sa grandeur. 1. Fleur non panouie. 2. Fleur panouie. 3. Fruit. 4- Ovaire supre. 5. Graine. ^. ( 4'"' ) *^ w \A ^-^ v> vxvv% v^^%\'v^^v (vw v\ vv\w\ w w* v\\^/VMA v>A v\\ w w w\W\ww\ V LISERON EMPENNE. (Slernutatoi'c. ) SiNOxNTMiE. Vulg. Herbe ternuer. Quamoclit feuilles troites. Coiivolvulus pennatus. Lin. Pentandrie mo- nog^ynie. Jussieu , famille des Convolvulaces. Gonvol- vulus foliis pinnatis, pinnis tenuissimis , pedunculis longis, subbifloris, coroUis infundibuliformibus. Lamarck, Jas- minum millefolii folio. Bauh. Pin. SgS. Gelsemino in- diano pennato di fior sanguigno ; per altro nome detto Qua- moclit. Pona. Quamoclit foliis tenuiter incisis et pennatis. Tournef., n6. Ipomaea Quamoclit flore sanguineo. Lin, Convolvulus indicus pennatus. Muni., p. 29, t. iSg. Quamoclit foliis tenuiter incisis et pennatis. Plumier,. Tsjuria-cranti. Rheed. ' Caractres gjmriques des Liseroins. Calice cinq divisions ^ corolle monoptale rgulire ; cinq tamines j ovaire siipre ^ un ou plusieurs styles*, autant de stig- mates \ capsule trois valves , plusieurs loges polys- permesj tiges volubiles -, feuilles alternes, lactescenteSo Caractres particuliers. Feuillage dli et pin- nules trs-troites et linaires 5 fleurs infundibuliformes, d'un rouge vif. Histoire naturelle Plusieurs ont donn ce Liseron /o-A /y. j/s y'/iftij't>/'f />f^Cl^^^/A/^ J'iTUr (raArveZ Jcu^ . ( -47 ) la dnomination latine d'Ipoma, du grec Ipos, Lise- ron , et omoios^ semblable-, on remarque ce petit Qua- moclit feuilles troites et fleurs rouges dans les mas et dans les caffiers qu'il encombre. Les mystrieux Makendals s'en servent dans leurs phyltres , et par ce breuvage mystique font renatre l'espoir dans le cur d'un amant qui n'a point t coul. CARACTRES PHYSIQUES. Le Liscrou empenn est re- marquable par la tnuit de son feuillage, et par le vif clat de ses corolles. Celte plante est glabre dans toutes ses parties. Ses tiges sont faibles, menues , volubiles et grimpent sept ou huit pieds lorsque des supports leur en donnent les moyens. Elle a des feuilles d'un beau vert, alternes, ptioles, ponctues, lgamment pinna- tifides, et si profondment qu'elles paraissent entire- ment ailes. Leurs pinnues sont linaires, presque fili- formes , trs-souvent opposes , simples (celles de la base seulement offrent quelquefois des subdivisions). On remarque aisment aux aisselles des feuilles djeunes pousses qui ne se dveloppent point, et ont l'apparence de stipules pectines. Les pdoncules sont axillaires et plus longs que les feuilles. Il leur arrive souvent de porter deux fleurs , et alors c'est au-dessus de leur mi- lieu , l'endroit d'o partent deux petites bractes si^- bules qu'ils se bifurquent. Depuis cet endroit jusqu' leur sommet, ils vont en s'paississant , et l'on y re- marque un renflement plus sensible immdiatement au-dessous des calices. Le calice est petit , et ses divisions sont pointues. La corolle est infundibnliforme, de cou- leur carlate trs-vive, et longue de plus d'un pouce. Son tube est troit -, sdu limbe est petit , beaucoup plus ( '48 ) court que le lube cl cinq divisions pointues. Le sli mate est en tte deux lobes, (Encyel.) Analyse chimique. La racine dessche contient une huile volatile irritante. Le suc de toute la plante , une rsine molle et acre , une matire extractive colorante verte, de l'amidon , de l'albumine et de l'acide malique libre. > Proprits mdicinales. Le suc des feuilles de ce Liseron tant aspir par le nez dans certains catharres de la membrane muqueuse , les rsout en excitant l'ter- nuement. Son usage est souvent appliqu avec succs dans certaines cphalalgies. C'est pourquoi cette plante est quelquefois employe dans les affections soporeuses et lthargiques. Elle convient aussi aux personnes sujettes aux vapeurs hystriques et hypochondriaques. Les feuilles piles s'appliquent sur les vieux ulcres atoni- ques et sur les blessures des chevaux. EXPLICATION DE LA PLANCHE QUATRE CENT QUINZE. La plante est dessine de grandeur naturelle. 1. Calice et style surmonts du stigmate. 2. Ovaire et pistil. 3. Ovaire plus dvelopp. 4. Graines. /O:/ f /> /v . ^y/;. TZ/cx/ore T^/'^rcoT-Zi/'^. /'iha CrafiriJp/ ifat/ ( i49) W%.\V WWViWl'WvX'V'A*/ X'VWX^VWVVV WvWjW/W WW*.;VVv'\*>.VVvW.W VV W X-V.-viV W-.-V^.W MAHOGON DU SNGAL. SteT'nutatoire. ) Synonymie. Acajou btard. S-vrielenia Senegalis. Lin. Dcandrie monogynie. Jussieu, famille des Orangers. Lamarck, famille des Azdarachs. Swietenia octandra foliis abrupte pinnatis , subtrijugis; foliolis obtusiusculis : fructu quinquevalvi. Beutigny au Sngal. Caractres gnriques des Mahogons. Arbre feuil- les alternes , pinnes-, fleurs disposes en panicules axil- laires et terminales -, calice cinq divisions -, cinq ptales -, dix tamines mouadelphiques ^ un style -, nectaire cylin- drique, portant les anthres son ouverture ^ une cap- sule 5-loculaire : semences nombreuses, ailes, embri- ques. Caractres particuliers. Corolle cinq ptales ou- verts concaves-, dix tamines au sommet d'un tube cylindrique ^ un style 5 un stigmate -, capsule ligneuse ; cinq valves-, cinq loges-, graines ailes; feuilles sans impaire. Histoire naturelle. C'est M. Roiissillon qui le pre- mier a dcouvert au Sngal ce Maliogon , et en a com- muniqu un chantillon M. Lamarck , dit M. Des- ToME VL io4^ Lwraison. 42 ( '5o ) lousscaiix. Cependant ou trouve ce bel arbre (!ans les for^'ls vierges des Antilles o les naturels lui donnent le nom d'Acajou btard. Cet arbre lev a les plus belles formes. La mme sagesse , dit Bernardin de Saint- Pierre, a rgl le niveau des brandies dans les arbres, et le cours des ruisseaux dans les plaines. Les Cdres du Liban ont l'attitude du commandement qui convient au roi des vgtaux, celle d'un bjas lev en l'air, dont la main serait incline. 11 incline ses cnes vers la terre pour les abriter pendant le temps de leur floraison, mais quand ils sont fconds, il les redresse vers le ciel. (Remarque utile aux peintres. ) L'corce de la plupart des arbres des montagnes est dispose galement pour conduire les eaux des pluies depuis les branches jus- qu'aux racines , celle des pins est en grosses ctes per- pendiculaires ^ celle de l'orme est fendue et crevasse dans sa longueur-, celle du cyprs est spongieuse comme de l'toupe -, celle des palmiers est strie longitudinale- ment. Cabactres physiques. Ce Mabogon ressemble beau- coup aux noyers d'Europe. Ses feuilles sont ailes sans impaires, plus petites que celles de l'Acajou franc (pi. 99 , 25 livraison , tome II). Ses fleurs n'ont que huit tamines et ses fruits s'ouvrent par le haut. Les rameaux sont ligneux , cylindriques , glabres et garnis de feuilles alternes pinnes sans impaire. Ces feuilles paraissent moins rapproches les unes des autres que dans le Swietenia Mahogoni. Elles sont composes de quatre paires de folioles, ovales-oblongues , obtuses, acumines par une pointe rousse, trs-entires, coriaces, glabres , d'un vert noirtre en dessus , et blanchtres ( i5i ) ' en dessous, nerves et rtrcies la base de courts p- tioles partiels. La longueur de ces folioles est au moins de trois pouces sur une largeur de vingt lignes \ les p- tioles communs sont longs et un peu paissis^ la base. Les fleurs sont disposes aux sommits des rameaux, en plusieurs panicules lches, allonges, dont les rami- fications sont divergentes, les unes alternes, les autres presque opposes , et toutes accompagnes leur base d'une bracte fort courte. Ces fleurs paraissent blanches et ont chacune un pdondule propre trs-court. Leur calice est petit, divis en son bord en quatre ou cinq dcoupures obtuses. La corolle est compose de quatre ou cinq ptales ovales , obtus , ouverts , au moins trois fois plus longs que le calice. Le tube staminifre est ventru infrieurement , de la longueur de la corolle et termin par huit dents courtes et obtuses. Son ouver- ture suprieure est remplie par le stigmate qui est largi en plateau. Les tamines sont au nombre de huit et attaches par des filamens trs-courts la partie interne du tube au-dessous de ses divisions. Le fruit consiste en une capsule dure , ligneuse , sphrique , de la grosseur d'une noix , gristre l'extrieur , s'ouvrant au sommet en quatre ou cinq valves. On voit son in- trieur un rceptacle central, ttragone , autour duquel sont embriques des semences nombreuses, aplaties ^ irrgulirement ondules , plus larges que longues , glabres, luisantes, d'un jaune rousstre et entoures d'une aile mince membraneuse assez large. Analyse chimique. L'corce de l'Acajou btard con- tient du tannin -, un principe amer -, du mucilage *, une gomme rsine acre et une huile aromatique. ( i59. ) Propru'^ts Ml^DICI^ALES. La rsiiit' de cet arbre , tnise en poudre , fournit un trs-bon sternutatoire. Toutes les parties du feuillage et l'eorce sont astrin- gentes. On en fait des dcoctions utiles aux blessures d'armes feu. Le suc, non tendu d'eau, arrte les h- morragies des plaies. On va mme jusqu' le prescrire dans les hnioplitbisies, les mnorrhogics et l'ischurie sanguine EXPLICATION DE LA PLAKCHE QUATRE CENT SEIZE. Le dessin est rduit au quart de sa grandeur. i. Fruit entier hors du brou. 2. Semences embriques. 3. Fruit complet coup transversalement. ^. Graine aile. .;'/ //>,) /.//i /y y/-. 77ieoifo/-e /)rj\ytu/-//A. /in,f , ^53) VV POIVRIER MACULE. ( Errhine titillante ou srifuge. ) Synonymie. Piper maculDsum. Lin. Diandrie trigjnie. Jussieu , famille des Orties. Saururus hederaceus caulibus maculosis. Plum. Piper foliis peltatis , ovalis. Lin. Spect. Plant, vol. i , p. 4'2. Peperomia varieg-ata foliis cordato-ovatis , peltatis; spieis geminis, Ruiz et Pavon , Flor. Prav. , vol. i , p. 33 , tab. 52 , fig. A. En anglais : Spetted navel estait. Caractres gnriques des Poivriers. Genre de plantes dicotyldones, fleurs incompltes , qui a beaucoup craffinit avec la famille des Orties. Il renferme des ar- bustes ou des herbes la plupart grimpans, dicliotomes, rameaux presque articuls : les feuilles sont alternes ou opposes , les fleurs axillaircs ou opposes aux feuilles, disposes en un chaton troit, allong. Le caractre es- sentiel de ce genre est d'avoir des fleurs runies en un chaton filiforme^ point de calice ni de corolle; deux anthres presque sessiles; une baie une seule se- mence. Caractres PARTICULIERS. Feuilles en bouclier, ovales. Tiges et pis parsems de taches brunes. Tome VI. i o5e Livraison^ i 3 ( '54 ) Histoire naturelle. Lr Pre Plumier a souvent trouv ce Poivrier dans les forets sombres de Saint- Domingue, surtout dans le ravin appel Prcipice du trou ^ quartier du Moustique. Je l'ai rencontr frquem- ment dans les mornes de Plaisance et au Bas-Limbet (mme le) , en me rendant des Gonaves au Cap. Caractres physiques. Ce Poivrier est remarquable par ses tiges couvertes de petites taches brunes , ovales. Les articulations sont renfles et produisent chacune de petites touifes de racines. Les feuilles sont alternes , ovales arrondies, et presque en cur leur base, ter- mines en pointe aigu leur sommet , marques de ner- vures opposes, arques , se runissant toutes au sommet des feuilles, partant deux deux de diffrens points de la nervure principale. Les ptioles sont courts , mais marqus ainsi que les pis et les tiges. Les pis sont pdicules , cylindriques , plus longs que les feuilles. Ils sont maculs et opposs aux feuilles. Analyse chimique. Le suc laiteux et acre qui transsude de toutes les parties de la plante semble indiquer ses proprits entirement identiques avec celles des Cactes et des Euphorbes. Proprits mdicinales. Encore que Ton mitig la causticit du suc gomrao-rsineux du Poivrier macul par sa macration dans le vinaigre, on doit en viter l'usage l'intrieur. On le range aux colonies parmi les sternutatoires , et on l'y emploie en cette qualit. Peut- tre est-il moins irritant que les Euphorbes , nanmoins il faut en user avec beaucoup de prudence. Un empiri- que amricain avait su extorquer la confinnce d'un riche ( i55 ) propritaire de Saint-Iago de Cuba en lui promettant la prompte gurison d'une dmatie rebelle. Il tint sa parole, non en dtruisant la cause de l'infiltration , mais en faisant cesser, par la mort, les anxits et les souffrances du trop crdule valtudinaire , qui succomba , aprs beau- coup de frictions faites avec la teinture alcoolique du Poivrier macul , une ulcration gnrale du systme dermode. EXPLICATION DE LA PLANCHE QUATRE CENT DIX-SEPT. Le dessin est rduit au tiers de sa grandeur. 1. Fleur grossie. ( >56) '%;\'>\/VV\^ V>V\ VV\VVWV>W\W>iVV\ vv>w* EUPHORBE x\ FEUILLES DE BUIS. ( Enhine srifuge. ) Synonymie. Eupliorbia buxifolia. Lin. Dodcandrie Iri- gynie. Jussieu , famille des Euphorbes. Tithjmalus fructicosus foliis biixi. Plum. vol. 4? pl 2. Eupborbia racemosa subdichotoma , foliis ovatis integerrimis opposilis, caulibus ramisque fruticulosis et articulosis. Lam. Cakctres gnriques des Euphorbes. Calice mono- pliylle , quatre ou cinq divisions , portant entre cha- cune d'elles et au sommet une production lanielleuse , colore (ptales en T), souvent en forme de croissant; douze tamines ou plus , entremles de filamens ou cailles multifides *, ovaire sur un pdicelle; trois styles bifides -, capsule triloculaire , trois coques , trois loges monospermes. Caractres particuliers. Feuilles entires, ovales, oblongues, glabres-, corymbes terminaux; rameaux di- vergens. (Annuelle.) Histoire naturelle. Cette plante , de peu d'appa- /oS! A//f- P/. ^78. JneotZore^ J)ed-c/n^Z<. J'zhjz- (ra^T^ie/ J'ax^ . ETPITOIBJE A. FEFJL1.es I>E BFIS ( i57) rence , est commune aux Antilles , o elle croit dans les sables des rivages de la mer. Les jeunes insulaires se font mutuellement des niches avec cette Euphorbe , comme en Europe les enfans avec le rveille-matin. Il suffit de frotter la peau avec son suc laiteux pour faire dvelopper sur-le-champ un prurit insupportable , quel- quefois suivi d'rosion , si l'on a commis l'imprudence de se gratter. Caractres physiques. La racine de cette Euphorbe est rameuse et rousstre. Elle pousse une tige ligneuse, haute d'environ un pied , cylindrique , de la grosseur d'une plume d'oie , articule , couverte d'une corce un peu ride et rousstre. Cette tige se divise en plusieurs rameaux alternes, menus, articuls, feuilles, droits ou mon tans , les uns simples et les autres fourchus ou dichotomes. Les feuilles sont nombreuses , opposes , ovales entires , glabres , d'un beau vert et assez sem- blables celles du buis , mais un peu plus petites et plus minces. Il nat, vers le sommet des rameaux , trois ou quatre pdoncules fort courts et unitlores. Les quatre divisions extrieures du calice sont petites , entires , obtuses, ou arrondies et blanchtres -, l'ovaire est glabre. On observe aux nuds des rameaux de petites stipules intermdiaires , mais gmines de chaque ct , se re- couvrant par leur bord interne. Analyse chimique. INous ne pouvons que nous rpter en rappelant au lecteur que les Euphorbiaces jouissent du plus au moins d'une vertu corrosive qui ne permet pas de les employer indiffremment, et que cette vertu hroque rside dans leur suc gommo-rsineux d'une grande cret. ( >58 ) PiiopRiTs MniciwAi.Ei. (^uoi([ui; 1 un reconnaisse gcncraloniLMit (elle plante des vei tus hro(jues , on emploie ({m'l(]ii('i"ois les racines en nidecrne. Toutefois, pour temprer l'acrimonie du suc de cette Euphorhiacc, on les met macrer pendant vingt-qualre heures dans du vin.iigre et on les administre alors , non sans beau- coup d'imprudence , la dose d'une dragme un demi- gros, eu nature et en poudre dans du miel ou du sirop. Ce moven nergique a eu quelquefois du succs , entre les mains de quelques gurisseurs, contre Thydropisie, la jaunisse , les obstructions viscrales et les fivres quartes ou autres maladies clironiques rebelles. On relire aussi Textrait de la plante , qu'on administre la dose de quinze vingt-quatre grains dans une limonade, ou combin avec des sucs acides de limon , d'ananas ou d'oseille de Guine. Cet extrait, obtenu par l'alcool ou le vinaigre , agit avec moins de violence que la racine en nature. Le suc laiteux , a dose de dix douze grains , offre un purgatif hydragogue , dont l'emploi n'est pas sans danger. Les vieux habitans purgent sou- vent leurs ngres avec le bol suivant : prenez racines en poudre d'Euphorbe feuilles de buis , deux scru- pules ^ tartrite acidul de potasse ( crme de tartre ) , mme quantit ^ muriate de mercure doux ( calomel ) , vingt grains -, marmelade de fleurs d'oranger ou d'abri- cot du pays (mamrnea), suffisante quantit. Quant moi , qui me mfie de l'usage des Euphorbes l'int- rieur, je n'ai jamais employ la plante qui fait le sujet de cet article , que comme sternutatoirc dans les affec- tions soporeuses et autres maladies de ce genre qui exi- gent une secousse violente et gnrale. ( >.'9 ) EXPLICATION DE LA PLANCHE QUATRE CENT DIX -HUIT. Le dessin est rduit moiti de sa grandeur. 1. Ovaire sur son pdicelle. 2. Capsule trois loges. ( >o ) IV\>'VV^ vv-IVVVV\VVVVVVV'\'VVY'\VVIVV\VVVVV'tVV\VVVV^VV%VVt\\^VVVV>V\\VVVV\VXAVV\\>V'VV% vvv\> CACTE EPINEUX FRANG. ( Errhine srifuge. ) Synonymie. Cactus fimbriatus. Lin. Icosandrie monogjnie. Jussieu , famille des Cactes. Cactus crectus longus suboctangularis ; petalis fimbriatis; fructu spinoso coccineo. Lamarck. Opuntia monoclonos cereiforrais , amplo flore roseo fimbriato. Plumier, Mss. Cactus erectus octangu- laris. Burm. Amer. tab. igS, fig. i. Caractres gnriques des Cactes. Calice mono- phylle , suprieur, imbriqu ^ corolle nombreuse^ baie une loge, polysperme. Cierges redresss, se soute- nant par eux-mmes. Caractres particulieiis. Espce droite, liuit ou neuf ctes, leve-, ptales frangs-, fruit pineux d'un rouge carmin. Histoire naturelle. Le P. Plumier a le premier observ ce Cacte lgant dans des bois arides de Saint- Domingue ( Hati ) , et parmi les rocliers maritimes , vers le quartier appel la Bande du Sud. //^.> //^7. //-// Jneiit/a/v /fc^r4fUf/t/\ /'/n^r trane/ J'm/p VAVTWAX. YY^AHiVV. 1 161 ) Cractkes physiques. Ce Cacte vient par groupes 5 l en nat un grand nombre ensemble , et chaque indi- vidu a une tige droite qui acquiert la grosseur du jarret ou du genou et s'lve la hauteur de dix-huit vingt- quatre pieds. Ses ctes, au nombre de huit et quelque- fois neuf ou mme dix, sont garnies sur leur crte d'- pines en faisceaux , blanches , assez longues et trs- aigus. Le sommet de chaque tige , qui a presque la forme d'un cne hriss d'pines , donne naissance des fleurs assez grandes , fort belles , couleur de rose , dont les ptales sont oblongs et frangs en leurs bords, et le style , beaucoup plus long que les tamines , est mul- lifide et frang son sommet. Le fruit est globuleux , charnu , presque de la grosseur d'une orange , d'un rouge vif et luisant l'extrieur , avec des tubercules hrisss d'pines blanchtres trs-piquantes, et a sa chair intrieure d'un rouge couleur de feu, trs-succu- lente , d'une saveur acidul fort agrable, et remplie de beaucoup de semences noires. (Encycl. ) Analyse chimique. Le suc gommo-rsineux du Cactier frang est inodore , comme dans les autres espces con- gnres 5 mais il jouit d'une cret tellement brlante, qu'on doit ne l'employer qu' l'extrieur. Il contient une matire extractive , de l'albumine , un principe trs- volatil et nauseux , lorsqu'il est expos l'action du calorique. Proprits MDICINALES. Le suc caustique de ce Cacte, quoique rput aux colonies hydragogue et dsobs- truant , ne doit jamais tre employ l'intrieur par un mdecin instruit et prudent. Il n'est que quelques ^ Tome VI. io5^ Lwrnison. ^ ( '6,. ) jongleurs ou mdicastresqui aient rimprudence de l'ad- ministier dans les maladies chroniques, pour conserver ou renvoyer de la terre des vivans le malheureux malade qui a eu la faiJ)lesse d'implorer de tels conseils. On sera convaincu de son action caustique en apprenant qu'il peut , au besoin, remplacer le Garou , pour dterminer la peau une violente irritation, une phegmasie mme qui se termine par la vsication. On conoit donc qu'on ne doit employer la poudre de ce Cacte , comme slernu- tatoire , qu'avec les plus grandes prcautions. Ce Cacte a toutes les proprits des Euphorbes. EXPLICATION DE LA PLANCHE QUATRE CENT I>IX-NEUF. Le dessin est rduit au douzime de sa grandeur. i . Port d'un groupe de ces plantes. 2. Portion d'une tige rduite seulement de moiti. TAettt/ore /fi ii/>u,-//~ /'i/i4i 0'63) WVvW VWWV/WWVWVWVVVVVWiA'l/VWVWVVWVVVVWVV)V\'V AVWWViWk/VVVVV WVVW 1V\VV\)^^ EUPHORBE OFFICINAL. ( Enhine srifitge. ) Synonymie. Euphorbia officinarum ; aculeata nuda multan- gularis, aculeis germinatis. Lin. Dodcandrie trigynie. Jussieu, classe des Euphorbes. Euphorbium poljgonum spinosum, Cerei effigie. Isu. Act. 1720, p. 5oo, t. 10. Eupborbium Cerei effigie , caulibus crassioribus spinis va- lidioribus armatum. Comm. Hort. 1 , p. 21 , t. 11. En anglais : Euphorbium. En espagnol et en portugais : Eu- forbio. Caractres gnriques des Euphoreiaces. Fleurs mono ou dioques , quelquefois hermaphrodites \ calice monophylle, quelquefois double ^ ptales nuls \ tamines dfinies ou indfinies \ i-3 styles \ capsule autant de loges qu'il y a de dcoupures au style, qui s'ouvre int- rieurement en deux valves avec lasticit \ une ou deux graines dans chaque. Caractres particuliers. Aiguillonn , nu , plu- sieurs angles , aiguillons gmins. ( Vivace. ) Histoire naturelle. Cet Euphorbe crot naturelle- ( '64) ineul dats ri^lliiopio el dans les parties les i)liis chaudes de rAiVicjue. On le reneonlre aussi aux Antilles. Il d- coule de sa tige, soit naturellement , soit par incision un suc laiteux trs-.acic , qui s'paissit l'air, se con- dense et se dessche en petits morceaux friables , d'un jaune ple, et qu'on apporte en Europe , o on lui doune , chez les droguistes, le nom d'Euphorbe. Caractres physiques. Celte espce a entirement l'aspect d'un cierge ou Cactier polygone , et ne s'en dis- tingue , au premier coup-d'il , que parce que les pi- nes de ses angles sont simplement gmines et non fas- cicules, comme dans les Cactiers. Sa tige est paisse, charnue , droite , souvent simple , haute d'environ qua- tre pieds , sillonne dans toute sa longueur par douze dix-huit angles , dont la crte est munie d'une range d'aiguillons roides et gmins. Les fleurs sont presque sessiles et viennent sur les angles dans la partie sup- rieure de la plante et ont un calice six divisions , dont cinq extrieures sont arrondies ou obtuses et d'un vert jauntre. ( Encycl. ) Analyse chimique. L'Euphorbe produit un suc lai- teux ou gomme rsine jauntre, inodore, d'une saveur brlante et caustique , et qui se dissout en plus grande partie dans l'eau que dans l'esprit de vin. Cette subs- tance se vend dans le commerce en larmes irrgulires, articules , caverneuses ou bosseles. Proprits mdicinales. Le suc de l'Euphorbe est tellement irritant qu'il enflamme soudain les parties avec lesquelles ou Ta mis en contact. C'est donc un ster- ( '5 ) iutatoire violent qu'on ne peut se permettre d'employer que dans les cas presque dsesprs , o il s'agit de pro- duire une excitation nergique. On peut juger de cette vrit en se rappelant que les ouvriers qu'on emploie la pulvrisation de cette drogue , sont presque toujours affligs de coryza , d'hmorragies nasales et mme d'h- moplysies , malgr toutes les prcautions prises pour intercepter l'action immdiate de cette substance pulv- rulente sur les membranes muqueuses des fosses nasales. Cette proprit caustique doit engager signaler ici ^ ou plutt blmer les mauvaises plaisanteries de certains farceurs de socit qui se plaisent rpandre sur le par- quet d'une salle de bal de l'Eupborbe en poudre , laquelle, mise en mouvement par la danse , excite, chez les ac- teurs , de violens ternuemens. Employe l'extrieur et applique sur la peau, celte gomme-rsine excite le derme, dtermine une vive d- mangeaison , de la rougeur suivie d'inflammation , de douleur , et quelquefois agit comme vsicante. D'aprs cela on juge bien que l'usage de l'Euphorbe, l'in- trieur , doit tre proscrit de la thrapeutique. On a vu son ingestion dans l'estomac , mme dose trs-mi- nime , occasioner tous les symptmes de l'empoisonne- ment, tels que cardialgie insupportable, vomissemens, coliques atroces , tnesme ou djections alvines sangui- nolentes , ardeur de la gorge, soif ardente, hoquet, syncopes , etc. Il est donc prudent de n'administrer l'Euphorbe offi- cinale qu' l'extrieur et avec beaucoup de circonspec- tion dans certains coryzas chroniques ou muqueux. La mme substance agit comme escarotique , lorsqu'il faut consumer les chairs fongueuses des ulcres atoniques Tome VI. io&^ Livraison, i5 ( '(i(^) et favoriser l'cxioliatioii des os caris. On modre son activit en lui associant des olagineux -, alors elle offre unlinimentqui n'est point ddaigner dans la paralysie, Tamaurose , Tatropliie scroftdeuse et lesi alTections rhumatismales chroniques. Les hattiers (gardiens d'ani- maux) aux colonies composent avec le suc d'Euphorbe et celui d'Agave un onguent dont ils se servent pour gurir la gale et autres affections cutanes des chevaux. A l'intrieur, on ne dpasse jamais la dose de cinq dix grains. EXPLICATION DE LA PLANCHE QUATRE CENT VINGT. La figure est rduite au douzime de sa grandeur naturelle. On voit d'un cot quelques Palmiers , et de l'autre des Cactes articuls et d'autres plantes de ce genre sur le sol aride qui leur convient. QUATORZIME CLASSE. -m^Q^&^m DES SUBSTANCES VEGETALES SPECIALEMENT DIRIGEES SUR LES PROPRITS VITALES DE l''oRGANE DU GOUT, COMME EXCITANTES DES GLANDES SALIVAIRES , DE LA MUQUEUSE BUCCALE, GUTTURALE, ETC. Plantes dites Masticatoires ou Sialalogces, SOMMAIRE, L lE mot AI asticatoire vient du verbe grec mastichao ^ '^a mche , parce que le plus souvent on mche les subs- tances de cette classe pour agacer les glandes et mem- branes buccales , et provoquer la salivation dans cer- tains cas o cette scrtion rendue plus abondante offre un auxiliaire. Cependant , comme l'observe judicieuse- ment le docteur Mrat , le mot masticatoire tant vi- cieux , puisque la fume du tabac provoque aussi la salivation , j'ai cru pouvoir substituer pour pithte le mot salwatoires ou sialalogues, ToMK VI. ioQ'' Livraison, l'* ( iG6 /us. ) On emploie pour saliwatoires ou sialaJogucs dos feuil- les, des racines, des baies ou des gommes-rsines d'un got piquant et chaud, dont on se sert pour lUccher , *' action qui devient mcanique et doublement excitante; on en dcoction, en teinture alcoolique pour se rincer la bouche ; ou en fumigation comme celle du tabac , de Tcorce de cascarille , etc. , dont on conserve pendant quelques instans la vapeur stimulante dans la cavit buccale. Ces substances irritantes tant mises en contact avec la menlbrane muqueuse de l'intrieur de la bouche , excitent les conduits salivaires qui s'ouvrent dans celle cavit j et occasionent la constriclion des glandes de l'organe du got, ce qui provoque une scrtion plus abondante ds mucosits. Il y a de ces plantes qui agis- sent mcaniquement en vertu d'une mastication pro- longe ; d'autres, plus nergiques , par la seule prsence de leurs principes acres et volatils. Les masticatoires solides ont besoin d'tre mchs pour exciter une abondante scrtion de salive, tandis que les substances moins dures , qui jouissent des mmes proprits , n'ont besoin que d'tre conserves dans la bouche pour y oprer leur effet salutaire. Les fonctions des glandes parotides et maxillaires sont nulles , si leurs fibres sont relches , et si la salive s'- paissit et sjourne dans les vaisseaux scrtoires. Il s'agit donc de recourir des agens capables de rveiller la facult contractile des fibres, des membranes et du tissu des glandes salivaires , et de favoriser leurs fonctions. Les masticatoires par leur vertu balsamique et excitant? fondent et divisent la salive paissie en picotant d'abord ( i66 te\ ) la membrane muqueuse buccale , et sympalhiquemenl 5a continuit. L'augmentation de salive sert quelquefois de crise certaines maladies ^ mais , pour user avec scurit des moyens qui la provoquent , il faut bien observer s'il n'y a point d'inflammation des parties, ce qui contre-indi- querait leur emploi. C'est pourquoi il faut en user mo- drment de peur de dterminer une inflammation. Il est d'ailleurs des cas de phlegmasie , comme le recom- mande le docteur Alibert , o les masticatoires doi- vent tre molliens ou narcotiques , c'est--dire propres dtendre et apaiser un excs d'irritation, ce qui n'empche pas un doux panchement de salive. On a recours aux masticatoires quand les glandes et les membranes muqueuses sont engorges et que leurs fonctions sont perverties, parce qu'elles ont besoin de se dsemplir. On les administre aussi comme drivatifs dans la paralysie de la langue, la menace d'apoplexie , la perte du got , les fluxions et les angines muqueuses, les affections scorbutiques des gencives ; l'apbonie , ou extinction de voix par engouement -, les affections ca- tharrales de la tte, le vertige, la perte de mmoire , les affections soporeuses , etc. '.'.a'' ...: Mais , lorsqu'on mche les sialalogues , il faut avoir oin de ne point avaler la salive qu'ils provoquent , et qui est imprgne de leur vertu irritante. Les voya- geurs ont remarqu qu'un instinct naturel porte les in- sulaires des parties chaudes de l'Amrique et de l'Inde toujours mcher, soit des mlanges excitans, ou sim- plement et suivant les usages, la Liane savon, afin d'entretenir de l'humidit dans la cavit buccale et l'es- tomac dont les fonctions deviendraient languissantes ea ( i66\quat. ) raison des sueurs excessives qu'on prouve en ces cli- mats brlans. Si un llux trop abondant de salive cause beaucoup de dsordres l'conomie , la suppression est autant l redouter. Dans ce dernier cas le suc gastrique n'tant plus en quantit suffisante , les digestions sont pni- bles, l'assimilation imparfaite, et le marasme presque in- vitable. C'est dans ce cas que les sialalogues sont utiles et rtablissent les fonctions. Les sialalogues n'agissent pas seulement sur la membrane muqueuse buccale, mais, comme nous l'avons dit plus haut, ils exercent aussi leur influence salutaire sur la continuit de cette mem- brane qui revt l'sophage , l'estomac, les voies arien- nes et l'organe pulmonaire , ce qui justifie leur emploi dans les maladies que j'ai cites plus haut. On croit que les fumeurs sont moins exposs la contagion. Cependant il faut viter l'abus des masticatoires, sur- tout de ceux qui sont irritans , car ils font perdre les dents, comme ceux qu'on emploie dans l'Inde, et qui sont composs de btel, de chaux, d'arec et de tabac , et dclarent un ptyalisme, ou crachement continuel, qui conduit l'hlisic et la mlancolie. Les personnes maigres et hypocondriaques doivent s'en abstenir. /oi> ' /.//t. //. ^/. ////k J\^Ut' iW-ff J'rrf&i AIIEC^ liE V 1%IW. ( '67) >jV*'vv^A^^vv^\*vvvvvv\\v\^vv^\(vvv^^ AREC DE L'INDE, ( Masticatoire sialalogue . ) Synonymie. Areca Cathecu. Lin. Appendice; Palmiers. Monoecie polyandrie. Jussieu , famille des Palmiers. Areca frondibus pinnatis ; foliolis replicatis , oppositis ^ prmorsis. Lin. Palma cujus fructus sessilis Faufel dicitur. Bauli. Pin. 5io. Areca seu Faufel, Avellana indica ver- sicolor. Raj. Hist. i363. Palma Arecifera , nucleo ver- sicolore , moschatae simili. Pluk. Alm. 276, tab. 3oo, fig. 4 Pinanga. Rumpb. Amb. 1 , p. 26 , tab. 4* Caunga. Rlieed. Mal. 1, p. 9, tab. 5 , 6, 7, 8. En anglais: Areca; Faufel-Nut-Tree^ Milne ; Drunken Date-Tree ; Knowles ; Faselnut ^ TVillich, En espagnol : Arequiero. Caractres gnriques des Arecs. Genre de plantes unilobes, de la famille des Palmiers, qui comprend des arbres exotiques, dont les fleurs naissent renfermes dans une spathe monophylle et sont disposes en pani- cules. Fleur mle. Calice de trois pices ^ corolle de trois ptales \ neuf tamines. Fleur femelle. Calice de trois pices -, corolle de trois ptales ; un calice de six pices -, corolle nulle j fruit pulpeux dans le calice im- briqu. i5* C i68 ) Caract-res l'AiiTicuLiERs. Fcuillcs piiiiics; foliole replies, opposes, mordues en devant. Histoire naturelle. Arec , selon Chaumelon , est le nom que ce Palmier, lorsqu'il est g, porte au Malabar ; jeune , on l'appelle Pinangue. La dnomination spci- fique Cathecu lui a t donne par Linn, qui croyait qu'on en retirait le Cachou , rellement fourni par une Alimosa. Cet lgant Palmier croit naturellement dans l'Inde , mais on le rencontre aussi aux Antilles o il parait avoir t transport. Son bois, plus filandreux que celui du Cocotier , est spongieux dans sa jeunesse , puis acquiert une telle duret qu'on a beaucoup de peine le couper transversalement \ mais il se fend aisment dans sa longueur , la section ayant lieu dans la direction des fibres innombrables qui le composent. Le chou de l'Arec, quoique trs-blanc et trs-tendre, esttellemeni amer et styptique au got , qu'on ne peut l'employer comme aliment , ainsi que ceux de certains autres Pal- mistes. Les Indiens ornent leurs appartemens de pani- cules de fleurs d'Arec qui rpandent une odeur douce et suave , surtout le matin et le soir. Ils mangent le brou du fruit de ce Palmiste quand il est encore frais , pul- peux et succulent, car plus tard il est filamenteux. Lorsque les noix d'Arec sont parvenues leur maturit , on les sert entires ou coupes par tranches. On les offre dans les visites que l'on reoit. Lorsqu'on les pr- sente par tranches, elles sont enveloppes dans des feuilles de Btel , et saupoudres de chaux ou de toute autre poudre absorbante, afin* de diminuer l'cret de PArec. Les habitans del cte de Coromandel , continue Chaumeton , ont une faon particulire de prparer ( 69 ) TArec vieux et trop sec qu'ils appellent Koffol, et d'en faire un mets dlicat. Ils le coupent en petits morceaux qu'ils font macrer dans de l'eau de rose , dans laquelle a infus du Cacliou broy et qu'ils desschent ensuite au soleil pour s'en servir au besoin. Ces prparations se conservent pendant long-temps , s'exportent et se ven- dent comme propres raffermir les gencives et corri- ger la mauvaise odeur de l'haleine. Caractres physiques. Ce^Palmier, dit Lamarck, est de moyenne grandeur. Son tronc est droit /^nu , marqu dans toute sa longueur par des anneaux circulaires qui sont les cicatrices qu'ont laisses les anciennes feuilles aprs leur chute -, ce tronc , pais seulement de huit neuf pouces , s'lve la hauteur de trente quarante pieds. Son bois, d'abord spongieux , devient fibreux et acquiert la duret lastique de la corne. La cime est couronne par six huit feuilles , longues d'environ quinze pieds, panouies de divers cts dans une direc- tion oblique , un peu pendantes vers leur extrmit , et qui lui forment une tte fort ample. Chacune de ces feuilles est une fois aile , compose de deux rangs de foliolis troites-lancoles , pointues , la plupart oppo- ses , plies , plisses dans leur longueur , lisses , vertes et situes assez prs les unes des autres , le long d'une cte paisse et anguleuse. Les folioles ont trois pieds et demi de longueur , sur trois quatre pouces de large , et la cte ou le ptiole commun qui les soutient , em- brasse le tronc sa base par une gane cylindrique et coriace. Au-dessous de la cime feuille est une espce de bour- ( 170 ) geoii ou chou palmiste, cylindrique, lisse, d'un beau vert, form par la runion des gaines pliolaires. Au milieu de ce bourgeon se trouvent les jeunes feuilles qui doivent se dvelopper et dont la plus avance porte le nom de llclie , cause de sa pointe aigu. L'Arec ne commence fleurir qu' sa cinquime ou sixime anne , et quoique les fleurs soient axillaires , les spatlies n'en sortent qu'aprs la cliute des feuilles , ce qui fait que les fleurs paraissent toujours situes un peu plus bas. Chaque spathe est une espce de gaine ou d'utricule coriace , ovale-lancole , aplatie en dessus cL en dessous, longue d'un pied et demi , large de quatre cinq pouces, d'un vert blanchtre ou jauntre et s'ou- vrant par une fente longitudinale. Il en sort une pani- cule trs-rameuse, appele Ilgime , charge de petites fleurs sessiles et blanchtres , parses le long des rami- fications qui la composent. Ces fleurs , d'aprs Turpin , sont de deux sortes. Les plus nombreuses , simplement mles et blanchtres , tombent aprs l'puisement de leur pollen*, celles qui persistent sont situes au nombre d'une trois la base de chaque rameau-, elles sont grosses , verdtres, femelles. Souvent, il se trouve deux ou trois de ces panicules sur le mme pied , et dans ce cas la plus infrieure mrit la premire. ^es fruits ont peu prs la grosseur et la forme d'un uf de poule. Leur sommet est termin par un petit ombilic, et leur base est garnie de six cailles trs-adh- rentes , situes sur deux rangs. L'corce trs-mince , lisse , d'abord d'un vert ple , puis jaune , recouvre une chair succulente , blanche et fibreuse , au centre de la- quelle est un noyau aplati sa base , d'une substance dure et veine comme la muscade. Ce novau d'abord ( '-> ) tendre , creux dans son milieu et plein d'une eau lim- pide , s'paissit insensiblement -, sa cavit disparat ^ sa chair prend de la consistance , et ce n'est qu'aprs six mois de dveloppement qu'il a acquis une consistance ferme et comme corne. Analyse chimique. On doit M. Morin , pharnlacien , l'analyse de l'Arquier, insre dans le Journal de phar- macie (octobre 1822) et dont voici la conclusion. L'Arec contient de l'acide galique ^ une grande quantit de tannin , de l'actate d'ammoniaque ^ un principe analo- gue celui qui se trouve dans les Lgumineuses -, une matire rouge insoluble^ une matire grasse, compose d'lane et de starine -, de l'huile volatile *, de la gomme ; de l'oxalate de chaux ^ de la fibre ligneuse*, des sels minraux ^ de l'oxide de fer et de la silice. Proprits mdicinales. Les noix d'Arec , prpares comme il est indiqu ci-dessus , sont masticatoires. EXPLICATION DE LA PLANCHE QUATRE CENT VINGT-UN. Le Palmier est rduit au soixantime de sa grandeur. . Fleur mle ouverte pour laisser voir l'ovaire avort autour duquel sont insres les six tamines. 2. Fleur femelle , par avortement des tamines. 3. Fruit de grandeur naturelle laissant voir la noix qui se trouve au milieu du brou. 4. Noix coupe partie verticalement , partie horizonta- lement, pourvue son centre d'une cavit. On aper- oit au haut une tache verte qui est l'embryon. ( ^72 ) VVVVVVVVVVVV%\VVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVV'VVVVVVVVVVVVVVVVVvVv\'V>/V1,VVvVVVV'\VVVVVVVVV PIMENT ANNUEI.. ( Masticatoire sialalogue . ) Synonymie. Vulg. Poivre d'Inde. Poivre long. Capsicum annuum. Lin. Pentandrie monogynie. Jussieu, famille des Solanes. Capsicum caule herbaceo, pedunculis so- litariis; fructibus oblongis , propendentibus. Lamarck. Capsicum siliquis longis , propendentibus. Tournef. Inst. R. Herb. i52. Piper indicum vulgatissimum. Bauh. Pin. 102. BlacW., tab. 129. Vallia-capo-molago Rheed. Malab. 2 , tab. 35. Capsicum actuarii. Lobel. Icon. 3i6. En carabe : Guyo ; Oariagou ^ Boenim-Aty j Arya- mucha Caractres gnriques des Pimens. Genre de plantes fleurs compltes , mouoptales , de la famille des Sola- nes et qui comprend des herbes ou sous-arbrisseaux exotiques , dont les feuilles , dans la plupart des espces , sont gmines , les fleurs solitaires , un peu au-dessus des aisselles des feuilles , et les semences d'une saveur brlante et poivre. Le caractre essentiel est d'avoir : une corolle monoptale en roue \ une baie sche de diff- rente forme-, des semences comprimes; anthres con- vergentes , fermes au sommet. Caractres particuliers. Tige herbace -, pdoncules solitaires. 20lf^Zz/f. jPl .^2Z. 7'Aeat7o?-{' yjeo'Ci^u/'/t/'^ /^i/ia^ . Perr^ei* Jru/^ i^l31EXT ^\^^^I^EI. ( >73 ) Histoire naturelle. Le nom Capslcum ^ selon Mrat , drive du mot grec captein , mordre, dvorer, de la proprit cuisante du fruit. Cette plante , originaire des Indes , est cultive avec soin dans les Amriques et mme en Europe , o ses fruits, d'un rouge trs-vif et de forme varie , produisent un effet agrable. Les Ca- rabes et tons les insulaires d'Amrique et de l'Lide en font un usage journalier pour assaisonner tous leurs alimens. C'est la base de la poudre de Carick ( hidia Currle powdej) qui sert prparer un mets compos d'une volaille dcoupe , d'crevisses , de tourteaux ou de crabes , d'une sauce faite avec un coulis et la poudre de Carick , et sparment un pilau de riz cuit la manire crole et que l'on mange en guise de pain. En ajoutant cette macdoine une pomme cuite , on a un certain souvenir du mme mets auquel on aurait ajout une Banane mre. Toutes les parties de cette plante ont une saveur extrmement acre et brlante , particulirement les fruits qu'on ne peut essayer d avaler sans prouver la gorge une chaleur piquante et douloureuse. Ces fruits sont cependant la seule partie employe, tant dans les alimens qu'en mdecine , et malgr leur grande activit sur les organes salivaires, les Indiens les prfrent au poivre ordinaire, et les mangent crus. On les conft aussi au sucre et l'on en porte sur mer pour servir dans les voyages de long cours. Ils excitent l'apptit, dissi- pent les vents et fortifient Festomac. On les cueille aussi en vert 5 et lorsqu'ils ne font que noircir , on les fait macrer quelques mois dans le vinaigre et on s'en sert ensuite , en guise de cpres et de capucines , pour relever les sauces par leur saveur acre et piquante. ( .74 ) La plupart des autres espces Je Piment sont en usage chez les Indiens , qui en mlent dans leurs ragots ; elles sont encore plus acres que celles dont nous venons de parler \ nanmoins ces peuples en font des espces de bouillons ou de dcoctions trs-fortes qu'ils boivent avec plaisir. Un Europen ne pourrait en avaler seule- ment une cuillere , dit Lamarck , sans se croire empoi- sonn. Les Portugais tablis dans ces contres appel- lent ces potions stomachiques Caldo di Pimento. En Europe , les vinaigriers en mettent quelquefois dans leur vinaigre pour le rendre plus fort \ on les associe aussi aux cornichons. Voici la manire dont les Indiens pr- parent ces fruits pour leur usage, et qu'ils nomment Beurre de Cayan ou Pots de Powre. D'abord ils le font scher l'ombre , puis un feu lent , avec de la farine , dans un vaisseau propre cela 5 ensuite ils les coupent bien menus avec des ciseaux , et sur chaque once de fruit ainsi coup, ils ajoutent une livre de la plus fine farine pour les ptrir , avec du levain , comme de la pte. La masse tant bien leve , ils la mettent au four ; quand elle est cuite, ils la coupent par tranches, puis ils la font cuire de nouveau comme du biscuit-, enfin, ils la rduisent en une poudre fine qu'ils passent par un tamis. Cette poudre est admirable , selon eux , pour assaisonner toutes sortes de viandes. Elle excite l'apptit , elle fait trouver les viandes et le vin agrables au got , elle fa- cilite la digestion , provoque la scrtion de l'urine , etc. Caractres physiques. Les racines de ce Piment sont fibreuses et gristres -, il s'en lve une tige herbace , liaute peine d'un pied , presque simple , cylindrique , un peu strie , garnie de feuilles simples , ptioles , ( '75) trs-entires, ovales, trs-aigus, alternes, et runies souvent deux deux chaque insertion. Les ptioles sont trs-flexibles, souvent plus longs que les feuilles , glabres , ou quelquefois un peu pubescens , ainsi que les liges. Les fleurs sont solitaires , presque axillaires , portes sur des pdoncules longs ;, plus ou moins fortement re- courbs. Le calice est au moins de moiti plus court que la corolle , trs-ouvert , persistant la base des fruits. La corolle est blanchtre, assez grande, cinq dcou- pures , aigus leur sommet , trs-larges leur base , ouvertes en toiles. Les anthres deviennent bleutres par la dessiccation. Le fruit est une baie sche , trs-lisse , un peu coriace , allonge, d'un rouge vif ou jauntre, vsiculeuse, con- tenant dans deux loges beaucoup de semences aplaties. Rien de plus variable que la forme de ce fruit, tantt allong, troit, aigu^ tantt court, trs-renfl , obtus, et mme chancr son sommet , passant de la couleur jaune la couleur rouge , offrant mme ces deux cou- leurs runies sur le mme individu. ( Encycl. ) x\nalyse chimique. Le Piment contient de la cire , une rsine acre 5 une matire extractive amre, lgre- ment aromatique j de la gomme , du parenchyme ^ une substance particulire, analogue l'albumine, et de l'eau. ( Bucholz ). Pr.oprits mdicinales. Les vapeurs que rpandent les fruits mrs des diffrentes espces de Piment , lors- qu'on les jette dans un brasier ardent, sont trs-perni- cieuses, elles occasionent des ternuemcni; , une toux ( '7f^) violeDte et niciuci des voiiiissemens tous eeux qui y sont exposs. Quelques personnes se sont fait un jeu de mler de la poudre de Piment du tabac , mais cette plaisanterie est dangereuse, dit Lamarck, car si la dose est trop forte , elle excite des ternuemens si violens , qu'ils occasionent souvent la rupture de quelques vais- seaux. Cependant la mdecine emploie quelquefois les Pimens, et c'est au mdecin instruit et prudent en diriger les effets. Par exemple, Poupe-Desportes donne la formule suivante pour un cataplasme anti-pleurtique et contre le rhumatisme. Prenez, dit-il , du poivre long , et son dfaut des fruits de bois d'anisette , ou du bois d'Inde, ou du gingembre en poudre , de chacun une once et demie; mlez-lesavec le blancd'ufet les tendez sur de l'loupe ou du coton, que vous appliquerez en cata- plasme sur la partie malade. Plus loin il recommande le sel commun, broy avec les feuilles de Piment pour faire passer les petites dartres , les rougeurs et les taches de la peau, qu'on appelle Lauta. Le Piment est prconis par Rhedet par William Wright et Gollins contre l'es- quinancie maligne o il agit comme vsicant \ c'est un bon masticatoire qu'on emploie utilement dans les odon- talgies. C'est aussi un trs-bon rsolutif dont on se sert contre les aposthmes. EXPLICATION DE LA PLAKCHE QUATRE CEJ\T VINGT-DEUX. Le dessin est rduit moiti de sa grandeur. 1 . Fruit coup transversalement. 2. Graine. 3. Piment chien (^Capsicum pendalum^. Voyez l'article ci-aprs. //>/' /^ ///. 7'AtVi/tyre /Kvir>//r///-i. /'mu- /l'rei^ -^Irt/^ FMK^T^ CAlLUiiK ET3iOZ^\3IBIOI^E. ( '77 ) % V*- W \ V V\il/VVVW'VVl'VV\'VWVWW VVVVW\^i WVWVWVX'W, VVV. WlWWW^'Vi/WvWiWWVWVvX'VVVV N. I. PIMEXT A PETITES BAIES. N. IL PIMENT JAUNE. ( MasticatoT^es sialalogues. ) Synonymie. N. I. Vulg. Piment zozo. Piment enrag. Poivre d'oiseau. Piment carabe. Capsicum baccatum. Lin. Pentandrie monogjnie. Jussieu , famille des So- lanes. Pimentum caule frutescente, laevi; pedunculis subgeminis , fructibus minimis, ovalibus. Lamarck, Cap- sicum fructu minimo , conico , rubro ; BroTvn , Jam. 176. Capsicum minus , fructu parvo , pyramidali, erecto. Sloan. Jam. 112. Hist. 1 , p. 240 , tab. i46 , f. 2. Capsicum sili- quis turbinatis brevioribus et raordacioribus. Barrre. N. II. Vulg. Piment mozambique. Piment bouc. Pi- ment doux. Capsicum caule frutescente, flexuoso ; ramuli petiolisque hirsutis; fructibus ovatis , pendulis, trilocula- ribus. Lamarck. lUustr. Gen. , vol. 2 , p. 26, n. 2892. Caractres gjvriqles des Poiens. Calice cinq divisions \ corolle limbe plan, 5-iide ^ cinq tamines anthres conniventes, s'ouvrant longitudinaleinent -, baie sche deux loges polyspermes : graines rniformes. Caiiact;res particuliers du Piment carabe, ^'o i. Tige frutescente , rameuse ; petite baie globuleuse , un peu ovale; pdoncules gmins. ( .78 ) CARACTiaiES DL PiMENT JAUNE. Baic ronllc'C , jaune et sll oniiee. Histoire naturelle. Les Pimens , dont les gousses couleur de sang , sont plus clatantes que le corail , selon Texpression de Bernardin de Saint-Pierre , accompagnent toujours TAjoupa des INgres et ornent les jardins des insulaires. C'est particulirement avec le Piment pe- tites baies que les Indiens prparent leur Beurre de Cajan, dont il est parl dans rarticle prcdent. Cet assaisonnement, dit Miller, mrite d'tre prfr au poivre , parce qu'il donne aux viandes un got plus agrable et qu'il dissipe les vents de l'estomac et du bas- ventre. Il convient de le mler aux lgumes venteux pour prvenir les mauvais effets qu'ils pourraient pro- duire. Nous avons donn dans la planclie prcdente , sous le n. 3 , la figure du Piment chien (Capsicum pen- dulum) pedunculis soUtariis ; fructibiis ohlongis ^ pendu- lis-, peliolis pubescentibus- caule fruticoso . Willd. Enum. Plant. I , p. 1^1. Cet arbrisseau s'lve la hauteur de deux pieds et plus -, sa tige est ligneuse -, ses ptioles pubescens ^ les pdoncules solitaires ^ les fruits droits ou recourbs, allongs, obtus et longs d'un deux pouces. Caractres physiques. Le Piment petites baies s'- lve plusieurs pieds sur une tige rameuse , strie , un peu arrondie, presque glabre, divise en rameaux di- variqus, flexueux leurs articulations, garnis de feuilles alternes, ptioles , presque en cur, acumines, ten- dres, glabres, nerveuses en dessous , solitaires ou gmi- nes. Les fleurs sont la plupart deux deux, un peu au- ( ^79 ) ilessus de l'aisselle des feuilles, supportes par des p- doncules ingaux, runis leur base , droits , pubescens, ainsi que les ptioles. Le calice est court , presque gla- bre , cinq dents subules. La corolle, d'un blanc jau- ntre, est fort petite, divise son limbe en cinq d- coupures courtes, obtuses-, il lui succde une baie glo- buleuse, un peu ovale , petite, peine plus grosse qu'un pois, glabre, rouge ou un peujauntre, et dont le pdon- cule qui la supporte reste droit. Ces fruits sontbrulans. Le Pime]\"t JAUNE ou Mozambique a des tiges frutes- centes,, presque quadrangulaires , pubescentes , flexueu- ses leurs articulations , garnies de feuilles mdiocres, verdtres , molles, ovales, aigus, trs-glabres, mais velues sur leurs ptioles , runies presque en paquets chaque flexuosit de la tige , au nombre de quatre cinq , c|uelquefois deux , et qu'on peut considrer comme les rudimens des jeunes rameaux. Les fleurs sont ou solitaires , ou runies plusieurs ensemble un peu au-des- sus de l'insertion des feuilles. La corolle est petite , blanchtre _, cinq divisions courtes, aigus^ les fruits sont jaunes , ramasss et stris l'insertion du pdon- cule qui est peine recourb , mais renfl son som- met , et pubescent. Chaque fruit est divis intrieure- ment en trois loges , contenant chacune plusieurs se- mences comprimes. Analyse chimique. Le Piment petites baies ne dif- fre du Piment jaune que par la partie colorante. Ils contiennent tous les deux , ainsi que leurs congnres , une rsine acre , de la cire , une matire extractive ( '"} amr(\ iui j)cu aromatique, de la gomme, du parenchyme, de l'aUjuDiinc et de l'eau. Proprits mdiciwales. Les Indiens font usage d'un scrupule de poudre de Piment dans un bouillon de poulet ou de veau qu'ils regardent comme utile pour soulager un estomac refroidi , ou pour dissiper les plileg- mes et les humeurs visqueuses , et aider les digestions. Ces capsules confites dans le vinaigre n'ont plus une si grande acrimonie. Les Pimens sont de bons sialalogues qu'on emploie quelquefois pour soulager les douleurs odontalgiques. On fait usage aux colonies du Piment, associ au citron , contre la gangrne rcente. Il agit en ce cas comme anti-seplique excitanl. Dans un cliolera-morbus pidmique ( voyez Ga- zette de Sant, i6 octobre 1826, n. 29), M. Montgo- mery , mdecin du district de Chauda, dans Tlnde , don- nait pour traitement une pilule compose de deux grains d'opium, dix de calomel et trois de poudre de poivre d'Inde , ds l'invasion *, puis une potion contenant deux onces d'eau-de-vie 5 cinquante gouttes de teinture d'o- pium^ et dix gouttes d'huile de Piment ( prendre en une fois). La potion se rptait toutes les demi-heures, et la pilule toutes les quatre heures. Lorsque les vomis- semens et les djections continuaient, on ajoutait des bains chauds, un vsicatoire sur l'pigastre et des frictions avec l'Arach chaud. Le succs couronnait ordinairement cette mthode. Comment concilier ce traitement excitant et incendiaire avec celui dbilitant et doux que l'on fait subir en Europe aux malades qui sont affects de gastro- ( i80 entrite qui n'est autre chose qu'un cliolera-morbus son invasion ! EXPLICATION DE LA PL4NCHE QUATRE CENT VINGT-TROIS. 1. Branche de Piment carabe de grosseur naturelle. 2. Piment mozambique entier. 3. Le n)mc coup transversalement. Tome VI. i o6 Lwrason, i q ( '82 ) WV\ VVV V \ V'* % VVVVX V VVVlX-V V V\ .(V*VVV/VVVVVVVV VVV VVVVVV VVVVVVvVV VV\ VVViXA) VVVVVV VVVVX'V (\A,V\^ POIVRIER AROMATIQUE. ( Masticatoire sialalogue. ) Synonymie. Vulg. Poivre blanc et noir. Piper aromatich. Lin. Diandrie trigynie. Jussieu, famille des Orties. Piper foliis ovatis , acutis , quinquenerviis, glabris; petiolis sim- plicissimis ; spicis infern substerilibus. Lam. Illustr. Gen, p. 76, n. 1, tab. 23. Piper nig^rum , foliis ovatis, subsep- tem nerviis, glabris ; petiolis simplicissimis. Lin. Syst. PL vol. 1, p. 76. Piper rotundum ex Malabar, foliis latis y quinquenerviis , albicantibus. Herm. Zey. 62. Piper ro- tundum, nigrum. Moris. Oxon. Hist. 3, p. 602, i5, tab. 1, f. 1. Molago-Codi Rheed. Malab. 7 , p. 23, tab. 12. Piamentae Lusit. En espagnol : Pimienta negra. En portugais : Pimenteira. En anglais : Pepper. Caractres gnriques des Poivriers. Genre de plan- tes dicotyldones , fleurs incompltes , renfermant des arbustes ou dsherbes, la plupart grimpans, dicliotomes, rameaux presque articuls \ les feuilles sont aUernes ou opposes; les fleurs axillaires ou opposes aux feuilles, disposes en un chaton lroit, allong. Le caractre essentiel de ce genre est d'avoir : des fleurs runies en un chaton filiforme; point de calice, ni de corolle; /<^v/;'//^//y . JV.A. . 4 ^ ^"^ J f ^ t^^^^^^^^B^^^K^ ' ,^^P^ A \j^ 4iJi^. ^ m 7^j'/7c/ore 7?^^r/?i^r'//7% J^tha^ /^f'/'f^ K frr/^. FOI VIII E il X IIOMAT OFK ( >83 ) deux anthres presque sessiles ^ une baie une seule semence. Caractres particuliers. Feuilles ovales, sept ner- vures, glabres, ptioles, trs-simples. (Indes. Vivace.) Histoire naturelle. Ce Poivrier crot naturellement dans les Indes, particulirement Java, Sumatra, etc., mais on le cultive actuellement aux Antilles. Cet aro- mate , dit Lamarck, est d'un usage ancien^ il entre comme base de toutes les pies que l'on emploie dans l'assaisonnement de nos alimens. C'est un bon stimulant lorsque Ton n'en fait point d'excs 5 il ranime les esprits , facilite les digestions , soulage dans les coliques et les crudits de l'estomac. Le Poivre est l'objet d'un grand commerce ; son exportation des Indes , autrefois tout entire entre les mains des Portugais, est aujourd'liui partage entre eux , les Hollandais, les Franais et les Anglais. La culture du Poivrier n'est pas difficile. Il suffit de le placer dans des terres grasses et d'arrachei- avec soin , surtout les trois premires annes, les herbes qui croissent en abondance autour de sa racine. Les tuteurs sur lesquels les Poivriers grimpent et s'attaclient, sont coups la mme hauteur et plants au cordeau gale distance les uns des autres. Le voyageur est flatt en promenant ses regards sur l'immense tendue de ces beaux alignemens. Il ne donne du fruit qu'au bout de trois ans *, la premire anne et les deux suivantes , sa fcondit est trs-considrable^ les rcoltes vont ensuite en diminuant, et cet arbuste dgnre avec une telle rapidit , qu'il ne rapporte plus rien la douzime anne. Les fruits ne se recueillent que quatre mois aprs la llo- ( '84 ) raison; on les expose au soleil pendant sept jours , afin de faire noircir l'ecorce. On enlve, dit Oeol'rov , l'- corcc du Poivrier noir , et on en fait , par l'art , le Poivre blanc. On le dpouille de cette corce en faisant macrer les fruits dans l'eau de la mer. L'ecorce se gonile et se crve ; on en retire trs-facilement la semence qui est blanche, que l'on sche, et dont la saveur est plus douce que lorsqu'elle est revtue de son corce. Cahactres physiques. Le Poivrier aromatique est un arbuste dont les racines sont fibreuses , noirtres ; elles poussent des tiges souples, sarmenteuses, grimpantes aux arbres voisins, ou rampantes lorsqu'elles ne trouvent point d'appui \ elles sont lisses , articules , spongieuses, dicliotomes , garnies de feuilles alternes , ovales , un peu allonges, paisses, glabres, acumines , portes sur des ptioles mdiocres, et marques de cinq nervures , dont deux infrieures partent de la base , les trois autres un peu au-dessus, et se dirigent toutes vers le sommet des feuilles. Les fleurs sont disposes en grappes simples , termi- nales ou opposes aux feuilles. Les ptioles sont cylin- driques et point denticuls. Les fleurs infrieures, jus- que vers la moiti du cbaton , sont assez ordinairement striles ; les suprieures seules sont fertiles -, ce cpi a fait souponner quelques auteurs qu'elles taient mono- ques. Les fruits sont globuleux, petits, d'abord ver^ dtres , puis rouges, enfm noirtres. Analyse chimique. Le clbre Pelletier ( Annales de chimie et de physique, XVI, 33^) indique ainsi l'a- nalyse du Poivre noir qui contient ; corps gras acre, ( i85 ) avec de l'huile volatile 5 principe extractil , analogue la cytisine, prcipitable par le tannin ^ piprine 5 gomme ', bassorine ^ amidon : fibre ligneuse -, acide malique -, peu d'acide tartrique , sels base de potasse , de chaux et de magnsie. (Virey , i49 ) Proprits mdicinales. Les noirs de la cte de Gui- ne font avec la racine du Poivrier aromatique une bois- son enivrante , qu'ils obtiennent en concassant la racine et la mettant fermenter avec de l'eau. Ils mchent la racine avant de la soumettre la fermentation. Ce Poi- vre , class juste titre parmi les mdicamens toniques et stimulans les plus nergiques , est dou de vertus chauffantes , stomachiques , aphrodisiaques , excitan- tes , etc. -, proprits qui n'ont point d'action s'il y a exci- tation sur les organes. Ainsi , le Poivre n'excite l'apptit que lorsque l'estomac est rempli de sabures , qu'il a be- soin d'tre stimul , et qu'il n'y a nulle trace d'irrita- tion. Il n'est diurtique que pour les constitutions molles et lymphatiques ; tandis qu'il augmenterait les dsordres de l'inflammation chez les personnes sanguines , bilieuses ou nerveuses, toujours doues d'une susceptibilit orga- nique souvent porte l'excs. D'aprs ces observations et cette sage thorie, on voit d'avance quels sont ceux pour qui l'usnge du Poivre peut tre tolr. Les anciens l'estimaient convenable dans l'anorexie , les flatuosits , les vertiges , les sueurs excessives , certaines hmicra- nies, et pour combattre la prsence des vers intestinaux. Divers mdecins n'ont eu qu' se louer de son usage dans la goutte atonique et dans les catarrhes chroniques , sur- tout chez les sujets pituiteux et avancs en ge. C'est un ( '(i ) dvs plus surs a[)hiodlsia(|ucs. On lui reconnaissail depuis Jong-tenips uue proprit fbrifuge que la belle dcou- verte de laPipriiie fait briller daus tout son clat. Cette substance se donne la dose du sulfate de quinine, et est souvent plus eflicace dans les cas difficiles et les afec- tions qui sont rebelles l'action de la quinine. Il faut cependant ne l'administrer que lorsqu'il n'y a point d'irri- tation dans l'estomac. On applique extrieurement le Poivre en poudre dans le relchement de la luette. Enfin, le Poivre peut servir comme masticatoire dans 1 odontalgie , comme sternutatoire dans les affections comateuses , l'apoplexie sreuse , et mme comme rubfiant. On lit, dans la Gazette de Sant ( ^5 fvrier 1826), plusieurs observations qui prouvent videmment que le Pip lin employ comme fbrifuge a guri des fivres re- belles qui avaient rsist la quinine. On trouve dans le Journal de Pharmacie (juillet 1822 ) la formule d'unlectuaire de Poivre compos, que voici : Prenez Poivre noir, racine d'Aune , de chaque une livre ^ semences de fenouil , trois livres ", miel despum et sucre pur, de chaque deux livres. Mlez toutes ces substances pulvrises dans les ma- tires sucres , rduites l'tat de sirop , et prparez , selon l'art, un ectuaire dont on fait usage dans les affections leucophlegmatiques avec atonie des viscres. ( New medico- chirurgical Pharmacop . Londres , 1822). Mode d'administration. Le Poivre en poudre se donne iiitrieurement depuis cinq jusqu' vingt grains, et la dose d'un gros par pinte d'infusion aqueuse ou vineuse. l i7 ; L'iiuile essentielle se prescrit depuis deux jusqu' dix gouttes. La dose de l'lectuaire est depuis un gros jus- qu' trois. EXPLICATION DE LA J LANGUE QUATRE CENT VINGT-QUATRE. Le dessin est rduit moiti. 1 . Fleur grossie. 2. Graine entire. 3. Graine ouverte. ( 'Sa ) AAVVt VV^W VV\ VV\VVVV>'VV%'V\'VV*lVV\'VV\VV\'VV*/V\'VV\VVVVV* VO.VX^'VV VVVVV%'VV\VVVVVVV^ vx^vv JAMBOSIER A FEUILLES TROITES. ( Masticatoire sialalogue.) Synonymie. Eugenia angustifolia. Lin. Icosandrie monogynie. Juss., famille des Myrtes. Eugenia foliis angustis linea- ribus acutis; pedunculis oppositis; foliis brevioribus. La- marck. Myrtus pomifera; foliis longis et angustis. Plum. Cat. i8, Mss. 7, t. 81. Burm. Amer. t. 20^, f. 2. Caractres gnriques des Jambosiers. Genre de plantes fleurs polyptales , de la famille des Myrtes, etqui comprend des arbres et des arbrisseaux exotiques , feuilles simples et opposes et fleurs pdoncules , soit latrales , soit terminales , d'un aspect souvent agrable , auxquelles succdent des fruits bons manger dans quelques espces. Le caractre essentiel de ce genre est d'avoir : un calice suprieur , quatre divisions ; quatre ptales^ un grand nombre d'lamines ^ une drupe couronne et uniloculaire. Caractres particuliers. Baies spbrodes d'un beau carmin ^ feuilles trs-troites. //it'0/7^rr' /^e<)^cof/y^///\ ri/ut Ocz/tru^/ i^fr^// ' JAl^iaiOBIKI-l AFKFIiXEH lill^Hl^m^^:?4 . ( % ) Histoire naturelle. Cet arbre d'un aspect brillant et sracieux crot dans les forets des Antilles o ses baies attirent les oiseaux qui les reclierchent. Il monte en colonne la hauteur de plus de trente pieds , puis pa- nouit avec grce ses rameaux recourbs chargs la fois de fleurs lgantes et de plusieurs fruits arrondis de couleur de corail. Caractres physiques. Aucune des espces connues du genre Jambosier n'a des feuilles aussi troites que celle-ci \ elle constitue un arbre mdiocre , dont le tronc est court , peu pais et fort ranieux. Ses rameaux sont cylindriques, gristres, opposs, et les derniers sont trs-grles. Les feuilles sont trs-nombreuses , opposes, troites, linaires, pointues, glabres, presque sessiles , et en quelque sorte semblables celles de la Linaire ou de l'Hyssope -, elles sont longues d'un deux pouces, sur une ligne et demie ou deux lignes de largeur. Les p- doncules sont axillaires , solitaires ou gmins , oppo- ss, uni ou multiflores et plus courts que les feuilles. Lorsque les feuilles manquent aux extrmits des ra- meaux fleuris, les pdoncules forment dans ces parlies des espces de grappes terminales. Les fleurs, selon Plumier, ont un calice quatre divisions, quatre p- tales blancs et beaucoup d'tamines, peine del gran- deur des ptales. Le fruit est une baie globuleuse, d'un rouge carmin brillant, contenant dans une seule loge deux ou trois osselets runis et comprims. Analyse chimique. Les fruits de ce Jambosier con- tiennent du tannin, une substance acre et aromatique, de l'eau et un peu de mucilage. Tome VI. 107*^ Livraison. 17 ( ^90 ) Proprits mdicinales. Les racines et les graines des baies de ce Jambosier sont rputes masticatoires cause de leur extrme cret. On les emploie en cette qualit dans les odontalgies, et dans la paralysie de la langue pourexciter la scrtion salivaire. Ces parties conviennent galement dans les aflections soporeuses, dans la cata- lepsie, dans l'extase et la lthargie , mais on se contente d'en administrer la dcoction en lavemens. On fait, avec toute la plante rduite en poudre, un cataplasme que les insulaires appliquent sur le bas-ventre des femmes en couche pour apaiser leurs tranches. On en prend deux onces que Ton mle exactement avec du blanc d'uf et un peu d'alcool. Ou tend ce mlange sur des toupes, et on l'applique sur la rgion ombilicale aprs l'avoir mdiocrement chauff sur une assiette. Dans quelques cas de pleurodynie , on applique ce mme topique en remplaant l'alcool par de l'acide actique. Ce moyen agit comme drivatif et rubfiant. EXPLICATION DE LA PLAIJCHE QUATRE CENT VINGT-CINQ. Le dessin est de demi-grandeur naturelle. 1 . Baie entire. 2. Baie coupe transversalement. AtpT Affi /v. j2{;. 7'^d-ttt/i>/f Pl'^r,->'lt/'icf\ /'l/t^ (.'iiArif/ J\-a/ l?ETy^lK A TETE iimV.V. ( '9' ) *,v^vv\AAl\vv>lVv^v\/\'v\A^v\vv^vY^lvv'VW PYRETHRE A TETE DOREE. ( Masticatoire sialalogue. ) Synonymie. Vplg-airement, i Salivette , Camillaire. Pyre- ihrum clirjsocomoides. Plumier. Man. J. 2. 54, p. 62. Lin. Sjngnsie polygamie superflue. Jussieu , famille des Co- rjmbifres. Seconde espce, Pyrethrum aphjllum. Plumier. Herba innominata. Marcgrav. , lib. 1 , cbap. XXI. Caractres gnriques des Matricaires. Genre de plantes fleurs composes , de la famille des Corymbi- fres , qui a des rapports avec les Pquerettes et les Camomilles, et qui comprend des herbes et des arbustes feuilles alternes, simples ou dcoupes, et fleurs terminales le plus souvent disposes en corymbe. Le caractre essentiel de ce genre est d'avoir le calice imbriqu, bmisphrique ^ les corolles radies^ le r- ceptacle nu 5 les semences sans aigrette. Caractres particuliers. Fleurs jaunes coniques. Histoire naturelle. Cette espce de Camomille se ( 19^ ) trouve dans les savanes des Antilles. Elle est frquente dans celles de la Cabestre la Martinique. Elle t'cbauffc la bouche, et fait cracher comme la Pyrthre. On l'ap- pelle pour cet efl'et Salivette. On lui donne aussi le nom de Camillaire du nom d'une demoiselle Camille qui en a indiqu l'usage. La Pyrthre tte dore n'exige que la serre tempre^ elle se sme d'elle-mme-, elle vient aussi de boutures qui reprennent trs-facilement, ou de pieds clats. On la renouvelle au bout de deux ans , car alors ses racines poiiriissent en terre. Caractres physiques. Cette plante , dit Plumier , a plusieurs petites racines blanches , fibreuses et par- pilles. Elles jettent plusieurs liges branchues et ten- dues terre, paisses d'une ligne, rondes, rouges, unies et parsemes de quantit de petits points. Deux feuilles opposes, chaque noeud, larges d'un pouce sur un pouce et demi de longueur ^ pointues , denteles, tendres, grassettes , nerveuses par-dessous et un peu velues par-dessus^ le pdicule fort court. Cette plante donne naissance de petites branches qui poussent aussi de leurs noeuds des pdicules, tantt seuls, tantt ac- compagns , fort dlis , longs d'environ deux pouces , et qui finissent par un petit vase dcoup en six ou sept feuilles vertes , et servent de base une tte conique et dore de quatre cinq lignes de hauteur et de trois d'- paisseur. Cette fleur ressemble beaucoup celle de Ca- momille , l'exception du disque qui est conique. Analyse chimique. La racine de cette Pyrthre, et particulirement celle de l'espce appele Pyrethrwn aphfyllum^ contient un peu d'huile butyiace volatile c 193 ) acre et odorante ; du camphre ^ une rsine molle acre 5 un principe amer ^ de la gomme et de la fibre ligneuse. Proprits mdicinales. Quand on mche la racine de cette Pyrthre , elle produit sur la langue une saveur acre et violente qui ouvre les conduits salivaires ; c'est pourquoi elle doit tre recherche, et convient aux per- sonnes douloureusement affectes de maux de dents qui "viennent d'engorgemens et de catarrhes. C'est encore un trs-bon remde employer dans les affections sopo- reuses et dans la paralysie de la langue , car son acri- monie irrite vivement le systme nerveux. Elle entre dans la composition de plusieurs poudres sternutatoires. Les insulaires appliquent, en nature et sans aucune autre prparation, le feuillage de cette Pyrthre sur les tumeurs aqueuses causes par l'hydropisie , et sur les t- gumens infiltrs aprs avoir lgrement scarifi la partie. On l'y applique pile en cataplasme. EXPLICATION DE LA PLANCHE QUATRE CENT VINGT-SIX. La Pyrthre tute dore est rduite moiti. 1. Tige au trait du Pyrethrum aphyllum. 1. Fleur de grosseur naturelle. 3. Racine. ( '94 ) V\vVWWVWVWWV/WWVWV VWWV VW VWVWVWVWWX WVV\^ W*vAVVWWVWV v\a.vwv\>v .'WVW /W POIVRIER A PIS LACHES ET QUADRANGULAIRES. ( Masticatoire sialalogue. ) Synonymie. Vulg. Btel marron. Piper discolor, Swartz. Lin. Diandrie digjnie. Jussieu, famille des Orties. Piper foliis lato-ovatis, quinque nerviis, glaberrimis , partim discolo- ribus 5 spicis laxioribus ; flosculis remotioribus. Swartz. Prodr. , p. i5, et Flor. Ind. occ. vol. i , p. 62. Piper longum arboreum. Gmel. In Nov. Com. Piper longum minus frutescens. Plumier. Cab-Actres gnriques des Poivriers. Genre de plan- tes dicotyldones, fleurs incompltes, ayant du rap- port avec les Orties ^ il renferme des arbustes ou des herbes, la plupart grimpans , diclio tomes, rameaux presque articuls. Les feuilles sont alternes ou oppo- ses -, les fleurs axillaires ou opposes aux feuilles, dis- poses en un chaton allong , plus ou moins serr. Le caractre essentiel de ce genre est d'avoir des fleurs runies sur un chaton filiforme ^ point de calice , ni de corolle -, deux anthres presque sessiles ^ une baie une seule semence. 20J- r Lnf T'7ic-tr. V W W V\'> W W W 'VVVV*'iVV'V\^ W W* W* IV "VX! ^AO'X'V^'VVX'VX'X \\'>'VWV\''/V\'VVVWVW^ CANANG AROMATIQUE. ( Masticatoire sialalogue . ) Synonymie. Vulg. Poivre d'Elhiopie , Maniguette, Bois d'- corce. Uvaria aromalica zejlanica. Lin. Polyandrie po- Ivginie. Jussieu, famille des Anones. Uvaria foliis ovato-obloDgis, acutis, integerrimis, glabris; petalis oblongis concavis, coriaceis , fructibus torulosis. Lamarek. Piper oblongumnigrum. Baub. Pin. 4i2. Pipertliiopicum sili- cosum. J. B. 2 , p. 1 87. Piper aetbiopicum. Lob. Icon. 2, p. 2o5, Raj. Hist. 1778. Xjlopicron arbor Barbadensi- bus. Pluk. tab. 238, f. 4- Uvaria Zeylina. Aublet. Guiane , p. 6o5, tab, 243. Caractres gnriques desCanngs. Genre de plantes fleurs polyptales , de la i'amille des Anones, compre- nant des arbres exotiques dont les feuilles sont simples et alternes, et dont les fruits viennent un grand nombre ensemble de la mme fleur, attachs un rceptacle commun. Les caractres essentiels sont un calice per- sistant trois dcoupures pointues ^ six ptales lancols, sessies , plus longs que le calice ^ grand nombre d'ta- mines plus courtes que les ptales , dont les anthres Tome VI. 107^ Li^>raison. 18 ( '!) ) .sessiU's recouvrent en t^ranJe partie le pislil ^ beaucoup (rovaires supiieurs serrs et ramasss en un corps ovale, dpourvus de style et termins chacun par un stii^matc simple, l'ruit six ou quinze capsules pdicules, uui- loculaires, rinfermant une six semences attaches uu placenta latral. Les pdicules de ces capsules naissent d'un point conuuun (jui auparavant tait le centre de la fleur. CARAcTiiRES l'AiiTicuLiERS. Fcuilles trs-entircs. (In- des. Yivace.) Histoire naturelle. Cet arbre, selon Aublet, a t observ au Prou par M. Joseph de Jussieu ^ il crot aussi dans la Guiane, l'Ile-de-France, et inme dans cfuelques les Antilles o il a t transport par quelque navigateur. Les fruits de cet arbre sont d'une saveur piquante et aromatique, et employs par les Ngres dfaut d'picerie. Ils sont connus sous les noms de Mani- guette , Poivre des Ngres, Poivre d'Ethiopie. Cette graine est d'un got acre et semblable un mlange de poivre, de camphre, de lavande et de thym. Cette graine, dit Valmont de Bomare, qui entre dans la com- position du vinaigre, tire son nom Maniguette d'une ville d'Afrique, nomme Maleguetta, o l'on en faisait le commerce, et d'o les Portugais Font apporte en Europe. CARACTiiREs PHYSIQUES. Lc Canaug aromatique est un grand arbre dont le tronc, dit Aublet, s'lve vingr pieds et plus , sur environ un pied de dianictre. Son corre est cendre , sou bois est blanc oi pea rompacie ; ( 199 ) il pousse son sommet des branches longues, dentes , charges de quelques rameaux longs et flexibles. Les feuilles sont alternes , ovales , oblongues , pointues, trs- entires , lisses, trs-glabres et portes sur des ptioles trs-courts. Les fleurs naissent solitaires, ou deux en- semble dans les aisselles des feuilles ; leur pdoncule est long de quatre lignes. Elles ont un calice court par- tag en trois dcoupures ovales-pointues -, six ptales oblongs , pointus, concaves, coriaces, un peu rtrcis ou trangls prs de leur base, et dont trois extrieurs sont un peu plus grands , lisses et violets en dedans , et couverts en dehors d'un duvet cendr. Les trois ptales intrieurs sont moins larges, moins fermes et d'un vio- let obscur. Les ovaires de chaque fleur deviennent au- tant de capsules cylindriques , un peu noueuses ou to- ruleuses , longues d'un pouce et plus , rousstres ou brunes et portes chacune sur un pdicule court et pais. Ces capsules sont attaches un mme rceptacle, et leur nombre varie de dix vingt. Elles contiennent de- puis une jusqu' huit graines places les unes sur les autres, et attaches un placenta intrieur qui rpond la rainure extrieure. Analyse chimiqle. La Maniguette contient une huile acre et aromatique, une rsine et de la gomme. Proprits mdiciinales. Les graines de ce Canang sont trs-chaufl'antes , et comme stimulantes elles sont spcialement recommandes dans la paralysie. Elles excitent avec nergie l'organe du got , c'est pourquoi on les fait entrer dans une pte masticatoire que l'on prescrit aux colonies dans les anorexies qui proviennent ( 9AJO ) trune canso spasmodlquc. Cornnn.' cofidinu'iil les grainea do Manii^uctle romplacciule poivre avec avanlai^e, puis- qu'elles ont les mmes proprits. C'est poiir(|uoi leur emploi est indiqu dans les engorgemens des glandes parotides et salivaires, ainsi que dans les aflfections as- thniques nerveuses de Testomac et des intestins. C'est un alexitre trs-estim par les colons de l'Amrique. On en mche en Europe pour exciter cracher , et dans rinde pour se rafrachir lors des grandes chaleurs, ou plutt pour rparer les pertes d'une transpiration exces- sive et nervante. EXPLICATION DE LA PLANCHE QUATRE CENT VTNGT-HUIT. Le dessin est rduit au sixime. i. Corolle panouie. 2. Rceptacle ou pistil stoloniformc g-arni d'iamines. 3. Pistil dgarni d'tamines. 4. Calice. 5. Etamine grossie. 6. Groupe de frnit^. 7. Graine. /(xH*^ /./f}- ll^EiL Zifre /i'^tvitr/i/!^ /'muL- airceZ Je lHn^-l\WA% FEiiir ULE ( ^01 ) vw (vvvvvvvvk/vvvvvv\^/vvvvvvvvvvvv/vvvvvvvvvvvvvvvvvvvvwvvvvvvvvvvv*^^lvvvvvvvvvvvvvvv\^ POIVRIER PEDICULE. {^Masticatoire sialalogue.) Synonymie. Vulg. Cubbes ou Guabbes. Piper Cubeba. Linn fils , classe 2 , Diandrie trigynie. Jussieu , famille des Orties. Piper foliis ovatis , acutis , basi obliquis ; nervis vagis, fructibus pedicellatis. Lam. Illust. Gen., p. 8i, n. 369. Piper Cubeba , foliis obliqu ovatis seu oblongis, venosis, acutis ; spicd solitari, pedunculat, oppositifolia; fructibus pedicellatis. Lin. f. suppl. 90. En anglais: Cubebs-Shrub. En espagnol : Cubeba. Car4ctres gnriques des Poivriers. Genre de plan- tes dicotyldones, fleurs incompltes, renfermant des arbustes et des herbes, la plupart grimpans, dichoto- mes, rameaux presque articuls; les feuilles sont al- ternes ou opposes -, les fleurs axillaires ou opposes aux feuilles, disposes en un chaton troit, allong. Le ca- ractre essentiel de ce genre est d'avoir des fleurs runies en un chaton filiforme ; point de calice ni de corolle \ deux anthres presque sessiles ; une baie une seule semence. Caractres particuliers. Feuilles obliquement ovales, TomeVT. 108* Livraison. 19 ( 202 ) soiivcnl obloiigucs, vcin(''es, aigus^ t'pi solitaire, p- doncule, oppos aux feuilles; fruits pdicules. (Indes, Vivacc ). Jolyclerc. Histoire naturelle. Cet arbrisseau crot naturelle- ment d^ns l'le de Java, dans celle de France , en (niine et aux Antilles. On le rencontre dans les mornes levs, frais et boiss. On connaissait depuis long-temps dans le commerce les fruits de ce Poivrier, sans savoir quel arbrisseau ils appartenaient ; c'est Thunberg que nous sommes redevables de cette dcouverte. Ces petites baies sont d'un got fort acre et d'une odeur aromati- que -, elles excitent puissamment la salive, corrigent la mauvaise odeur de la bouche , fortifient l'estomac. Les Indiens en font un grand usage ^ ils les mettent macrer dans du vin, et les emploient comme condiment; les confiseurs les recouvrent de sucre, et en font des dra- ges que les mdecins recommandent dans les affections nerveuses et atoniques et pour rtablir l'apptit. Les Cubbes ont beaucoup de rapport avec le Canica, es- pce d'picerie qu'on trouve dans l'Ile de Cuba, qui aie parfum du clou de girolle et est d'usage eu mdecine comme stomachique. Caractres physiques. Le Poivrier pdicule est un petit arbrisseau dont les fleurs sont dioques et les fruits pdicules, caractres, ditPoirel, qui le distinguent suffi- samment des autres espces , particulirement du Poi- vrier sauvage avec lequel il a des rapports. Ses tiges sont glabres , articules , flexueuses ; ses ra- meaux courts, chargs de feuilles rapproches, alter- nes, ovales, aigus, arrondies, obliques et non en coeur ( 203 ) leur base , un peu fermes , marques de nervures va- gues , alternes , portes sur des pdoncules courts , lon- gues de deux pouces et demi environ , larges de prs d'un pouce. Les pis sont solitaires, opposs aux feuilles, pdon- cules -, les fleurs rales sont sessiles sur des chatons et des individus spars ; les fleurs femelles donnent des fruits supports chacun par un petit pdicule plus long que la petite baie qui le termine. Celle-ci est globuleuse , plus petite que celle du Poivrier aromatique. Analyse chimique. LesCubbes, suivant Virey et Vauquelin , contiennent de l'huile volatile , une liqueur verte, grasse (rsine molle), d'une odeur dsagrable et d'une saveur amre, analogue au baume de Copahu ^ peu de rsine dure brune , une matire extractive , ana- logue celle des Lgumineuses, prcipitable par l'acide gallique -, gomme et quelques sels. Proprits mdicinales. L'odeur des Cubbes tant plus agrable que celle du Poivre , les a fait prfrer de tout temps dans les prparations pharmaceutiques. Leurs proprits toniques , stimulantes , sialalogues , carmi- natives, etc. , sont incontestables. Murray en recom- mande l'usage aux personnes dont l'estomac surcharg de mucosits fait pniblement ses fonctions. Cete subs- tance nergique dissipe, en ce cas, les flatuosits qui r- sultent et accompagnent les digestions laborieuses : son usage convient aussi dans l'hmicranie , dans les ca- tarrhes muqueux et dans l'asthme liumide , l'apoplexie, la paralysie et autres nvroses. On s'en sert peu l'in- 19' ( ao4 ) tciicur en Europe, mais frquemnient dans les paya chauds. Onconoitdiiricilcmentquc, dans les pays brls par l'ardeur du soleil , on ait recours tous les excitans les plus nergiques , soit en boisson, soit comme con- diment, soit en masticatoire-, car ({uoi de plus caustique que celui qu'on obtient par l'association de la chaux vive, du tabac et de la noix d'Arquier, dont les princi- pes astringens et hroques, au rapport de Pron, d- truisent en peu de temps une lame de couteau? Et ce- pendant on vit long-temps dans l'Inde et aux colonies en usant de semblables moyens indiqus d'ailleurs pour prvenir le relchement des solides et l'engouement muqueux des viscres. Le Cubbe est un masticatoire agrable et qui corrige la mauvaise haleine des person- nes affliges de l'ozne , et qu'on appelle Panais. Sou- vent on l'ajoute, ainsi que l'corce de Cascarille, au tabac fumer pour stimuler les glandes salivaires, et prvenir la paralysie de la langue. Les Indiens attribuent ces graines une vertu aphrodisiaque incontestable. C'est probablement par suite de cette analogie avec les organes gnitaux que, dans ces derniers temps, on a ap- pliqu les Cubbes au traitement des affections mu- queuses syphilitiques. Les Anglais ont employ les pre- miers le Poivre Cubbe contre la blennorragie et les llueurs blanches; au dbut, et quand la maladie est r- cente, a dit le professeur Delpech, alors qu'il y a pru- rit , chaleur , le Cubbe fait cesser l'coulement en quelques jours. Quand la maladie est plus complique et plus invtre, il faut lui associer d'autres moyens. On a d'abord prescrit le Cubbe en poudre et par pilule depuis un gros jusqu' une once par vingt-quatre heures, mais celte dose est norme, incendiaire, et cet ( 205 ) inconvnient est trs-grand pour les estomacs faibles et irritables , qui sont bientt fatigus de cette niasse en plus grande partie ligneuse et inerte^ rpugnance qui oblige les malades abandonner leur traitement , sans y comprendre les dangers courir d'une gastro-entrite. Le D. ^loiiu (Gazette de sant, 5 juin 1828) indique le traitement suivant contre la blennorragie. On fait d'abord usage des antipilogistques, tels que sangsues au pri- ne ^ de bains gnraux, de boissons diurtiques adou- cissantes et rafrachissantes, telles que infusion de fleurs et racines de guimauve, dcoction de chiendent, de graines de lin nitres, sucres avec le sirop de gro- seille, de framboise ou d'orgeat-, puis la prparation suivante qui est, dit-il, d'un usage commode et discret. Prenez : gomme arabique en poudre, racine de gui- mauve pulvrise, de rglisse idem, crme de tartre, de chaque deux onces ^ nitrate de potasse, deux gros *, opium, six grains. Divisez en vingt paquets. On prend chaque jour deux paquets dans deux bouteilles d'eau frache. L'irritation tant passe, et l'coulement tant devenu plus pais, on a recours des injections com- poses de vingt grains de sulfate de zinc dans huit onces d'eau anime de liqueur de Van-Swieten. On prescrit en mme temps des lavemens de roses de Provins avec deux gros de baume de copahu^ et surtout trois cuille- res, par jour, de la marmelade suivante^ prenez : baume de copahu , deux onces ; Cubbe pulvris, une once-, gomme kino pulvrise, deux gros; cachou en poudre, deux gros; essence de citron et de menthe, quel- ques gouttes. On donne de plus quatre cuilleres par jour de la potion suivante : prenez baume de copahu deux onces ; sucre en poudre, deux gros ; teinture de Cubbe ( io6 ) une once^ teinture de gomme kino, une oncc^ eau dis- tille de chamdris , six onces ^ eau de lleuis d'oranger, deux gros ; mais toujours il faut joindre l'usage de la liqueur de Van-Swieten, ou la gurison n'est que mo- mentane. Mode d'administration. On administre les Cubbes en poudre depuis trois grains jusqu' un scrupule ; en macration vineuse, d'un deux gros. L'extrait, d'un dix grains , et l'huile essentielle, par gouttes. EXPLICATION DE LA PLANCHE QUATRE CENT VINGT-NEUF- Le dessin est de grandeur naturelle. 1. Chaton femelle. 2. Epi de fruits mrs. 3. Fruit entier. 4- Fruit ouvert pour apercevoir la graine. 5. Chaton mle. " ' / /y. s:ic //ii'iii/orc rj'VV^\lVA.>'VV\'V>'VV'\'VV\X/V'llVV'>^/V\^^ MOUTARDE NOIRE. ( Masticatoire sialalogue. ) Synonymie. Sinaps nigra. Lin. Ttradynamie siliqiieuse. Jussieu, famille des Crucifres.- Sinapis siliquis gla- bris , racemo oppressis. Lin. Spect. plant, vol. 2. Sinapis siliquis glabris apice tetragonis. Hort. Cliff. 338. FI. Fr. II. 619. 3. En anglais : Mustard. En espagnol : Mor- taza. En portugais : Mostarda j Mostardeira. Caractres gjvriques des Moutardes. Genre de plantes fleurs polyptales , de la famille des Crucifor- mes, dont le calice est toujours lche, au lieu d'tre serr comme dans les choux. Ce genre comprend des herbes tant indignes qu'exotiques dont le caractre es- sentiel est d'avoir : le calice trs-ouvert-, les onglets de la corolle droits; une glande entre les tamines les plus courtes et le pistil , et une autre entre les tamines les plus longues et le calice. Caractres PARTICULIERS. Siliques glabres , appliques la grappe, comme ttragones. (Annuelle.) Histoire naturelle. Quoique cette plante soit d'Eu- ( 208 ) rope, nanmoins on la cultive dans quolcjnes liabitalions des mornes aux Antilles, qui jouissent d'une tempra- ture modre. Elle vgte , ainsi qu'en Europe , dans les sols arides et pierreux. Son nom , selon Poiret, est form des mots mustum ardens qui signifient mot brlant. En effet, les semences de Moutarde, tant pulvrises et mles une certaine quantit de mot de vin demi- paissi , ou de la farine et du vinaigre, donnent cette pte liquide, jaune et piquante, connue sous le nom de Moutarde et qu'on aromatise suivant le got des ache- teurs. C'est un condiment gnralement recherch, et qui parat sur toutes les tables pour se joindre aux viandes et aux poissons. La Moutarde , contraire aux personnes robustes , dont le temprament est plthorique , san- guin , sec, nerveux et d'une facile irritabilit, con- vient surtout dans l'hiver et par un temps humide aux tempramens froids et flegmatiques, dont la fibre est molle, ceux qui mnent une vie sdentaire, aux scro- fuleux , ceux qui digrent mal , ou pniblement , ou qui vivent d'alimens grossiers. Sa vertu antiscorbutique en rend l'usage trs-utile dans les grandes maisons, o il y a beaucoup d'enfans , d'ouvriers , etc. Mle avec les alimens, elle prvient le vice scorbutique qui attaque souvent les individus rassembls. CArcACTRES PHYSIQUES. La Moutardc est trs-com- mune dans les champs d'Europe. Sa racine est grosse, charnue, droite , charge de filamens-, il s'en lve une tige haute d'environ trois ou quatre pieds, qui se divise en rameaux nombreux, diffus, lgrement velus. Ses feuilles radicales sont longues, plioles , rudes, ver- dlres, divises eu lobes arrondis et obtus , semblables ( 29 ) celles des radis , moins grandes , charges de quelques petits poils carts. Les feuilles du haut sont moins di- vises , presque glabres *, les dernires sont souvent lan- coles, trs-entires, toutes ptioles , les fleurs nais- sent en grappes terminales le long des rameaux. Elles sont petites, de couleur jaune. Elles produisent des si- liques quadrangulaires , lisses, rapproches de la lige, termines par une corne droite, courte et obtuse. Les pdoncules sont beaucoup plus courts que les siliques qu'ils supportent. Les semences sont globuleuses et de couleur brune. Analyse chimique. La semence contient : huile vola- tile , cre^ huile grasse, rsine, gomme et albumine. La cendre renferme beaucoup de phosphate de chaux et de magnsie. (John, Ecrits chim. , V, i53. Thi- bierge , Nouv. journ. de Trommsdorf, IV, 2, i5o. \ irey , p. 126.) Le professeur Deyeux a trouv beau- coup de soufre dans l'huile essentielle de Moutarde. Proprits mdicinales. Les graines de Moutarde, mises en contact avec la peau, y occasionent de la rou- geur, du gonflement, de la douleur, et si leur applica- tion se prolonge, l'piderme se soulve , se dchire et donne passage une assez grande quantit de srosit. Quand on les mche , elles excitent les glandes salivai- res, et agacent mme la membrane pituitaire et simulta- nment les glandes lacrymales. Prises intrieurement avec les alimens, elles stimulent tout l'organisme et faci- litent la digestion. Souvent elles acclrent la circula- tion , augmentent la scrtion des urines et la transpi- ration ; en un mot elles jouissent au plus haut degr de ( '" ) proprilL's anliscoibuliqucs. On lit ( (lazette de sant ^ du ^5 janvier 189.7, pag. '.>.o) reloge de la Moutardo blanche fait avec emphase par M. le docteur Cooke qui lui attribue les proprits exagres d'une panace ^ nous y renvoyons le lecteur. Toujours est-il vrai de dire que les semences de Moutarde conviennent toutes les fois qu'il y a dbilit et que l'usage des toniques est indiqu, comme dans l'anorexie, la chlorose, l'hypo- condrie et les affections scorbutiques et scrofuleuses. On les a quelquefois administres, dans des fivres inter- mittentes, la dose de quatre cinq cuilleres pendant l'apyrexie. Dans les ulcrations infectes de la bouche des scorbutiques , on a vu le vin dans lequel avait sjourn la Moutarde oprer des gurisons promptes et presque miraculeuses. On en a fait usage aussi contre la paralysie et l'ascite.Si cette mdication convient aux constitutions molles et lymphatiques et aux vieillards , on conoit combien il serait dangereux et peu rationnel de l'ap- pliquer aux personnes d'un temprament sec , nerveux et irritable: et s'il y a quelque mouvement fbrile, de la plthore, une phlegmasie locale, ou une prdisposi- tion aux congestions sanguines. Dans la thrapeutique moderne on n'emploie les se- mences de Moutarde qu' l'extrieur sous forme de ca- taplasmes appels Sinapismes, et qu'on obtient en d- layant cette farine avec du levain et du vinaigre. On les applique sur diverses parties du corps pour exciter l'irri- tation de la peau, et une excitation gnrale, comme dans la paralysie et les affections comateuses, ou bien pour oprer une rvulsion favorable dans la rpercus- sion de la goutte et du rhumatisme , des maladies de la peau , etc. ( ^'O EXPLICATION DE LA PLANCHE QUATRE CENT TRENTE. Le dessin est de grandeur naturelle. 1. Fleur ouverte o l'on distingue un ptale, le pistil, les tamines et quatre glandes. 2. Pistil. 3. Silique ouverte de grandeur naturelle. 4 Graine. ( ^^'' ) VWVW V\WViWWVvWWVVWV\VvV\VWWVWV%'WWVWVVW WVVWWVWVWVWVWVWW'VVWVWVvW MURIER DES TEINTURIERS. ( Masticatoire sialalogue. ) Synonymie. Vulg. Bois jaune. Moriis tinctoria. Lin. Moncie pcntandrie. Jussicu, famille des Orties. Mo- rus (Zanthoxylum) foliis oblongis, basi hinc productio- ribus, spinis axillaribus solitariis. Jac. Amer. 247 > t. 190 , f. 55. Zanthoxyium aculeatum , carpini foliis, ameri- canum, cortice cinereo. Pluk. Phyten. tab. 289, f. 3. Morus quae tataiba. Plum. Icon. 1999, f. 2o4- Morus lactescens , foliis oblongis, acutis , paginis exierioribus pro- ductioribus, ligne citrino. Brown. Jam. 389. Morus fruclu viridi, ligno sulfureo, tinctorio. Sloan. Jam. 128, Hist. 2, p. 3. Rai. Dendr. i4- Tatai-iba Marcgr. Brasil. 119. Varit B. Morus (tinctoria) foliis obliqu cor- datis, acuminatis, hirsutis. Mill. Dict. n. 8. Morus spinosa fructu villoso. Plum. Mss. J. A. 54? p 289. En anglais : Fustick- TVo d. Caractres gt^.nriques. Genre de plantes fleurs in- compltes monoques, quelquefois dioques, de la famille des Figuiers, comprenant des arbres exotiques, dont la plupart sont naturaliss en Europe. Ces plantes sont lactescentes, feuilles simples, alternes, stipules-, des Heurs en cliaton , solitaires, axillaires et produisant des fruits tous bons manger. Le caractre essentiel est d'- ^8': 7. /o . y./// . /V. J^3f. y/ieon/ore e^roou/-///K Vmj- 0'u^/-u-/^JcM,' MITMEli >KS l^EINTI-filEES (2l3) voir un calice partat^ en quatre, dans les mles et les femelles : point de corolle *, quatre tamines-, deux styles^ une baie monosperme constitue par le calice persis- tant. Caractres particuliers. Feuilles oblongues, pro- longes d'un ct^ pines axillaires. ( Vivace. Brsil.) Histoire naturelle. Le Mrier, recherch par les teinturiers cause de la belle couleur jaune que pro- duit son bois, croit naturellement dans toutes les les de l'Amrique , et en plus grande abondance Camp- che que partout ailleurs. On exporte ce bois de la Ja- maque et d'Hati, o il est trs-commun. Le fruit, quoi- que d'une couleur peu agrable la vue, offre nanmoins une saveur agrable et parfume ^ on l'admet quelque- fois pour complter un dessert des colonies. Les enfans et tous les oiseaux sont friands de ces baies. On donne aussi le nom de Bois jaune au Lawiis Mo 7^0 cy Ion de la Jamaque, et l'arbre appel Erithalis fruticosa. Caractres physiques. Le Mrier des teinturiers , sur un sol qui lui convient , s'lve soixante pieds de hauteur. Son corce est d'un brun clair et quelquefois sillonn^ son bois est ferme, solide et d'un jaune bril- lant -, il pousse de tous cts plusieurs branches couvertes d'une corce blanche, et garnies de quatre feuilles de quatre pouces de longueur, larges leur base, dcou- pes au ptiole o elles sont arrondies et plus larges d'un ct que de l'autre , de manire qu'elles paraissent places obliquement sur les ptioles : leur largeur dimi- nue par degrs vers l'extrmit qui se termine en pointe aigu. Elles sont rudes comme celles du Mrier noir 7 ( >^^^ ) d'un vert fonc, et supportes par de courts ptioles. Vers l'extrmit des jeunes hranclies sortent les chatons courts et de couleur ple-lierbace -, le fruit, qui sort sur de courts pdoncules dans d'autres parties des mmes branches , est de la grosseur d'une noix muscade, d'une forme arrondie , couvert de protubrances , vert en de- dans et en dehors -, d'une saveur douce et sucre quand il est mr. ( Miller. ) La varit B ne diffre de la premire espce que par les proportions plus petites de l'arbre et des fruits, et d'aprs la prsence de deux pines, ou stipules trs-ca- duques des feuilles , pines quelquefois si rares qu'il faut les chercher. Il n'est donc pas tonnant qu'elles man- quent absolument dans quelques individus, dit Poiret , principalement dans ceux que l'on cultive. Analyse chimique. Cet arbre lactescent donne une gomme-rsine jaune et amre qu'on obtient par incision et qui est soluble dans l'alcool. Les fruits contiennent une matire sucre , de la gomme et un principe acide. Proprits mdicinales. La gomme-rsine du Mrier des teinturiers peut servir de masticatoire. La teinture alcoolique de cette gomme-rsine est employe avec succs en lotions contre la teigne. On compose avec les baies de ce Mrier un sirop adoucissant et dtersif qu'on ordonne dans les angines tonsillaires , et pour adoucir les creis de la gorge et de la poitrine. On en mle une cuillere dans une verre d'une infusion lnitive. Les fruits, pendant leur maturit , apaisent la soif et rafra- chissent; avant leur maturit leur proprit dtersive et astringente les fait ajouter aux gargarismes que l'on ( 2i5 ) prescrit contre rulcration des gencives et de la mem- brane muqueuse de la vote palatine. Plusieurs iabitans m'ont indiqu Tcorce de ce Mrier comme capable de dtruire le taenia , mais je n'ai pas eu occasion d'prouver cette assertion. EXPLICATION DE LA. PLA.NCHE QUA.TRE CE:!<' ) VM V\\ W^ W\ VW W\ VA V\A VW VV\ VWVWifVWWUVX WVWV\ WWWWVVW WW( wvvwwwvvwwwv MUSCADIER PORTE-SUIF. (Masticatoire sialalogue.) Synonymie. Mjristica sebifera. Lin. Polyandrie monogynie. Jussieu , famille des Lauriers. Lamarck , Act. Acad. Par. Myristica foliis cordato-oblongis , subts lomentosis , pedunculis paniculatis, drupa cortice exsucco. Virola sebifera. Aublet , Guian. , p. 9i4> tab. 345. V^oirouchi par les Carabes , et Jezjezmadou par les croles. En anglais : I^uimej. En portugais : Moscadero , noz Mos- cada. En espagnol : Moscadero nuez de especia. Caractres gnriques des Muscadiers. Genre de plantes fleurs dioques, de la famille des Lauriers, ren- fermant des arbres ou arbrisseaux exotiques, toujours verts, feuilles simples et alternes ^ rameaux dpour- vus de stipules, et fleurs axillaires, petites, portes sur des pdoncules plus ou moins diviss , et plus courts que les feuilles. Son caractre essentiel est d'avoir des fleurs dioques *, un calice d'une seule pice , divis en trois ^ point de corolle 5 une baiedrupace monosperme , brou bivalve, et coque couverte d'une membrane en rseau ou lacinie. Carctires particuliers. Feuilles oblongues , lan- coles ; suc rougetre. /('8 '.' Ifo . /'/./32. 7%eoc&>re-JMrcourfylK /'tha /A7/i/'/<'/Sr. MFSCADIEM FOISTK - 8"l^^ ( ^I? ) Histoire naturelle. Le Mascadicr porte-suif, ainsi que ses congnres , a toutes ses parties pleines d'un suc propre, fort acre et de couleur rouge , qui dcoule abondamment lorsqu'on entaille l'corce de ces arbres. Ce suc est plus ou moins abondant , suivant la saison. Ce suc est acre. On retire des graines un suif jauntre avec lequel on fait des chandelles dans le pays. Pour cet elFet, dit Aublet, l'on spare les graines de leur coque, en passant un rouleau dessus , aprs les avoir fait scher au soleil \ ensuite on les vanne, et tant nettoyes, on les pile et rduit en pte , que l'on jette dans de l'eau bouil- lante pour en sparer le suif, qui se ramasse la sur- face et s'y durcit lorsque l'eau est refroidie. Enfin on le fond encore sparment et on le passe au travers d'un tamis. L'on en forme des chandelles dont on fait usage la ville et dans les habitations. Le fruit du Muscadier porte-suif, continue Aublet, est nomm Jezjezmadou par les croles. L'arbre est appel Voirouchi par les na- turels d'Oyapoc, Dniapa et Virola par les Galibis. On trouve de ces arbres fort jeunes qui portent des fruits. Ceux qui viennent carts dans les savanes sont de moyenne grandeur. Cet arbre est commun dans l'le de Cayenne et dans la terre ferme de la Guiane ^ on le rencontre quelquefois aux Antilles. Il se plait dans les terrains humides. Il est en fleurs et en fruits dans les mois de dcembre , janvier et fvrier. Caractres physiques. Le tronc de cet arbre, dit Aublet, s'lve trente, quarante, cinquante et jusqu' soixante pieds , sur deux pieds et plus de diamtre. Son corce est paisse, rousstre , gerce, ride. Son bois est blanchtre, peu compacte. Il pousse son sommet Tome VI. 108^ Livraison. 20 ( 2.8 ) un grand nombre de branches tortuc.'uscs et rameuses, qui s'tendent en tous sens^ les unes droites, d'autres inclines et d'autres presque horizontales. Les rameaux sont garnis de feuilles alternes , entins , oblongucs , aigus, chancres leur naissance, termines par une pointe ; elles sont vertes en dessus, et couvertes en des- sous d'un duvet court et rousstre. Les plus grandes ont huit pouces de longueur, sur trois et demi de largeur^ la nervure longitudinale qui les partage est fort saillante, ainsi que les nervures latrales qui en partent. Les fleurs sont de deux sortes, les unes mles et les autres femelles. Les fleurs mles naissent sur un indi- vidu, et les fleurs femelles sur un autre. Les fleurs mles sont ramasses par petits bouquets de cinq six fleurs sessiles, sur de grosses grappes qui naissent de l'aisselle des feuilles et l'extrmit des rameaux. Le pdoncule de la grappe , ses branches et ses fleurs sont couverts d'un duvet rousstre. Le calice est d'une seule pice en forme de coupe , trois dents. Il n'y a point de corolle. Les tamines sont au nombre de six, attaches au fond de la fleur sur un disque. Leur filet est court. L'anthre est trs-petite et deux bourses. Le centre du disque est couvert de plusieurs minences arrondies , et que l'on dcouvre l'aide d'un verre lenticulaire. L'arbre qui porte la fleur femelle ne diffre que par ses fleurs qui sont plus petites, trois dents, dont le centre est occup par un ovaire sphrique surmonte d'un stigmate charnu et obtus. ( 219 ) L'ovaire devient une capsule sphrique , pointue , verdtre, coriace, marque, de sa base sa pointe, de chaque ct , d'une arte saillante. C'est par-l quelle s'ouvre en deux valves , et laisse voir une coque couverte d'un rseau de fibres rouges, aplaties (le macis). La coque est trs-mince , fragile et noirtre. Elle contient une graine couverte d'une membrane gristre. Cette graine coupe en travers, est parseme de veines rous- stres et blanches. Elle est fort huileuse. Il y a plu- sieurs varits. Analyse chimique. Le suc rougetre, acre et visqueux qui dcoule par incision de l'corce du Muscadier porte- suif est trs-astringent , et contient beaucoup de tannin, plus une matire sbace. L'arille et le noyau contien- nent une huile aromatique flavescente , qui^surnage en forme de globules blanchtres, figs. Proprits mdicinales. Le suc concret de ce Mus- cadier est employ comme masticatoire dans tous les cas o l'on est de recourir ce genre de mdication. On s'en sert aussi dans le pays pour gurir les aphthes, et apaiser la douleur des dents caries, en les couvrant d'un peu de coton imbib de ce suc. Le suif qu'on en retire par les procds indiqus ci-dessus , est acre , et ne convient pas pour tre appliqu extrieurement sur les plaies et les ulcres , parce qu'il y cause de l'in- flammation. On retire de l'arille et de la noix, un extrait alcoolique qui est beaucoup plus nergique que l'extrait aqueux. Quelques gouttes d'huile essentielle de la noix suffisent pour apaiser les douleurs des dents caries. Mode d'administration. La teinture s'emploie en ( 220 ) embrocatioii sur les membres paralyss. L'imile essen- tielle se prescrit par gouttes. Le suc se prpare en tro- cliisques pour servir de masticatoire. EXPLICATION DE LA PLANCHE QUATRE CENT TRENTE-DEUX. . Le dessin est rduit au quart de sa grandeur. 1 . Groupe de fleurs mles. 2. Calice ouvert d'une fleur femelle o l'on aperoit l'o- vaire. 3. Calice ouvert d'une fleur mle o l'on dcouvre les tamines. 4. Fruit entr'ouvert pour laisser voir le macis ou ariile. 5. Coupe de la coque. 6. Fruit entr'ouvert d'une des varits. QUINZIME CLASSE. ^^&^^^i^mw DES VGTAUX SPECIALEMENT DIRIGES SUR LES PRO- PRIETES VITALES DE l''0RGANE DU TOUCHER. Plantes dites tactiles excitantes. SOMMAIRE, L lE toucher, a dit ^ almont-Bomare , est la base de toutes les sensations ; la peau , qui en est l'organe , est un tissu de fibres , de nerfs et de vaisseaux dont l'entrelacement en tous sens forme une toffe peu prs de la nature de celle d'un cbapeau. La surface de la peau est garnie de mamelons nerveux rangs sur la mme bgne, et qui forment les sillons que l'on aperoit la surpeau. Le loucber et la vue ont entre eux les rapports les plus intimes , car on touche ce que l'on ne peut voir , et on examine des yeux ce que le toucher ne peut d- finir. Si les organes de la vue, de l'ouie , de l'odorat et du got, dit le professeur Richerand , n'occupent que des espaces circonscrits, le tact rside dans toutes les autres parties, et veille eihcacement notre conservation. Distribu toute la surface , le toucher parait tre le sens lmentaire -, et tous les autres sens n'en sont que Tome VI. \og^ Lwraon, 21 ( s?.*?. ) des modifications accommodes certaines proprits des corps. Il est donc important de conserver ce sens toute son intgrit , et de remdier aux accidens qui peuvent altrer ses fonctions. J'ai cru pouvoir donner le nom de Tactiles aux plantes mdicamenteuses le plus gnralement employes pour rappeler les sensations engourdies , et rendre au tou- cher les facults perspicatrices que certaines cause* morbides auraient pu lui enlever ou mousser. \' TVi^t't/i-'/'c j9,-^ci>a^/^/\. r/vT<-/ i'W//f' ORTi^ A BAI g S 4 Ky > ( loJi ) WA'VVX t\A VVWV W VX'W'VV\ WHW* WX V\/>W\ W^ VV W^W^ VVX'WWVtAlV^ wx/w* wwvx w\w^ w\^/v\ ORTIE BACGIFERE. ( Tactile excitante. ) Synonymie. Bois de Fredoches. Ortie en arbrisseau baies et larg-es feuilles. Urtica baccifera. Lin. Moncie ttran- drie. Jussieii , famille des Orties. Urtica foliis alternis , ovato-subrotundis , dentatis, aculeatis , fructibus baccatis. Urtica foliis alternis, cordatis, dentatis, aculeatis, caule fruticoso; caljcibus fmineis baccatis. Lin. Spect. PI. iSgS. Urtica frutescens, foliis amplioribus ovatis , sinuato- dentatis, nervis, petiolis caulibusque aculeatis. Brown. Jam. 337. Urtica arborescens baccifera. Plum. Spec. 11. Araric. 269, t. 260. Urtica frutescens, aculeis rigidis munita et ramosa , foliis amplis rotundis, floribus spicatis rubescentibus , baccifera. Poupe-Desportes. Caractres gnriques des Orties. Genre de plantes fleurs incompltes, de la famille des Figuiers, com- prenant des herbes tant indignes qu'exotiques , feuilles opposes ou alternes, stipulaces , ordinairement trois fortes nervures longitudinales. Les fleurs forment des grappes axillaires et quelquefois capites. Le caractre essentiel de ce genre est d'avoir: dans les fleurs mles ^ un calice quatre folioles ; point de corolle. Un corps glanduleux la place du pistil. Dans les fleurs femelles ^ 21* ( ^M ) wi calice deux valves j un stigmate veluj une se^ me/ice. CAnACTrxES l'AiiTicuLiEiis. Fcuillcs altcmes , cordi- formcs , dentes, aiguillonnes^ tige sous-ligneuse^ ca- lices femelles en baies. (Amrique. Vivace. ) Histoire ivaturelle. On retire des tiges de cette Ortie et de plusieurs autres une filasse, aprs les avoir sou- mises au rouissage. Les Amricains auraient recours cette utilit sans les prcieuses ressources qu'offrent tant d'autres plantes d'une plus grande valeur. On en fait de la toile dans certains pays moins favoriss par la nature, et dont les habitans se trouvent heureux d'avoir cette plante leur disposition. Les alos Pitt, Kaiatas et beaucoup d'autres espces sont choisies de prfrence eji Amrique , pour en composer du fil , des cordages et des toiles. Les oiseaux sont friands de ces baies , c'est pourquoi il est rare d'en trouver en maturit. On la voit dans les forets ombrageuses et humides. CAPtACTBES pp.YSiQUES. Cette Ortic est trs-remar- quable par les aiginlloos qui recouvrent toutes ses par- ties -, par ses feuilles grandes et arrondies, et plus par- ticulirement par ses ovaires qui se changent en baies. C'est un arbrisseau dont les tiges sont fortes, ligneuses, divises en rameaux munis de feuilles alternes, ovales , arrondies, sinoes et lchement dentes leur circon- frence , chaque dent termine par unepinule. La sur-, face suprieure est verte ;, charge de glandes ou tuber- cules, d'o sortent de petits poils roides, trs-piquans et comme cngniiis leur base, caractre qui se retrouve dans les autres Orties piquantes que j'ai observes. Je ( 9.25 ) n'y ai point vu d'aiguillons , dit Poiret. La surface in- frieure est un peu plus ple, veine, huit ou dix nervures longitudinales-, il n'y a point de poils piquans ^ mais les nervures sont charges d'un grand nomhre d'aiguillons roses , ainsi que les ptioles qui ont envi- ron un pouce et demi de long, tandis que la feuille en a au moins quatie. Les fleurs sont runies en grappes courtes et sessiles le long des liges. Le fruit est une baie blanche , chancre son sommet. Ce caractre, qui parat particulier cette espce , joint aux nombreu- ses tamines des fleurs qu'on remarque dans la ligure donne par Plumier, fait croire que cette espce ne res- tera pas dans ce genre. Analyse chimique. Toutes les parties de la plante ont un got herbac , et fournissent l'analyse un li- quide gommeux et verdtre ^ une autre partie colorante rouge. La racine frache donne du tannin, et un prin- cipe extractif amer. Les vsicules contenues sous le pa- renchyme des feuilles renferment une liqueur trs-cre et caustique. pROPPaTs MDICINALES. La pqrc vive et brlante que les feuilles fraches de cette Ortie occasionent la peau, ont dtermin des mdecins observateurs rem- ployer dans les lsions tactiles, pour faire affluer l'ex- trmit des doigts le fluide vital qui paraissait s'en tre retir. Pour cet effet , on fait runir les doigts au ma- lade , et on les flagelle avec une poigne des feuilles de cette plante , c'est ce qu'on appelle Urlication. Le mi- croscope permet de reconnatre que chaque poil rude de l'Ortie a sa base appuye sur une petite vsicule rem- plie d'un suc acre et irritant, qui se crve la moindre ( 19.6 ) pression et est introduit dans la peau Faide des poils qui lui servent de conducteur. En vertu de ces princi- pes constituans de la feuille d'Ortie , l'urtication excite et rubfie directement la peau, ou les tissus sous-jacens, et conscutivement agit sur le systme nerveux. On n'em- ploie donc pas seulement l'urtication contre les lsions tactiles, mais pour rappeler la priphrie des affec- tions cutanes qui sont rpercutes , ou des rhumatismes chroniques qui ont chang de sige , et dont le dpla- cement peut compromettre l'existence du malade. On en a fait usage avec succs dans quelques paralysies et dans certaines affections comateuses. Celte mme exci- tation a t mise en usage pour rappeler la sensibilit et l'afflux du sang , dans les organes gnitaux nervs ou fatigus. On estime aux colonies les grappes de fleurs et les racines prises l'intrieur en dcoction comme ap- ritives et anti-mnorrhagiques. Cependant elles ont t prescrites par des praticiens de l'Amrique dans la gra- velle et l'ischurie ; contre l'hmoptysie et les autres hmorragies. Mais je ne puis qu'indiquer ces dernires proprits, ne les ayant jamais prouves par moi-mme. Les cataplasmes faits avec les feuilles sont rsolutifs. Les racines de la grande Ortie, au rapport de Poupe- Desportes , entrent dans les tisanes apritives. EXPLICATION DE LA PLANCHE QUATRE CENT TRENTE-TROIS. La plante est rduite au quart. 1. Feuille de grandeur naturelle. J .'OQ *^X. / ro(iorr / V-.*vv .v.'t'-/ ; /'iyir . ^fcr6/^r^Z Jo- r iiOTALA i liK s.\c; s TA i. i^:. ( ^27 ) %*ViVVv\VV\*WV^(VVVV%VVVVVVVVVVVVA*VVvVVVVVvVVVVVVVVVVV>KVVVVVV\VV*V'VvV^ CROTALAIRE SAGITTALE. ( Tactile excitante. ) Synonymie. Crotalaria sagittalis. Lin. Diadelphie dcan- drie. Jussieu, famille des Lgumineuses. Crotalaria foliis simplicibus lanceolatis, stipulis decurrentibus soli- tariis bidenlatis. Lin. Hort. ClifiP. SSy. Mill. Dict. n. 3. Crotalaria americana, caule alato, foliis pilosis, floribus in tbyrso luteis. Mart. Cent. 4^ , t. 43- Crotalaria hir- suta minor, americana herbacea , caule ad summum sa- gittato. Herm. Lugd. 6 , 202, t. 2o3. Sagittaria cordialis. Marcq. Hist. 1. 1 , p. 55. Crotalaria hirsutis caudicans siliquis nigris. Plum. v. 3, p. 33 Latbyrus sylvestris to- mentosus, siliquis nigris. Plum. 236. Varit B. Crota- laria sagittalis glabra, longioribus foliis, americana. Pluk. Alm. 22, t. 169 , f. 6. En malabarois : Tandal-Cotti. Rbed. vol. 8. Caractres gnriques des Crotalaires. Genre de plantes fleurs polyptales , de la famille des Lgumi- neuses, comprenant des herbes et des arbrisseaux feuilles alternes, simples ou ternes et fleurs papilio- naces , trs-recourbes en leur carne qui prsente un coude obtus. Les fleurs ont pour caractre essentiel : Un calice camp anif orme cinq diuisions dont deux su- ( 228 ) prieiu'cs et trois infcriciiics j tendard plus long que les ailes et la carne^ toutes les taniines runies ^ gousse renfle j souvient porte sur un pdicclle une ou deux graines. Cauacteues PARTICULIERS. Feuillcs smplcs , laiiccolces; stipules dccui rentes , solitaires, bidentes. (Annuelle.) Histoire naturelle. Le mot Crotalaire est , suivant le dorteur Mrat , driv du grec crotos , bruyant, cause de son fiuit qui est sonore. Ce?le espce vient dans la Virginie , au Brsil et aux Antilles. Caractres physiques. Celte Crotalaire est une des plus faciles reconnatre cause de ses stipules dcur- rentes qui font paratre ses tiges ailes par interruption, comme celles du Genista sagittalls. Ses liges sont her- baces , un peu rameuses , velues , chargs de poils rous- stres sur les sommits, et s'lvent environ un pied et demi. Les feuilles sont alternes , un peu distantes , ovales-lancoles , un peu ptioles, velues surtout dans leur jeunesse, et insres chacune au sommet d'une stipule dcurrente qui va en se rtrcissant vers sa base, s'largit suprieurement, o elle se termine par une fourche deux dents ouvertes. Les fleurs sont disposes trois cinq ensemble au sommet des rameaux et de la tige , en une grappe courte et pdoncule. Leur calice est presque aussi long que la corolle , cinq divisions lancoles , et il est couvert de poils rousstres ^ les pousses sont longues de douze quinze lignes , enfles , vsicules , glabres et presque sessiles dans leur cahce. Analyse chimique. Toute la plante fournit une huile ( ^29 ) rance, quoique odorante, un corps gras analogue la cire ; de l'amidon , du sucre , une matire animale , de l'albumine et du malate de potasse. Proprits mdicinales. Aux pays de l'Amrique o croit cette Crotalaire , on en prescrit les racines en la- vemens contre les fivres tierces chroniques. Le vin dans lequel les racines et les fleurs sont infuses devient liydragogue, apritifetcarminatif, aurapport de Rhede. Le suc des feuilles , suivant le mme auteur , excite quelquefois le vomissement, purifie le sang et le foie. Celte proprit vomi-purgative se retrouve dans pres- que toutes les Papilionaces. EXPLICATION DE LA PLANCHE QUATRE CENT TRENTE-QUATRE. Le dessin est rduit moiti de sa grandeur. 1. Fleur vue de ct. 2. Fleur vue en face. 3. Silique coupe transveralement. 4- La mme entr'ouverte. 5. Graine grossie. ( ^3o ) tWiX'VWVWVV'X'VVX'ViWiVVv'WvWvW .W.''VV'Wv\'V\.WW\vVV\WvWvVWWWWW'\'WWWViWWV wv LAVANDE STCADE DES ANTILLES. ( Tactile excitante. ) Synonymie. Stachys. Baume z'anglais, camphre. Stchas americana lato serra toque folio, Plumier. Lin. Didj- namie gymnospermie. Jussieu , famille des Labies. Cap.actlres gnriques des Lavandes. Genre de plantes fleurs nionoptaes de la famille des Labies, qui se rapproche des Crapaudines , comprenant des herbes ou arbustes de l'Europe australe et des Antilles, ayant des feuilles opposes et des fleurs disposes en pi terminal, serr, garni de bractes communment fort courtes. Le caractre essentiel de ce genre est d'a- voir : U7i calice ovale , obscurment dent , la corolle renverse , tube plus long que le calice , limbe peine bilabi ^ ayant cinq lobes ingaux-^ les tamines ren- fermes dans le tube de la corolle. Caract^res PAR.TICULIERS. FcuilIcs scssilcs , lauco- les , lgamment dentes j pi resserr , rgulier et appuy sur le calice ^ deux pdoncules fort longs par- tant de l'insertion de la feuille la tige. Histoire naturelle. Cette Lavande est appele aux /og^ Lfi> # (23. ) Antilles Stcade Stachys , et viilgairemcMit laumc z'anglais. Elle contient beaucoup de camphre , proprit qui fait prescrire son infusion dans les fivres ataxiques. Toutes les parties de celte Labie rpandent une odeur aromatique et agrable, comme celle d'Europe avec laquelle elle a tant d'analogie que je ne puis mieux la dcrire qu'en empruntant la description faite par La- marck et Poiret. Caractres physiques. Cette plante est remarquable par le toupet de feuilles florales qui couronne ou sur- monte chaque pi de fleurs. C'est un arbuste fort ra- meux et qui s'lve la hauteur d'un ' deux pieds. Sa tige est ligneuse, un peu paisse infrieurement, di- vise, roide, fort branchue. Ses rameaux sont droits, menus, ttragones , feuilles presque jusqu'au sommet. Les feuilles sont opposes , sessiles , lancoles , dentes lgamment , d'un vert riche : elles ont trois pouces de longueur sur six lignes dans leur plus grande largeur ; de chaque aisselle des feuilles s'lvent deux pis , lon- guement pdoncules , denses , longs , embriqus d'cail- ls ou bractes courtes , ovales , obtuses , pubescentes et fort serres. Outre ces bractes, chaque pi est cou- ronn d'un paquet de feuilles florales plus grandes , bien colores; l'pi est d'un pourpre bleutre. Analyse chimique. Le suc de cette Labie a produit , tant en fleurs , une huile volatile odorante , une ma- tire extraclive rsineuse, de la cire, de la gomme , de l'albumine , de la fcule verte et un peu de nitrate de potasse. Proprits mdicinales. Cette Labie jouit d'une trs- ( ^-i'' ) haule ic'pulalioii comme cordiale. ((''[)iiali([ue , emme- nagognc cL aiitl-spasmocli([uc. On ne fait usage que des pis de Heurs, parce ([u'ils reul'errnent eu plus grande partie uue huile essentielle aromatique (jui est trs-exci- tante , et employe en cette qualit dans les bains par- tiels dans lesquels on plonge les mains qui sont prives momentanment de la dlicatesse du tact. On emploie en mme temps l'infusion aromatique l'intrieur. Cette huile essentielle a, dit-on, fait des merveilles dans quelques cas dVpilepsie nerveuse, d'apoplexie, de para- lysie, de vertige, de tremblement spasmodique des membres, d'affections hypocondriaques et hystriques , d'amnorrhe, etc. Enfin on n'en finirait pas s'il fallait numrer toutes les brillantes qualits que l'on suppose cette jolie plante qui , au rsum , a les proprits vi- demment excitantes de toutes les Labies. EXPLICATION DE LA PLANCHE QUATRE CENT TRENTE-CINQ Le dessin est rduit moiti. 1 . Fleur grossie. 2. Calice ouvert. 3. Graine grossie. 4' Ovaire et pistil. 't>l> ' /.Il /V. ^3' -Z?if/^6/j:^^^\hor (^Tt^ri^ ifciC^ LAI^riER A FEUILLES BE JASMrV ( 233 ) \\^\\^ ,VMV\rt\'V'\'\^VVVVVVVVV\^VVVV\VV\'VVV'%VV\ >\'V\VVV^VV\VV\\^VV\VV\VA'< \V ^AAWX vx^w* LAURIER A FEUILLES DE JASMIN. (^Tactile excitante,) Synonymie. Laurus Jasmini folio; flore racemoso ; fructu globoso nigro. D. Lin. Ennandrie monogynie. Jus- sieu , famille des Lauriers. Lauro-affinis Jasmini folio alato, Costa mdia membranulis iitrinque exstantibus, alata, ligni duritie ferro vix cedens. Sloan, t. 162, fig. 1. En anglais : Iron-Wood. CAHACTr.ES GKRiQuts DES Laurieiis. Genre de plantes fleurs incompltes , comprenant des arbres et arbrisseaux, feuilles simples ou composes, fleurs petites disposes soit par bouquets axillaires , soit en panicule terminale. Ces arbres ou arbrisseaux sont la plupart aromatiques. Le caractre essentiel de ce genre est d'avoir : un calice partag en quatre ou six dcou- pures ^ six douze tamines, dont trois des intrieures sont souvent munies de deux glandes leur base , un drupe suprieur et monosperme. ( 34 ) CAr.AcTfcRES pAniTCiiLiFiis. l^^cTiilles opposccs \ folioles distinctes-, fniils ronds en grappes. ITiSTOiUE NATURELLE. Ce IjauricT , remarquable par son feuillage compos , possde les proprits cono- micpies et mdicinales des autres Lauriers. Son bois, qui sert plusieurs usages, a la duret du fer, et mousse la bche qui ose l'entamer. Les racines teignent en vio- let. Ses feuilles sont odorantes , mais elles offrent la mastication une saveur acre et aromatique mle d'a- mertume. Elles produisent une huile trs-odorante et qui se concrte par le contact de Tair. On a soin de faire macrer les feuilles avant la distillation au bain- marie. Les baies sont dans ce cas prfres aux feuilles. Caractres physiques. Ce Laurier s'lve une hau- teur mdiocre. Ses feuilles, semblables celles du Jas- min , et ses baies globuleuses le distinguent des autres espces. La tige est cylindrique et lgrement veloute. Les rameaux sont menus, pians, verts et glabres. Ils sont garnis de feuilles opposes, ailes avec impaire , composes chacune de sept onze folioles toutes dis- tinctes , ptioles, ovales-pointues, vertes, glabres, et dont la terminale , beaucoup plus longue que les antres, finit par une pointe un peu aigu. I^es pdoncules sont axillares , grles , nus, longs de trois pouces , diviss leur sommet en une petite panicule presque en cime , dont les ramifications latrales sont courtes, la plupart trifides. Les fleurs sont fort petites, blanchtres, ca- lice court et sexfide. Les fruits sont des drupes globu- leuses ou sphriques, jaunes, puis rouges, enfin noirtres ( ^35 ) lorsqu'ils sont en maturit ^ ils sont de la grosseur d'une petite cerise. Analyse chimique. Les feuilles et les baies mres contiennent une huile verte volatile et aromatique qui se fige au contact de Pair ^ de la rsine , une matire extractive gommeuse , et quelques sels base de po- tasse. Proprits mdicinales. L'huile qu'on retire des baies est trs-aromatique et parfaitement convenable en onction pour remdier aux lsions tactiles. Elle est aussi trs-rsolutive, anodine, et elle fortifie les parties pri- ves momentanment de la prsence du fluide vital. Les feuilles , en infusion , sont aromatiques , amres et un peu astringentes , c'est--dire qu'elles fortifient l'es- tomac , facilitent'la digestion et dissipent les flatuosits. Les baies prpares en lectuaire rveillent l'apptit et agissent, dit-on, comme dsobstruantes dans les affec- tions de la rate et du foie j mais on conoit avec quelle rserve il faut employer ces mdicamens incendiaires si la priode inflammatoire n'est pas termine. Les insu- laires les prescrivent aussi comme diurtiques excitantes, comme emmnagogues trs-actives et convenables pour provoquer l'expulsion de l'arrire-faix. On pratique en mme temps des frictions abdominales avec l'huile de Laurier pour combattre l'inertie de 1 utrus. Les feuilles se prennent dans de l'eau , et lorsqu'on les a fait bouillir avec le vin, vaisseau clos, elles servent pour les fo- mentations. ( .m; ) EXPLICATION nn LA PLANCHE QUATRE CENT TRENTE - SIX. Le dessin est rduit moiti. 1. Bouquet de fleurs maies. 2. Bouquet de fleurs femelles. 3. Fleur femelle grossie. 4- Fleur mle grossie. 5, Fruit coup pour laisser voir le noyau. //> /./A'. // 4:^r- 7'/ieor>fV />e^rourAZ\. /%<' ^^-^d i\ I /ww Jcil^ OH^ALK TOME?^"TEr8E (^37) W\ v-VX'V\'VV\VV\'VV\VV*V'VVVV\V\^'VVVV'VV\^W'V\'WW\'\''V\'\V\VV*W\^V\'V% ORVALE TOMENTEUSE A FLEURS EN CASQUE. {Tactile excitante.) Synonymie. Horminumarborescenstomentosum,foliisoblongo- ovatis , crenatis , floribus galeatis. D. Lin. Diandrie mo- uogjiiiie. Jussieu , famille des Labies. Caractres gnriques des Sauges. Genre de plantes dicotyldones , fleurs compltes , monoptales , irr- gulires, de la famille des Labies, qui comprend des herbes ou sous-arbrisseaux, les uns exotiques, d'autres indignes de l'Europe , feuilles opposes , entires , ou quelquefois pinnatifides ^ les fleurs ordinairement verticilles , en pis, et munies de bractes. Le carac- tre essentiel de ce genre est d'avoir : un calice deux lvres, une corolle en gueule-, lesjilaniens des Stamins attaclis transversalement sur un pdicule , et comme fourchus. Caractres particuliers. Fleurs pourpres, en casque et par bouquets, portes par un long pdoncule. Histoire naturelle. Suivant Tournefort le mot Hor~ minum vient du grec ormaino^ c'est--dire impetufuror, parce qu'on croit que les espces de cette famille, com- ToME VL 110^ Livraison. 22 ( a:-i8 ) pose de plantes aromatiques, sout susceptibles de faire nalre des passions violentes. Caractres physiques. Cette plante forme un arbris- seau s'levant environ six pieds , trs-rameux , dont les tiges ont quatre angles , et sont tomenteuses ainsi que les feuilles. Ces rameaux ttragones acquirent une couleur de rouille par la dessiccation : ils sont garnis de feuilles longues , lancoles, rugueuses, crneles , velues , d'un vert fonc en dessus , et d'un vert roux en dessous , rudes au toucher et rides ; les fleurs sont portes par bouquets axillaires sur un trs-long pdoncule -, les p- doncules partiels sont accompagns de stipules. Le calice est verdtre, dilat sa partie suprieure, divis en quatre languettes. La corolle est ventrue , en forme de casque , d'un beau pourpre , partage en deux lvres distinctes , la suprieure roule sa partie infrieure , un peu largie sa partie suprieure *, la lvre infrieure trois lobes ovales , presqu'gaux , celui du milieu plus large , entier. Les tamines sont renfermes dans la corolle. Analyse chimique. On retire une huile volatile et trs-odorante , une espce de rsine , de la gomme , du tannin , du gluten , du nitrate de potasse , et de la fibre ligneuse. Proprits mdicinales. L'huile essentielle de cette plante , ajoute une forte dcoction vineuse des fleurs et de la tige , peut tre utilement employe en bains excitans des facults tactiles perverties. Les feuilles fraches de cette Orvale sont quelquefois recomman- des e*n application sur les yeux contre certaines oph- ( ^.39 ) lalmes chroniques. Je ne puis citer aucune observation cet gard. L'infusion des mmes feuilles, je puis l'assurer , est un trs-bon emranagogue . et un bon diu- rtique excitant dans le cas d'inertie de la vessie. On applique en mme temps sur le bas-ventre un topique fait avec de pareilles feuilles qu'on a fait bouillir dans du vin. On estime le suc de cette Orvale comme anti- leuchorren. Les ngres et les vieux colons , toujours empresss de vanter ou d'offrir leurs antiques recettes, font le plus grand cas de l'huile dans laquelle on a laiss infuser pendant trois mois une grande quantit de toute la plante. On passe le tout avec expression , aprs ce laps de temps , et les praticiens emploient cette huile balsamique en injections contre les suffocations de l'u- trus , et en onctions sur le bas-ventre contre les flueurs blanches , usant en mme temps dans l'un et l'autre cas de l'infusion des feuilles l'intrieur. EXPLICATION DE LA PLANCHE QUATRE CENT TRENTE-SEPT. Le dessin est rduit au quart. i. Fleur vue de profil de grandeur naturelle. 2. Fleur vue de face. 3- Ovaire et pistil 22" ( A<> ) vw\w\,ww\vvww >^^^^vwvv>w\kWww\v'V'v\wvv\lvwwwwwwvwvwv\vvwwv'v\vv%' ANGREC A FEUILLES OBTUSES. ( Tactile excitante. ) SynonYxMIE. Vulg. Liane vers. Epidendrum obtusifolium. Willd. Lin. Gynandrie diandrie. Jussieu, famille des Or- chides. Epidendrum caule simplici ; foliis oblongis, obtusis, amplexicaulibus, racemosoterminali , labello subtrilobo ; la- cini medi elongat, bifid ; apicibus revolulis. Willd. Sp. Plant. 4> pag- 1*8. Helleborine amplissimo flore vario. Plum. Spec. 9, Te. i8o , fig. 2. Lam. Suppl. EncycL 84. Satyrium erectum majus , caule subrotundo , foliis majo- ribus amplexicaulibus, oblongis , spic terminali. Brown. Hist. Jam. p. 826, n. 12. Pannampu-Marabra Rhed. Mal. , t. 12 , tab. 3 , f. 2. Caractres gnriques des Orchis. Genre de plantes unilobes , de la famille des Orchis , ayant des rapports avec les Ellborines , les Limodores et les Arthuses 5 comprenant des plantes exotiques , la plupart parasites , produisant des fleurs trs-agrables voir. Le caractre essentiel de ce genre est d'avoir : un calice color six dis^isions profondes , infrieure irrgulire , appele nectaire ou label, parfois termin en dessous par un peron ; deux tamines sur le sommet du pistil , pous- 22 O ' /^ PL ^3S. T^mdp: ^- ./Jvcor//v J'i/tai .\]NGliECFElILLES OBTUSES. / ( 'M' ) :slres agglutines et lastiques ; capsule infre^ une loge pol) sperme , trois valides s^ ouvrant par les angles. Caractres particuliers des Angrecs. Calice six divisions , dont l'infrieure plus courte , tubule , obli- que et souvent labie en son limbe \ une capsule al- longe , presque cylindrique. Feuilles obtuses. Histoire ivaturelle. Le mot Epidendrum vient des mots grecs pi^ dessus, dendron ^ arbre, parce que ces plantes parasites vgtent sur les arbres : De ce superbe Angrec l'or , l'azur, l'incarnat A l'azur d'un beau ciel oppose son clat ; Et sur les troncs vivans qu'il puise et dcore , Parasite brillant , il s'embellit encore. Les Angrecs diffrent des Ellborines , des Limo- dores et des Sabots , en ce que , dans ces trois derniers genres , le ptale infrieur est simplement concave et ne forme point un cornet. Cette belle plante qui charme les regards par la combinaison harmonieuse de ses cou- leurs clatantes et varies, crot sur les vieux troncs des arbres des Antilles, et rpand au lever et au coucher du soleil une odeur trs-agrable comme pour saluer l'aurore. Les animaux, les insectes, les vgtaux cl- brent de tout leur pouvoir jour et nuit les merveilles de la cration , l'homme seul est insensible ses bien- faits. Caractres physiques. Les tiges de cette belle espce sont simples , cylindriques , succulentes *, les feuilles ( ^42 ) obJoiJgues, amplexicaulos , poses et l sur la tige peu de distance l'une de l'antre. Le sommet de la tige est articul en zig-zag. Les Heurs sont grandes, pana- ches, nuances des plus vives couleurs, et disposes en une grappe terminale^ le ptale infrieur divis en trois lobes ; celui du milieu plus allong , bifide ^ les dcou- pures roules en dehors. Chaque fleur panouie ofTre l'il tonn un calice color d'un jaune pale nuanc de jaune d'or l'intrieur , et fouett de carmin au dehors. Les deux ptales formant les ailes sont d'un bleu c- leste et orns d'un cusson jaune de safran. Les or- ganes sexuels sont d'un jaune d'or ponctu de rouge. Le fruit est rouge et ctes ; les racines sont paisses , fermes , bien arrondies , un peu tortueuses , d'un blanc brillant , et donnent naissance des bulbes d'o s'l- vent les liges. Analyse chimique. Les tubercules contiennent un principe volatil d'une odeur trs-nausabonde, et une matire extractive acre et amre , plus de la bassorine et une fcule amilace. Proprits mdicinales. Le journal de Paris , intitul le Courrier Franais {i\. io8, 17 avril 1828), annonce comme une nouvelle dcouverte faite en Afrique, les proprits merveilleuses d'un Angrec appel Fauni. a La Gazette de Sant et la Revue mdicale , y est-il )) dit , viennent de publier un article fort intressant ); sur le Faum, plante exotique dont la dcouverte r- )) cente est due un clbre botaniste franais. Cette plante la fois mucilagineuse et aromatique , douce et lgrement amre , jouit de proprits ihconnues ( 243 ) jusqu ce jour dans les autres mdicamens \ elle a , tant sur la poitrine que sur l'estomac , un mode d'ac- )) lion qui lui est exclusivement propre toutes les fois que l'irritation nerveuse ou inflammatoire prdomine )) dans les organes. Aussi plusieurs praticiens ont-ils publi les succs incontestables qui sont obtenus de son emploi dans le traitement de la toux , du catarrhe, de la coqueluche , de la phthisie pulmonaire et des douleurs d'estomac. M. Baudot , pharmacien Paris , M rue Saint-Honor, n. 247 , est le seul qui possde cette plante dont il fait un sirop. On emploie aux colonies cet Epidendre pour combattre la prsence des vers. La teinture alcoolique des fleurs et des bulbes desschs est trs-recommande pour rendre au tact toute sa finesse et toutes ses facults. On maintient cet effet au bout des doigts des ponges creuses et imbibes de la tein- ture alcoolique ci-dessus indique. Elle se fait froid en mettant en digestion pendant dix jours une partie des fleurs et des squames sches de cet Epidendre dans huit parties d'alcool vingt degrs. EXPLICATION DE LA PLANCHE QUATRE CENT TRENTE-HUIT, Le dessin est rduit moiti. 1 . Suite de la tige. ( '4 1 ) WVV.VX>.^>VVXX,VV,,V.VXVVVVVVX,VV^VX.VV,/W^ ^wwwvvxvv.Wvww>w.W-vv%V> ANGREC A FLEURS Ei\ QUEUE. ( Tactile excitajile. ) Synonymie. Epidendrum caudatum. Lin. Gjnandrie dian- drie. Jussieu , famille [^des Orchides. Epidendrum foliis lanceolatis , nervosis ; scapo paniculato ; petalis ma- culatis , caudatis ; duobus longissimis. Lin. Helleborine florum foliis maculosis et longissimis. Plum. Spec. 9, Icon. 177. Caractres gnriques des Angrecs. Calice six divisions , dont Tinfrieure plus courte, tubule, oblique et souvent labie en son limbe \ une capsule allonge , presque cylindrique. Caractres PARTICULIERS. INectaire turbin, oblique, rflchi \ tige releve, feuillue *, feuilles lancoles , ner- veuses j hampe panicule; ptales maculs, queue 5 deux trs-longs. Histoire naturelle. Cet Angrec d'une forme bizarre et lgante , vit aux dpens des arbres des belles forts d'Amrique , et est recherch par les mages du pays JJO . Ztv r/.^j. ye^'ee Sai^ tT^GBEC A FX.EUMS K^ OrETI^ ( ^45 ) pour leurs enchanteniens et le traitement des maladies. Si j'en cros le rcit des peuples d'Orient, Pour donner un langage ses douleurs secrtes , Souvent plus d'un captif en fit ( des fleurs ) ses interprtes ; Et peignant par leur teinte ou l'espoir , ou l'ennui , Les fleurs interrogeaient et rpondaient pour lui. Delille, les Trois Rgnes de la Nature^ chant vi. Si les Turcs , par respect pour Mahomet , dt Poiret, aiment la couleur verte qu'aimait ce prophte et qui n'est permise que pour les turbans des sultans des- cendans de Mahomet ^ si les Chinois prfrent la couleur jaune comme impriale , parce qu'elle est celle de leur dragon emblmatique , presque tous les peuples de l'Orient et des les prfrent la couleur rouge. C'est avec que la nature rehausse les parties les plus brillantes des plus belles fleurs. Elle en a color la rose qui en est la reine , et le sang qui est le principe de la vie. Elle en revt, aux Indes , le plumage de la plupart des oiseaux , surtout dans la saison des amours *, mais rien n'est plus aimable qu'une tourterelle d'Afrique qui^orte vSur son plumage gris de perle , prcisment Tendroit du cur , une tache ensanglante mle de couleur rouge semblable une blessure. Il semble que cet oi- seau, ddi l'amour, porte la livre de son matre , et qu'il a servi de but ses flches. Ce qu'il y a de plus merveilleux , c'est que ces riches teintes corallines dis- paraissent dans ces oiseaux aprs la saison d'aimer, comme si c'taient des habits de parade qui leur eussent t prts par la nature, seulement pour le temps des ( '-46 ) noces. J'ose esprer qu'on me pardonnera celle di- gression . Caractres physiques. Celle espce ne le cde nul- lemenl en beaut la prcdente. La grandeur et la forme singulire des fleurs qu'elle produit la rendent mme plus remarquable et plus intressante. Sa racine est compose de fibres vermiculaires , ligneuses, noirtres, et qui s'tendent en rond sur la terre, ordinairement au pied des troncs d'arbres. Elle pousse une tige oblon- gue , presque ovale , enfle , un peu comprime latra- lement , cbarnue , strie, verdtre, et entoure d'caills membraneuses sa base. Du sommet de cette tige sor- tent deux feuilles oblongues , troites, lancoles , ner- veuses , un peu roides , d'un beau vert , et qui ressem- blent , dit le pre Plumier, deux oreilles de livre redresses. A ct de la tige et de l'aisselle d'une petite feuille , nait une hampe menue , un peu roide , cylindrique , munie de petites cailles pointues , cartes les unes des autres, haute presque de deux pieds, et charge, de- puis son milieu jusqu' son sommet, de grandes fleurs extrmement belles , disposes alternativement. Les ptales de ces fleurs sont jauntres et parsems de points pourpres. Deux de ces ptales sont trs-longs , trs-troits , redresss et termins par une pointe en alne. Entre ces deux ptales est un troisime beau- coup plus court qu'eux, mais plus large, acumin et courb en dehors. Sur les cts de la fleur sont situs deux autres ptales, opposs l'un l'autre, ouverts comme deux ailes, et termins chacun par une pointe verdtre. Enfin le sixime ptale, qui est dans le ct ( 24? ) infrieur de la fleur , ressemble un capuchon court et pointu. Le fruit est une capsule ovale, trigone et lon- gue d'un pouce ou un peu plus. Plumier a trouv beau- coup de ces Angrecs Saint-Domingue (Hati), au quar- tier de Logaue. Analyse chimique. Toute la plante fournit une ma- tire extractive d'un jaune bruntre , amre , d'une odeur dsagrable , et une rsine aromatique. Proprits mdicinales. Cette plante parasite est en vnration aux Indes ainsi que les deux dont il est question avant et aprs cette livraison. C'est , dit-on , un anti-spasmodique par excellence qui rend au toucher toute sa dlicatesse. On emploie cet eiet la teinture alcoolique. Toute la plante infuse dans du lait l'em- preint de ses proprits en le rendant propre arrter comme par enchantement les agacement nerveux et les spasmes convulsifs ; on va jusqu' la croire capable de gurir certaines pilepsies , et de fortifier le cer- veau, etc., etc. Je laisse aux mdecins modernes le soin de faire cet gard de nouvelles observations. explication de la planche quatre cent trente-neuf. La plante est rduite moiti de sa grandeur naturelle. 1. Tige en deux parties. ( -4^ ) ^V\^v\\VVVVVVVV*\^VVv\VVVVVVVv^iVVVVVVVVVV\.VVVVV\VVVVVV*VVVVVVVVVV*VVVVVVVVvVVVVVV\i*\V\VVV ANGREC EN COQUILLE. ( Tactile excitante, ) Synonymie. Epidendrum cochleatum. Lin. Gynandrie diandrie. Jussieu , famille des Orchides. Epiden- drum foliis oblongis , geminis , glabris , striatis , bulbo innatis ; scapo multifloro, neclario cordato. Lin. Hel- leborine cochleato flore. Plum. Spec. 9 , Icon. i85 , f. 2. Varit B. Viscum radie bulbos , florislabello carneo, ceteris sordide luteis. Catesb. Car. 2 , t. 88. Varit Y. Viscum caryopliilloides , lilii albi foliis , floris labello brevi, purpureo , ceteris petalis luteo virescentibus. Ca- tesb. Car. 2 , p. 88 , t. 88. An viscum radice bulbos, minus ; delpbinii flore rubro, specioso. Sloan. Jam. Hist. 1, p. 25o , tab. 121 , f. 2. Caractres gnriques des Angrecs. Calice six divisions dont l'infrieure plus courte , tubule, oblique, et souvent labie en son limbe *, une capsule allonge , presque cylindrique. Caractres particuliers. Feuilles oblongues , glabres et gmines, naissant du bulbe. Tige multiflore ^ nec- taire en forme de cur. Histoire i^aturelle. Cette plante crot aux Antilles, 12 o . Z<'/y F. 4-40. TAwdore J^ofcouru/x. Jifu>c- /Wve. Jcu^- ^ 4NGREr EN roof;iLi;E ( -49 ) et particulirement Sainl-Domingue dans le quartier de Logaue. On la trouve aussi Cuba, la Jamaque, Bahama , etc. Cette famille est si nombreuse et si riche de formes et de couleurs clatantes et varies , qu'on les admire dans toutes les forets dont elles font l'ornement aux dpens des arbres qui les alimentent. Une herbe parasite abondamment strile De la sve gare puise l'aliment. ESMENARD. Ces plantes aiment l'ombrage et l'humidit ^ on ne les rencontre jamais sur ces tufs brls , o l'on voit vgter et languir quelques toufFes de Cactes et autres plantes pineuses aussi ples que le sol qui les produit, selon l'expression de Chateaubriand, et qui semblent couvertes de poussire , conmie les arbres de nos che- mins pendant l't. Ca.rctres physiques. Des racines de cette plante , qui sont composes de beaucoup de fibres, au moyen desquelles elle adhre aux troncs d'arbres , nait une tige courte, tubreuse, articule, strie, dure, blan- chtre , et de l'paisseur du doigt. La partie infrieure de cette tige est enfle et ressemble une bouteille un peu comprime, qui se termine suprieurement par un long col , charnu , stri et verdtre. Du sommet aminci de cette tige sortent deux feuilles oblongues, un peu roides, stries en gouttire et ampexicaules leur base. La partie de la tige qui s'lve au-dessus de ces deux feuilles , est un pdoncule cylindrique , menu , roide , long d'un pied, et qui soutient plusieurs fleurs d'un ( i5o ) pouiprc violet , disposes alternativdiiciit. (es fleurs ont assez l'aspect de celles du Sabot, et chacune d'elles consiste en six ptales, dont cinq sont troits , presque linaires, aigus, et la plupart redresss ou tendus sur les cts de la fleur. Le sixime ptale est large et a sa lvre ferme comme une coquille, avec de petites raies dans son intrieur. Les fruils sont des capsules un peu enfles et triangulaires. Analyse chimique. Mme analyse que l'espce pr- cdente, c'est--dire qu'elle contient distinctement de l'arme, un principe amer et beaucoup de mucilage. Proprits mdicuvales.Lcs Indiens, suivant Rhede, se servent indiffremment des espces d'Epidendres qu'ils nomment Tela-Mara^ara^ Ausjeli- Maras^ara^ et de cel- les que je viens de dcrire, frites en huile pour embroca- lions contre les hmorrodes, et en injections dans lo- reille contre la surdit. Les naturels s'en servent aussi dans les dysuries, mais en infusion faite froid pendant la nuit, et qu'ils estiment galement carminative et propre apaiser les palpitations. Ils font dans le mme but l'ap- plication du suc visqueux des liges et des feuilles grasses sur les artres temporales et sur la brachiale. Ce moyen, disent-ils, arrte et gurit la fivre, comme anti-spas- modique. Les feuilles contuses et mises en topique sur le bas-ventre rtablissent le cours des urines supprimes et rappellent les rgles suspendues. Le sirop lait avec le miel et les racines est rput anti-phthisique et anti- asthmatique. Voil pour l'opinion des Lidiens et des ha- bitans de l'Amrique -, maintenant voici le rsum d'un Mmoire insr dans la Gazette de Sant du 3 mars ( 2^' ) i8'28, Aussi ce savant observateur considre-t-il la peau comme organe absorbant , comme organe exhalant et comme organe sensitif. Ceci pos , on conoit Futilit des frictions mdica- menteuses , et le transport de leur action dans notre conomie par les vaisseaux absorbans ; l'usage et les effets produits par le mercure et le souffre attestent l'im- portan(^e des iatraleptiques ^ principalement dans les ma- ladies de la peau. vt La facult absorbante dissipe les extravasions du sang que l'on observe dans les chutes ou les meurtrissures; elle pompe des amas de pus ou de srosits, fait dispa- ratre des tumeurs, et reporte, l'art aidant la nature tous ces liquides dans le torrent de la circulation. Il faut souvent modrer la sensibilit de la peau, et emp- cher sa crispation pour la rendre propre recevoir les frictions qu'on lui destine , tandis que dans le cas d'i- TomeVI. lii^ Livraison^ 23 nei tio de certains sujets lymphatiques , il faut prala- Mement exciter l'organe cutan. Si le systme dermoide, pnr sa propre nergie, re- pousser les influences nuisibles de l'atmosplire , ou de gaz dltres par ses facults cxpulsives, il faut avoir soin de ne point s'opposer au succs d'un mouvement salutaire, dans une pidmie, par exemple, et ne point affaiblir par un traitement dbilitant. Que deviendraient les ouvriers mineurs et ceux qui travaillent aux mtaux s'ils se laissaient affaiblir par la faim , et s'ils avaient combattre des affections morales ? Par une bonne nour- riture, et l'usage modr de liqueurs fortifiantes, ils protgent les efforts du systme exhalant qui s'oppose l'admission des miasmes dans les voies lymphatiques. D'ailleurs on ne peut traiter de la mme manire un homme robuste livr de pnibles travaux , et un citadin qui ne dpense rien de ce qu'il reoit d'une nourriture succulente et de vins gnreux. La pratique iatraleptique a des avantages incontes- tables dans une infinit de maladies. On pourrait , dit Rostan , renouveler parmi nous l'usage que les anciens, et surtout les athltes, faisaient des onctions huileuses. Pour mieux faire sentir les avantages qu'on pourrait en retirer, Fautenr de l'article Alepfique (Nouv. Dict. de Md. ) aur ait pu citer ceux que jadis Annibal en avait obtenus ; l'histoire rapporte que ce gnral , voulant franchir les Alpes , se servit des onctions huileuses pour rendre ses soldats plus souples , plus agiles et moins sensibles aux intempries de l'air de ces montagnes. Dessalines, gnral noir Saint-Domingue, par un ins- tinct que la nature a donn pour leurs besoins tous ( 255 ) ses enfans , employa le mme moyen pour son arme , dans la guerre du nord de cette colonie , o les hau- teurs des mornes faisaient prouver , dans les bivouacs, un froid rigoureux. 23' ( 256 ) 4^VVAMVVVVVVVVV\VVV/V\'VVVV\\VVVtAAVlVVVVVVVVVVVVVWVVVVV('VVV\^^'\^\^< \\\ ^A^^^v\v\'\'^<\ vv\%%v* ERYTHROXYLON DE CARTHAC^ENE. ( latraleptlque. ) Synonymie. Krythroxylon areolatum. Lin. Dccandrie tri- gynie. Jussieu , famille des Malpighies. Erythroxylon foliis ovatis, obtusis subtrilineatis. Lamarck. Erythroxylon ( carthaginense) foliis obovatis. Jacq. Amer. i34, t. 87, fig. 2. An Erythroxylon foliis ellipticis lineis binis lon- gitudinalibus subtus, fasciculis florum sparsis. Brown. Jam. 278 , t. i4 , fig. ^- Caractires gnriques des Erythroxylon. Genre de plantes fleurs polyptales , de la famille des Nerpruns, et qui comprend des arbres et des arbrisseaux exotiques feuilles simples et alternes , fleurs latrales , trs- souvent fasciculcs , et dont les plus petits rameaux sont comprims leur sommet. Le caractre essentiel de ce enre est d'avoir : Un calice monophjlle turbin j une corolle cinq ptales , une petite caille nectarifere ^ margine la hase des ptales j dix tauiines , dont les filets sont runis par une membrane leur base ^ fruit noyau , ou haie oblongue uniloculaire , contenant un jiojau ohlong et lgrement anguleux. or 2J. ^/t/ y^ ^^i r/ir-t}^ort' /?r.rriuv///^ j^m^i Pere Jcu^ tAWtT%im^%WM rAiiTiiAOE^K !i ( -^> ) Caractres particuliers. Feuilles comme ovales \ fleurs latrales. (Jamaque. Vivace.) Histoire naturelle. Cet arbrisseau , commun dans les sables du bord de la mer Cartliagne , se trouve aussi aux Antilles et particulirement la Jamaque , Cuba, Hati, etc. Il est d'une forme lgante , mais il est peu recbercb pour les arts. On ne lui connat que des proprits mdicinales. Caractres physiques. Cet Erythroxylon est un ar- brisseau de douze pieds , garni , dans toute sa longueur, de rameaux nombreux , diffus , revtus d'une corce d'un brun fonc. Son bois est solide , d'un brun roiis- stre ou jauntre. Ses feuilles sont "alternes , ovales , obtuses, quelquefois cliancres leur sommet, enti- res, lisses , vertes en dessus et jauntres ou rousstres en dessous , avec trois lignes longitudinales convergentes leurs extrmits , mais qui manquent quelquefois. Elles sont ptioles et ont un pouce et demi de longueur. Les fleurs sont trs-nombreuses _, blancbes^ elles ont presque un demi-pouce de diamtre , et couvrent sou- vent en entier les petits rameaux et rpandent une odeur agrable qui a beaucoup de rapport avec celle de la JonqLiille. Les pdoncules sont uniflores , courts , ramasss ou fascicules sur les rameaux. Le fruit est mou, rouge , plein d'un suc de mme couleur. M. Jacquin pense qu'aucun animal ne s'en nourrit. Analyse chimique. La pulpe des fruits contient beau- coup d'acide citrique et d'acide malique , plus un prin- ( '-*^-*- ) cij>c nuicoso-sucr. L'inriisioii a([ueusc dos baies noircit par l'addilioii du sulfate de fer. Proprits mdicinales. On n'emploie Tintrieur que les baies de l'Erytliroxylon. Elles servent confec- tionner un sirop qui est purgatif hydragogue , et dont la dose est d'une once. Les naturels composent une pommade anti-herplique avec les baies et le suc du feuillage de l'Erytliroxylon , dont voici la formule : Pre- nez suc de feuilles d'Erythroxylon , d'herbe pians , d'herbe dartres , de chaque quatre onces ; faites bouillir avec deux livres d'huile de ben -, ajoutez cire jaune quan- tit suffisante pour une pommade dout on se sert contre les dartres, les pians et autres affections de la peau. Aprs quelques bains composs avec le feuillage d'Ery- throxylon , on fait le plus grand cas du moyen iatralep- tique suivant qui agit sur les exhalans cutans : Prenez poudre de Jalap et d'Erythroxylon, de Scammone du pays , de chaque un scrupule ; muriate de mercure doux, douze grains ^ suc gastrique de perroquet ou de cor- neille, ou de bout de ptun , quantit suffisante *, faites une pommade pour pratiquer des frictions sur les par- ties du corps reconnues les plus susceptibles d'absorption. EXPLICATION DE LA PLANCHE QUATRE CENT QUARANTE- DEUX. Le dessin est rduit au tiers. i. Portion de la fleur de grandeur naturelle , caille uec- tarifre. 2. Organes de la fruclilicution , idem. 3. Baie de grosseur naturelle, coupe pour laisser voir le noyau. V^/^^J. TAtxft/ore ZfofCoUr&ZK. J'irix^ /"rJv^ Sisu^ CASSK A GOrSSES AILEES ( i63 ) V^W\'V\'\ v\\ *%l Wv\AV/Vl\-V.VVV JWWVVXA VVWVVVV ;WWVWVvWv\.\VVA VWV'WV'W WVVVWW WWVAWV CASSE A GOUSSES AILEES. (^latraleptique. ) Synonymie. Vulg. Le Dartrier, Herbe dartres. Niois. 245. Cassia alata. Lin. Dcandrie monogjnie. Jussieu , famille des Lgumineuses. Cassia palustris. Pium. Cassia foliis oeto-jgis , ovali-oblongis , obtusis, mucro- Datis, petiolis eglandulatis ; leguminibus tri,alatis. Lamarck. Cassia sjlvestris ftida, siliquis alatis. Plum. Spec. 18 , Mss. vol. 5 , t. 27. Herpetica Rumph. Amb. 7 , p. 35 , lab. 18. Juglandis folio fruticoso , etc. Sloan. Jam. Hist. 2, p. 59, tab. 175, f. 2. Senna spuria arborescens lati- folium. Plum. J. 252 , suppl. CakActties gnriques des Casses. Genre de plantes fleurs polyptales , de la famille des Lgumineuses, comprenant des herbes, des arbrisseauxet des arbres dont les feuilles sont alternes, composes, et une fois ailes sans impaire , et dont les fleurs , disposes sur des grap- pes axillaires , ont communment un aspect agrable. Le caractre essentiel est d'avoir : ZTn calice cinq di- visions profondes , concaves , colores ,* corolle de cinq ptales concaves , t infrieur cart , plus grand ,- dix tamines abaisses , dont trois suprieures trs-pelites , ( 2'i4 ) trois infrieures fort grandes ; gousse biualwe , pofy^ sperme , cj lindrique ou aplatie , divise par des cloisons. Caractres PARTICULIERS. Feuilles 8-jugiies, ovales, oblongues, les extrieures plus petites-, ptioles sans glandes -, stipules tales. Lgume deux valves , les angles opposs, ails, le bord crnel. ( Yivace. ) Histoire naturelle. Cette belle Casse crot aux An- tilles et dans les Indes-Orientales, au milieu des savanes humides et sur le bord des rivires. Cette plante sous- ligneuse a de belles formes et un port qui la font dis- tinguer des autres espces qui l'environnent. Elle s'- lve avec grce et noblesse. Les enfans en font des bou- quets et des couronnes dont l'hymen rejette la couleur. Caractres physiques. La racine pousse plusieurs tiges , iiaules de six neuf pieds , de l'paisseur du pouce , paraissant ligneuses, cylindriques, glabres , un peu tortueuses et rameuses dans leur partie suprieure -, ses feuilles sont alternes , grandes , longues d'un pied ou d'un pied et demi , et composes de huit dix paires de folioles ovales-oblongues, bords presque parallles, obtuses leur sommet avec une petite pointe particii lire , trs-glabres en dessus , et situes les unes prs des autres. Leur ptiole commun est lgrement bord de chaque ct, et ne porte point de glande. Les folioles qu'il soutient ont prs de deux pouces et demi de lon- gueur , sur une largeur de plus d'un pouce. Les fleurs sont jaunes, disposes aux sommits de la plante sur de belles grappes , munies , dans leur jeunesse, de bractes cailleuses, arrondies, concaves et qui tombent de bonne heui e. Les fruits sont des gousses presque droites , ( oM ) longues de cinq six ponces , larges de six sept lignes, glabres , bordes dans toute leur longueur de deux ailes membraneuses et termines par une pointe particulire. A:vALYSE CHIMIQUE. Lcs fcuillcs donnent un peu d'huile volatile , une huile grasse , un principe amei% une matire extracfave colorante jaune*, de la chloro- phylle , du mucilage , de l'albumine , de l'acide malique , du malate de potasse et du tartrate de chaux ; c'est pr- cisment ce qu'ont obtenu du Cassia orientalislSl^l. Las- saigne et Feneulle. Proprits mdicinales. On fait avec les fleurs de celte Casse un onguent qu'on dit tre merveilleux contre les dartres. Les naturels du pays, qui sont trs-jaloux de leurs secrets sur la proprit des plantes et trs-dis- crels , ou plutt trs-mfians lorsqu'ils prparent leurs mdicamens , font un mystre d'un onguent qu'ils com- posent avec l'herbe dartres et dont je me suis servi avec succs aprs l'emploi des moyens gnraux. L'un d'eux ce- pendant, vieux ermite des mornes, se laissa tenter par un trs-beau cachimho ( fourneau de pipe ) , et me donna la composition suivante qui est la mme que celle que j'avais employe jusqu'alors. Prenez fleurs d'herbe dartres , mal-nomme , herbe bl, de chaque une poi- gne , jus de six citrons 5 suc du tabern-raontana (bois laiteux ) , deux onces \ baume sucrier , une once *, pou- dre canon ^ muriate de soude ( sel marin ) , de chaque quatre gros ^ miel, quantit suffisante pouua digestif. Quoique cette formule soit monstrueuse , j'en ai prouv des eliets surprenans contre plusieurs maladies cutanes et pour faire mourir les chiques et les dragoneaux. Ce- ( ?.66 ) prndant on doit , dit Alibcrt , ludicr les vertus des plantes avec ce doute plnlosop]nc{uc cjui doit caiactriser l'observateur exact et impartial. Comment constater les vertus d'un remde nouveau si on l'associe avec d'autres substances doues elles-mmes des proprits qu'on lui suppose ? Telle a t ma mthode au milieu des hpitaux des colonies, o j'ai toujours prsent seules les plantes dsignes par les naturels ou les anciens praticien^ comme jouissant de telle ou telle proprit. EXPLICATION DE LA PLANCHE QUATRE CENT QUARANTE- TROIS. F>e dessin est rduit au quart. 1. Fleur vue de profil et de grandeur naturelle. 2. Fleur vue de face et de grandeur naturelle. 3. Silique en deux portions. 4. Graine. //. ^-/v l'erv-e^ kTc . i^xwvwWaW \w\ la criAxa^:. ( >.(>7 ) VVVVVVVVVVVV\'V\IVVVVVVtA%VA\'VVVVVVv/V\VVV\VVVV\VVVVA^VVVVVVV\'VvVV\tVVVVVVVVVvV'VtV\l'V'V DARTRIER DE LA GUI ANE. (latraleptique. ) Synonymie. Vulg. Bois dartres , Bois malingres. Va- teirea g-uianensis. Aublet. Guian. 755, t. 3o2. Lin. Po- Ijandrie monogjnie. Jussieu, famille des Guttiers. Cap.Atres gnriques des Dartriers. Genre de plantes dicotyldones , de la famille des Guttiers , ayant du rapport avec les Ptrocarpes , comprenant des arbres exotiques l'Europe , dont les feuilles sont alternes, ailes avec impaires, composes de neuf treize folioles sur un ptiole commun. Le caractre essentiel de ce genre est d'avoir : Une corolle de cinq ptales ; calice quinqufide , capsule trois values^ uni- loculairc ^ trois spermes. Caract:res PARTrcuLiERS. Feuilles deux paires de Iblioles. Histoire naturelle. Le Darlrier , qu'on rencontre quelquefois aux Antilles, crot spontanment dans la Guiane, sur le bord des rivires. Dans la saison des pluies , ses pousses sont apportes par les rivires sur les ( 9.(; ) rivages de Tie de Caycnne , (oniiiie llali les avalan- ches des mornes les entranent au milieu de leurs ondes loni billonnantes et les rpandent sur les bords de la rivire de l'Artibonite. Caractres physiques. Le Dartrier s'lve prs de ( inquante pieds de hauteur et est garni de branches qui s'talent de tous cts. Son tronc a environ un pied de diamtre, un bois blanc, lger et cassant, une corce assez lisse et jauntre. Les feuilles sont alternes, ailes avec impaire , composes de neuf treize folioles ovales- oblongues , entires , vertes en dessus , cendres en des- sous et disposes alternativement sur un ptiole com- mun , long d'un pied , sillonn en dessus. Ce ptiole est garni sa base de deux petites stipules roussatres , velues^ et caduques. Les fleurs ont du rapport avec les Lgumineuses , elles sont jaunes; le fruit est une gousse plate, orbi- culaire , couleur de marron , comprime sur les deux faces , borde d'un feuillet pais qui finit en s'amin- cissant , ride et irrgulire d'un ct, nniloculaire et qui ne s'ouvre point. Cette gousse a environ trois pouces de diamtre, et contient une semence qui en remplit la cavit. Analyse chimique. Les fruits fournissent beaucoup de tannin^ une matire extractive peu soluble^ de la gomme, du sulfate d'alumine et de l'acide gailique. Proprits mdicinales. Les semences du Dartrier tant piles et malaxes avec le sain-doux forment une pommade qu'on emploie aux Indes et aux Antilles pour gurir les dartres , d'o leur vient le nom de graines ( 269 ) dartres que donnent ses fruits les habitans de ces climats. La casse aile dont j'ai donn l'histoire dans le chapitre prcdent porte aussi le nom de Dartrler ou Herbe aux DaHres parce qu'on fait avec ses fleurs un onguent pour gurir la mme maladie. Le nom de Bois Dartres y Bois de Sang^ Bois d'cossais ^ Bois Bap- tiste , Bois la Fivre , est donn dans plusieurs co- lonies au Millepertuis feuilles sessiles (n. i5 de l'En- cyclopdie Mthodique) dcrit dans Aublet (vol. 2, p. 78^, fg. vol. 4? tab. 3i2, fg. 2). EXPLICATION DE LA PLANCHE QUATRE CENT QUARANTE- QUATRE. Le dessin est rduit au quart. 1. Grappe de fleurs. 2. Fruit entier de grosseur naturelle. 3. Le mme coup transversalement pour laisser voir l'a- mande. Tome VL 11 2 jVraVo. 24 ( ^7^ ) ^n/^t 'VV^/VVVVVl/VVVVVVVVV^X VVV/VVVVVt'V\VVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVK/VVVV\VVVV'VVVVVVVV/VVVVVvVX\\\ Wt'VV% ALIBOUFIER D'AMRIQUE. (latraleptique. ) Synonymie. Styrax americana. Lin. Dc^'candrie monog-jnie , Jussieu , famille des Plaqueminiers. Styrax mali cotoiiei Ch. B. pin. 4^2. Styrax americana, foliis ovato-lanceo-^ latis, subdentatis, floribus octandris. Plum. En anglais : Mapple-Leai^ed-Liquidamber. En espagnol : Storace.^ En portugais : Liquidambreiro . Caractkes gnriques des Aliboufiers. Genre de plantes fleurs monoptales , de la famille des Plaque- miniers, comprenant des arbrisseaux exotiques dont les fleurs ont beaucoup de rapports avec celles de Foranger. Les caractres essentiels de ce genre sont : calice per- sistant en cloche , cinq dents j corolle tube court ^ limbe cinq divisions profondes j huit ou dix tamines filets runis la base ; un style j un stigmate^ un drupe un ou deux noyaux. Caractres particuliers. Feuilles ovales lancoles , lgrement dentes. Histoire naturelle. L'Aliboufier d'Amrique vient dans les plus sombres forts. 1/2 'Zj A/ / / TAeotAtrc J>6i-cour/x /"l/uv aSriel Scu/- xiAWinmvAK ir.uiKiu^i K (*70 De cet Aliboufier vois la grce sauvage; Cet arbre pour fleurir demande des dserts. Cet arbrisseau , originaire de l'Amrique septentrio- nale, se trouve aussi aux Antilles, o il fleurit pendant six mois de l'anne. Il diffre de l'Aliboufier officinal (^Styrax officinale^ Lin.), i par la grandeur de ses par- tics \ 1^ par la disposition de ses fleurs *, 3^ par le nom- bre de ses tamines^ 4 P^'' 1^ temps de sa floraison. Dans l'Aliboufier officinal , le calice a des dents si courtes qu'il parait presque tronqu 5 et dans celui-ci , le calice moins cotonneux, a des dcoupures plus pro- fondes. Il transsude de toutes les parties de l'arbuste un suc concret et aromatique. On fait avec son bois des cercueils propres conserver les corps. Caractres physiques. C'est un arbrisseau trs-ra- meux , fort joli lorsqu'il est en fleur , dit le chevalier Lamarck , et qui parait devoir s'lever mdiocrement. L'corce est unie et gristre , ses rameaux sont menus , un peu redresss , nombreux et pars ^ ils sont garnis de feuilles alternes, ovales lancoles, imperceptiblement dentes, vertes en dessus , presque glabres et d'une couleur pale en dessous , et soutenues par des ptioles longs d'une deux lignes seulement. Les fleurs sont blanches , pdoncties et disposes dans les aisselles des feuilles et aux extrmits des rameaux. Les axillaires sont quelquefois solitaires, ou seulement deux ensemble, mais celles qui terminent les rameaux forment de pe- tites grappes composes de trois six fleurs. Ces fleurs n'ont que huit tamines , quelquefois moins \ les fruits , 24* > ( '^1'^ ) d'une forme irrgulire, sont couverts d'une peau co- tonneuse, et environns leur base par le calice de la tleur. Analyse chimique. Le suc de cet arbrisseau contient beaucoup de parties gommeuses et rsineuses. Proprits mdicinales. L'action que toute la plante exerce sur le got et sur l'odorat , signale sa vertu ex- citante et tonique, ce qui comprend les mots corrobo- rante, apritive , rsolutive, incisive, excitante et em- mnagogue dont on se plat la dcorer. On emploie rarement cette rsine l'intrieur , parce qu'elle est par troi) incendiaire et aromatique. Mais on recommande son application sur l'pigastre contre les douleurs pon- gitives de cette partie , soit nerveuses , soit par suite de dbilit de l'organe. On pratique aussi le long du rachis des onctions de ce baume dans les cas de paralysie. Ces mmes onctions sont utilement employes contre les en- gorgemens glanduleux sans douleur , contre l'hystrie , la chlorose et l'amnorrhe, s'il y a torpeur de l'utrus. On compose avec un digestif trs-prcieux mettre en uvre dans les ulcres atoniques ou gangreneux com- pliqus d'atonie, et sans inflammation. Les naturels du pays obtiennent par l'alcool une teinture balsamique qu ils estiment propre fortifier le cerveau et le systme nerveux. Ils la donnent la dose de vingt gouttes dans des liqueurs appropries, La rsine , en nature, se pres- crit la dose de quinze vingt grains. En la combi- nant avec la gomme ammoniaque, on en obtient un opiat qui convient dans l'asthme et dans les toux opi- nitres. Cette rsine se prescrit aussi en fumigation (273) contre les Vertiges ^ Thuile essentielle qu'on retire de la rsine par la distillation se prescrit des doses moins leves. EXPLICATION DE LA PLANCHE QUATRE CENT QUARANTE-CINQ , Le dessin est rduit au tiers. 1 . Fleur entire. 2. La mme vue de profil. 3. Etamine grossie. 4. Ovaire et son style. # ( ^74) VV\VVVV\A.V\VVVV\VVVVVvVVVVVVVVVVVA'\VVVVVVVVVkVVVVWvVVVV\^MM>VVVVVVVVVVVvVVVVVfcVVVV'VVVVvVVVVV CARAPA DE LA GUIANE. {latraleplique. ) Synonymie. Carapa guianensis. Aubl. Guian. Supp. p. 33, tab. 387. Lin. Octandrie monogynie. Juss. Carapa foliis multi-jugis, foUolis oblongis, acuminatis. Lamarck, Persoonia , D. CAiiACTRESGNRiQTJEs DES Carapas. Genre dplantes encore peu connu, comprenant des arbres exotiques feuilles alternes et ailes sans impaire, dont les fleurs produisent de grosses capsules quadrivalves remplies d'amandes irrgulires et anguleuses. Les caractres es- sentiels de ce genre sont : un calice divis en quatre vaHies'^ quatre ptales ^ un nectaire cylindrique huit dents , portant les anthres et la capsule indiqus ci- dessus. Caractres particuliers. Amandes du fruit conglo- mres. Histoire naturelle. On a consacr ce genre l'il- //J2 ' A//J . /V.^^^ 7'eoc/ori: fle^curA/t^ /i/txt. Oafr'e/ Ja/^ VMXWX \%V. LA CriA^XK ( 2,5 ) lustre Persoon, clbre par tant de bons ouvrages sur la botanique. Les naturels du pays obtiennent des aman- des du fruit une huile paisse et amre connue sous le nom d'huile de Carapa. Ils la mlent avec le rocou ; ils en enduisent leurs cheveux et toutes les parties de leur corps, et prtendent par-l se prserver des piqres de diflerens insectes et surtout des chiques. Cet arbre croit dans les forets de la Guianc \ son tronc fournit des mats estims par les marins. Caractres physiques. Le Carapa est un des plus grands arbres de la Guiane -, son tronc a soixante quatre-vingts pieds de haut, sur trois ou quatre pieds de diamtre. Il est rameux son sommet et a son bois blan- chtre. Ses feuilles sont alternes, longues, ailes sans impaire, et composes de deux rangs de folioles oblon- gues , pointues , entires , glabres et situes prs les unes des autres sur un ptiole commun qui a trois pieds de longueur, et dont la partie infrieure est nue dans l'tendue d'un pied. Les folioles sont grandes ; on en compte jusqu' dix-neuf paires sur le mme ptiole. Les fleurs sont petites , rouges , disposes en grappes, pourvues, au milieu, d'un tube qui renferme les organes de la reproduction. Les fruits viennent aussi en grappes-, ce sont de grandes capsules ovodes , quatre ctes convexes, uniloculaires, qui s'ouvrent en quatre valves et contiennent plusieurs amandes irrgulires angu- leuses et unies ensemble en une masse ovode qui rem- plit toute la capacit de la capsule. Ces amandes sont d'une substance blanche, solide, et recouvertes d'une ( '? ) peau roussatrc et coriace ^ on en retire une huile paisse et anire. Analyse chimique. Toutes les parties de raibrc con- tiennent du tannin. Les amandes fournissent une huile d'une saveur brlante et amre , soluble dans l'alcool et l'ther. Proprits mdicinales. Le Carapa , dit Poiteau , bois fort dur , quoique facile travailler , est employ dans la mature jusque dans les plus petites pices des btimens. Son fruit, de la grosseur d'une grenade, contient une huile trs-amre, propre l'clairage et la fabrication du savon. Quand un cheval, un buf ou tout autre animal ont une plaie sur le corps , continue l'observateur , on l'imbibe de l'huile de Carapa , dont l'amertume loigne tous les insectes , en mme temps qu'elle met les chairs l'abri du contact de l'air*, et par ces deux moyens contribue merveilleusement la gu- rison. C'est le Xylocarpus Carapa dont Poiteau envoya en 1819 plusieurs chantillons au Jardin du Roi. Les naturels de l'Amrique pratiquent de fortes lo- tions du feuillage sur les boutons de gale qu'ils guris- sent en continuant le traitement pendant quinze jours. EXPLICATION DE LA PLANCHE QUATRE CENT QUARANTE -SIX. Le dessin est rduit au quart de sa grandeur, l , Fleur entire. ( ^77 ) 2. Corolle tendue avec le tube. 3. Calice avec le pistil. 4. Capsule , au quart de sa grandeur , ouverte pour laisser voir la masse ovode des semences. 5. Rameau fleuri. ( 278 ) ^AA^/\'\ VV'XVV%VV\VVVVXVV\VVVVVVVVV\>IVV\VV>'VV'\'VV\'VV\VV^.VV\VV%V\\ VV\VV^VV\'VV>VV>%Vk MOGORI SAMBAC. ( lalraleplique . ) Synonymie. Vulg-. Jasmin d'Arabie. Jasmin de Toscane. Jasmin de Goa, Mog-ori seu Sambac. Lin. Diandrie monogynie. Jussieu, famille des Jasmines. Nyetantes Sambac. Lin. Mogorium foliis inferioribus cordatis ob- tusis , superioribus ovatis acutis, lubo breviusculo. Lam. Syringa arabica, foliis mali aurantii. Baub. p. 328. Nalla-Mulla. Rhed. Hort. Mal. vol. 6 , p. 87 , tab. 5o. Jasminiim limonii folio conjugato , flore odorato , pleno, vario. Burman. Mogorium Juss. Gen. Plant, p. 106. Tura Mogori. Lusit. Gauactires gnriques des MoGOPtis. Genre de plantes fleurs monoptales , de la famille des Jasmins , com- prenant des arbrisseaux exotiques , toujours verts , feuilles opposes, simples ou composes et fleurs or- dinairement disposes en corymbes axillaires ou termi- naux. i-iC caractre essentiel de ce genre est d'avoir : le calice huit di\^lsions , la corolle hypocratriforme , tube cylindrique , plus long que le calice , et limbe ouvert , partag en huit dcoupures ; cinq tamines , un J/3 ' ^/If . /"/ 447- ^n/'odtrv PescourffZr. 7'ix airif-/ /< >!OCOIti SAM BAC ( ^79 ) }tye ; une baie souvent dldyine ^ biloculaire^ dispeime. Caractres particuliers. Les feuilles infrieures cordiforraes , obtuses ^ les suprieures ovales et aigus. (Vivace.) Histoire naturelle. Le mot Njctanles , donn par Linn cet arbuste , annonce que ses fleurs exhalent pendant la nuit Fodeur la plus suave , comparable un bouquet o seraient runis le jasmin, le muguet et la tu- breuse. On le trouve aux Indes-Orientales et Occiden- tales. On le conserve difficilement dans les jardins de Paris , moins de le tenir sous chssis. On le multiplie de boutures faites au printemps sur couche chaude et sous chssis , ou de marcottes qui s'enracinent au bout d'un an. On l'appelle Jasmin d'Arabie cause de son parfum , et Jasmin de Toscane parce qu il a d'abord t cultiv chez un grand-duc de Toscane qui en tait si jaloux qu'il le faisait garder. Le Mogori produit en Eu- rope des fleurs pendant toute l'anne pourvu qu'on le tienne en serre chaude. Il croit naturellement dans les deux Indes o les femmes en parfument leur linge et leurs vtemens , et o les adolescens des deux sexes en ornent leurs cheveux aux jours de fte , et en tressent des couronnes. Cette fleur d'un blanc clatant sur pied, passe la teinte rouge et violette peu aprs qu'elle est dtache de son calice. On rpand aux colonies les fleurs du Mogori dans les appartemens , sur les lits , pour les embaumer , et dans la persuasion que ce parfum est anti- spasmodique et qu'il convient au systme nerveux et au cerveau. Ces fleurs infuses dans l'eau pendant quelques heures la rendent trs-aromatique , et elle sert pour les ( ^^^ ) aspersions des temples. On en prpare aussi , par infu- sion , une huile trs-odorante cfu'on a anciennement , dit Lamarck, dbite sous le nom d'huile de Jasmin, et qu'on emploie dans le pays parfumer les cheveux. La varit h fleurs doubles et trs-larges, dont il est ici question , est d'une odeur qui l'emporte encore sur celle de l'espce commune. Caract:res physiques. Le Mogori Sambac est un arbrisseau qui parvient la hauteur de douze pieds. Il a souvent plusieurs tiges rameaux droits, et dont les feuilles en cur sont les unes obtuses , les autres aigus, presque toutes d'un vert jauntre et terne. Les fleurs sont pdicelles , terminales , solitaires , ou runies trois ou quatre, grandes, tube long et divis en huit par- lies bien ouvertes, d'un blanc pur , et surtout d'un par- fum dlicieux. La varit fleurs doubles est souvent prolifre. Ces fleurs tombent la moindre secousse, et souvent d'elles-mmes pendant la nuit, de sorte que la terre, pendant que dure la floraison, en est jonche. Ces fleurs prennent bientt une couleur pourpre. Il leur succde des fruits de la grosseur d'un pois rond ; ils sont noirs , durs et luisans , il fleurit en juin et en mars aux colonies. Analyse chimique. On retire l'arme des fleurs du Mogori en les mettant macrer dans de l'huile de Ben qui s'empare de son parfum. Pour cet eflet on imbibe d'huile des cardes de coton qu'on dispose lit par lit, en les entremlant de fleurs de Mogori ^ on passe l'huile avec expression et on y ajoute si l'on veut d'autres fleurs pour augmenter sa force. Il faut la conserver dans des ( 8i ) flacons hermtiquement bouchs , car eile s'vapore trs-facilement. Veut-on avoir de la teinture alcoolique de Mogori , il ne s'agit que de verser de l'alcool sur l'huile de Ben aromatise , et d'agiter le mlange. Le parfum du Mogori abandonne entirement l'huile grasse et passe dans l'alcool qu'il faut conserver dans des flacons biens ferms. Proprits mdicinales. Les fleurs de Mogori em- ployes intrieurement sont bchiques. Les feuilles ap- pliques en cataplasme sont fondantes et amollissent les tumeurs indolentes. Mais l'huile prcieuse du Mogori a de prcieux avantages comme cosmtique , et dans les frictions comme anodine , balsamique et fortifiante. Sa racine unie celle du Schoenante est en grande rpu- tation contre la morsure des serpens venimeux. EXPLICATION DE LA PLANCHE QUATRE CENT QUARANTE-SEPT. Le dessin est de grandeur naturelle. 1. Fleur entire colore aprs sa chute. 2. Corolle entr'ouverte pour laisser voir ses tamines. 3. Graine. ( .8.. ) AIVWV\'V\VV\ MOkWiW VWVWl/V\ .fWVWi'VWWWVWX'VW'VWVWkWvW WWWVVWWVW WiWVtWvXAiW BALLOTE ODORANTE. (latraeptique. ) Synonymie. Ballota odorata. D. Ballota suaveolens. Lin . Ddynamie gymnospermie. Jussieu, famille des Labies. Ballota foliis cordatis , spicis foliosis , caljcibus Iruncatis , aristis linearibus. Lin. Mesosphrum hirsutura, foliis cor- datis , serrato-sinuatis, etc. , Brown. Jam. 267 , t. i8 , f. 3. Marrubiastrum maximum, flore cruleo, nardi odore. Sloan. Jam, Hist. t. 1 , p. 171,1. 102 , f. 2. Melissa hu- milis , caule bispido , Plum. Cat, 6. Melissa spicata la- vendulum spirans major. ( Jacq. t. 3, tab. 4i-) Caractres gnriques des Ballotes. Genre de plantes fleurs nionoptalcs , de la famille des Labies , ayant du rapport avec les Marrubes , et comprenant des herbes feuilles opposes et fleurs disposes par veiticilles axillaires. Caractres particuliers. Feuilles ovales , un peu en cur, longuement ptioles -, calices tronqus 5 artes linaires. Histoire naturelle. Cette Ballole , quoique apparie- r:, 'Z Z/J^ . Lw /"l. 44^S. rAAtti>re J^crrour/iA, /"r'/ur 4iJirfZ^fcu/- ilAIJ.OTi: OIMIiAVrK ( --83 ) nant la famille ftide des Marrubes , se distingue de ses congnres par une odeur agrable de iiard et des fleurs d'un beau bleu. Elle croit le long des rivires , des rigoles, et dans presque toutes les savanes de l'A- mrique. Les ngres gurisseurs ont soin de la cueillir pour leurs prparations mdicinales. Je ne l'ai jamais vu employer qu'extrieurement ainsi que les Mar- rubes. Garact^res physiques. Les tiges de cette plante sont liantes d'un pied et demi , quadrangulaires , herbaces et hispides ou munies de poils blancs , droits et carts. Elles sont garnies de feuilles opposes, ptioles, cor- diformes, dentes en leurs bords , souvent un peu an- guleuses , d'un vert cendr, et communment l'une plus grande que l'autre chaque paire. Les fleurs nais- sent en verticilles qui forment des pis feuilles. Cette plante crot dans l'Amrique mridionale sur le bord des ruisseaux. Ajvalyse CHiiMiQUE. On retire de cette plante une huile volatile , du tannin, de la gomme, gluten, chlo- rophylle rsineux et de la fibre ligneuse. Proprits mdicinales. Outre les proprits balsa- miques qu'on accorde aux Labies , cette Ballote est re- cherche par les insulaires pour les bains qu'on admi- nistre aux paralytiques, et ceux qui sont affects de maladies cutanes. On couipose avec toute la plante qu'on met en digestion dans de l'huile de palmes , un baume nervin qui est trs-estim , et qu'on recommande en frictions dans le ttanos, la paralysie et les autres ( 284 ; afcclions iKMveuscs et rliiiniatismalcs. On emploie en- core toute la plante en cataplasme pour dterger et rsoudre les tumeurs , et en lotions pour gurir toutes les afl'ections psoriques de la plus mauvaise nature , les dartres et les boutons qui causent certains malades de vives inquitudes. On recommande la dcoction de la plante en injections dans les affections de l'utrus , dans la nymphomanie et la passion hystrique. Quelques vieux habitans m'ont assur que la poudre de Ballote odorante incorpore avec le miel procurait un topique anti-hmorrodal . EXPLICATION DE LA PLANCHE QUATRE CENT QUARANTE- HUIT. Le dessin est rduit moiti de sa grandeur. 1. Fleur vue de face. 2. Corolle vue de profil. 3. Calice entier. 4. Calice ouvert pour laisser voir les quatre ovaires. iJ'A JJ.f- JjfO . /'/Mo JTieoii/orc Me,fcoi/r/t/xyma- airi'e/ Jctii'v VMMWM %AVAn' ( 285 ) %A **l*vvV'V^vv^'VV\v\\v^'vv^v\rt\v\v^vv^v^AVV\vv\'vvv^vv''Vv^'VV'iV^vv*vv^vXlVVV\ PALMIER SAGOU. (latraleptique. ) Synonymie. Sagouier faiinifre. Cycas circinalis. Lin. Cryptogamie , ordre des Fougres. Jussieu , famille des Cycades. Cycas frondibus pinnatis , foliolis linearibus planis , apice niuticis, extra subfulcatis. Lamarck. Todda Pana. Rhed. Mal. Orus calappodes. Rumph. Amb. i, p. 86, t. 22, 23. ArborZagoe araboinensis. Seb. Ths, i, p. 39 , t. 25, f. 1. En anglais : Sago-Tree. En espa- gnol :Sagu, Y>n portugais : Sagueiro. Caractres gnriques des Cycas. Genre de plantes unilobes ayant des rapports avecle Zamia, comprenant des arbres qui se rapprocient des Palmiers par leurs fruits et leur port , et qui ont encore plus de rapport avec les fougres par leurs fleurs mles et par l'enrou- lement de leurs feuilles naissantes : fleurs mles en chaton ^ cailles garnies en dessous d'un grand nombre d'anthres-, y7e^7 5 /e/72eZ/e5 consistant en des ovaires dis- tincts, sessiles ou enfoncs dans les sinus d'un spa- dice, et devenant chacun un drupe renfermant une noix. (M.) TomeVL ii3^ Livraison^ 25 ( 286 ) CahActres rARTicuLiERs. Fcuillos piiinces ^ folioles liiic'aires , planes. Histoire naturelle. Le mol C3cas , suivant Mrat , vient du mol grec cycas^ qui signifie Palmier. Plusieurs arbres de ce genre fournissent le Sagou, cette fcule alimentaire qui est maintenant universellement appr- cie. C'est dans le tronc que se trouve celte moelle fa- rineuse blanche, d'une certaine transparence, recher- che par les hommes et par les animaux qui pour s'en repatre endommagent souvent les arbres qui la dro- bent leur apptit. On juge que le Sagou a acquis dans l'arbre toute sa perfection lorsque le feuillage devient eilorescent. Les naturels du pays retirent le Sagou en sciant l'arbre par billes de cinq six pieds , puis les fendent dans leur longueur pour en extraire la moelle. On l'crase, et lorsqu'elle est concasse, on l'agite for- tement dans des vases remplis d'eau, et on passe le tout au travers d'un tamis. Les matires htrognes restent sur le filtre, et l'eau s'empare de la fcule qu'on laisse se prcipiter par le repos -, ensuite on dcante. Les Li- diens et les Amricains qui en font un usage journalier la conservent pendant des annes, dans un lieu l'abri de l'humidit, soit en poudre , soit en la faisant passer, encore humide , au travers d'une plaque de tle pour l'avoir grenue. Le contact de l'air jaunit ces grains, et la fcule reste l'intrieur d'une blancheur blouissante. Le Sagou a l'odeur de farine ^ il est dur , friable, tenace et par consquent difficile mettre en poudre. L'humi- dit ragglomre et le fait moisir. L'eau chaude le ra- mollit bientt, le gonfle et lui donne une certaine Irans- parepce. Sa dcoction est mucilagineuse , d'une saveur ( 287 ) douce et se coagule par le refroidissement eu forme de glatine. Le Sagou forme une partie de la nourriture des heureux peuples qui le rcoltent. Ils en font une espce de bouillie et des ptes qu'ils joignent aux ba- nanes. Ils en prparent aussi des potages au coulis de poisson et au lait. On peut faire du Sagou avec la plu- part des fcules qui prennent dans le pays les noms de moussa , de couscou , de mamoque , etc. Le feuillage du Sagouier sert couvrir les ajoupas et les cases. On retire de leurs nervures un chanvre qui sert confec-' tionner des cordages. Cet arbre se multiplie facilement de boutures. Les naturels mangent les amandes de ses fruits et en obtiennent de l'huile. Caractres physiques. Le tronc de ce Palmier est pais , court , cailleux et couronn par un faisceau de feuilles. Quelquefois il s'lve jusqu' la hauteur de quinze vingt pieds , et alors sa superficie parat zne par des protubrances annulaires trs-nombreuses, et son sommet se partage en quelques rameaux trs-courts. Les feuilles sont ailes . longues de trois pieds et plus ; composes de deux rangs de folioles linaires, planes , arques en dehors , nombreuses , rapproches les unes des autres , portes sur un ptiole commun dont la base est munie de petites pines trs-piquantes. Les chatons des fleurs mles deviennent quelquefois fort gros, sont charnus et prennent l'apparence d'un fruit dont la forme approche de celle d'un ananas , ou d'une grosse pomme de pin. Ils sont solitaires et terminaux, les individus femelles produisent au sommet de leur tronc , entre les ptioles de leurs feuilles , un grand nombre de spadices ou languettes coriaces, cotonneuses, ensiformes , clar- 25* ( 288 ) gies, denteles cl pointues leur sommet. Ces lan- guettes ont de chaque ct, dans leur partie moyenne, deux ou trois crnehires dans chacune desquelles nat une noix ovode d'un jaune rougetre dans sa maturit, grosse comme une petite orange, lgrement compri- me, et qui renferme une seule semence. (Enc.) Analyse chimique. La moelle contient beaucoup de fcule amilace , du mucilage, du gluten et une partie sucre. Proprits mdicinales. Le Sagou communique l'eau des proprits toniques , adoucissantes et analep- tiques. On emploie cette dcoction dulcore ou aci- dule suivant le cas , dans les maladies o il est bon de soutenir les forces du malade et d'tancher sa soif, en calmant l'excs d'irritation et de calorique. C'est pour- quoi elle est recommandable dans les fivres aigus , dans les diarrhes et autres phlegmasies des membranes sreuses et muqueuses des voies digestives , intestinales et urinaires. Le Sagou est une nourriture pour les con- valescens qu'il fortifie. L'huile qu'on retire des graines sert de menstrue dans la mdication ialraleptique. explication de la planche quatre cent quarakte-keuf. Le Palmier Sagou est rduit au quinzime de sa grandeur j c'est un individu femelle. 1. Cne compos de fleurs mles. (a89) 3. Ecaille vue en dessous. 3. Spadice charg de fleurs femelles et de fruits mrs. 4. Fleur femelle. 5. La mme coupe verticalement pour distinguer la cupule , et le pistil. 6. Fruit mr coup horizontalement. ( '^9 ) VV< VVt VV >A/t VV VV VV> V^^X VVVVV\ VV^ VV\ VV% VV'\ VVVVV\\ V> 'V\/\ vv PALMIER NAIN DE LA MARTINIQUE. {lairalcpliqiie. ) Synonymie. Palma humilis coccifera latifolia major. Plum. , tom. 7 , p. 6Q. CapiActres gnriques des Palmiers. Fleurs portes sur un spadice entour d'ane spathe. Calice persis- tant, six divisions profondes, dont trois extrieures , ordinairement plus courtes. Six tamines -, un ovaire suprieur , un ou trois styles -, une baie ou un drupe \ une ou trois graines osseuses. Caractres particuliers. Feuilles pennes six folioles larges. Histoire naturelle. Ce gracieux Palmier ne s'lve qu' cinq ou six pieds \ son tronc noueux ne sert pas faire des mts ou des colonnes comme ceux de ses con- gnres , mais il offre des cannes toutes faites. C'est ce gentil arbuste que les Makendals emploient dans leurs crmonies mystiques , et chacun doit tre muni d'une tige. Tous les initis , de leurs prtres suivis, Les palmes dans les mains, inondent les parvis. (Voltaire.) uS'.w /y. ^So !/7iK>dore^J)e4-